• Environnement
    La mairie souhaite banaliser l'énergie photovoltaïque dans la ville

    3000 panneaux solaires sur les bâtiments publics de Figueres

    Mardi 30.8.2011. 18:00h La Ville de Figueres, attachée à sa nouvelle image liée au développement durable, souhaite renforcer l'implantation de panneaux photovoltaïques. Leur intégration dans le quotidien fait l'objet d'un projet, lancé lundi. L'énergie produite doit rapporter 200.000 euros, dont 70.000 euros seront reversés à la mairie.

    Une dizaine de bâtiments municipaux de la ville de Figueres sont concernés par l'implantation de 3000 plaques solaires, selon un projet lancé ce lundi. En avril dernier, Figueres a inauguré sur le toit du marché de sa Place de Catalogne une vaste installation solaire de 1.252 m2, capable de produire 127 MWh par an, pour une économie de 37.000 euros. Aux 575 plaques que comporte cette réalisation écologique et architecturale s'ajouteront prochainement d'autres sites urbains. Les prestataires techniques, sélectionnés à l'issue d'un appel d'offre pour une exploitation de 25 ans, seront chargés d'équiper les toits d'une partie du cimetière, de la nouvelle halle des sports, du bâtiment des services techniques municipaux, ou encore de la bibliothèque municipale et du centre de traitement de déchets.

    L'objectif de ce cet ambitieux projet est de produire annuellement 490 kw, soit 200.000 euros en bénéfices nets, dont 70.000 euros seront reversés à la mairie de Figueres. Ce plan public, d'un coût de 2,5 millions d'euros, évitera le patrimoine historique, comme le Couvent des Capucins de Figueres, sur lequel des systèmes de production photovoltaïque seraient du plus mauvais effet esthétique.


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  • 24/08/2011 à 21:25

    Un trou noir géant surpris en train d'engloutir une étoile

    Des astronomes ont assisté au réveil d'un trou noir géant, un monstre cosmique, surpris alors qu'il disloquait et avalait une étoile passant trop près, selon deux études publiées mercredi dans la revue scientifique britannique Nature .

    photo : AFP

     

     

    Un flux de rayons gamma captés par le satellite Swift a trahi le repas de l'ogre du cosmos, un trou noir aussi massif qu'un million de soleils, comme celui situé au coeur de notre galaxie La Voie Lactée.

    La plupart des galaxies abritent en leur centre un trou noir qui peut avoir la masse de millions, voire de milliards d'étoiles semblables au Soleil.

    Ces trous noirs supermassifs peuvent piéger dans leur champ de gravité des étoiles qui sont détruites par des effets de marée. La partie de l'étoile la plus proche du trou noir est soumise à une force de gravité plus grande que sa face plus éloignée. L'étoile est étirée et finit par se disloquer.

    Les débris ne tombent pas directement dans le trou noir. Avant d'être engloutis, ils spiralent à grande vitesse autour de ce glouton, émettant un puissant rayonnement. Des émissions résiduelles résultant de ce processus avaient déjà été détectées dans des galaxies lointaines.

     

    Les signaux captés à partir du 25 mars par le satellite Swift avaient mis en alerte les astronomes.

    Compte tenu des caractéristiques du rayonnement et de son évolution, ils estiment avoir été pour la première fois témoins de la dislocation d'une étoile et de la naissance du puissant rayonnement résultant de l'accrétion de sa matière autour d'un massif trou noir.

    "Le début d'un tel événement (...) n'avait pas été observé jusqu'alors", souligne David Burrows (Université de l'Etat de Pennsylvanie, Etats-Unis) qui a analysé avec son équipe les rayons X émis.

    Ils se sont révélés 10.000 fois plus lumineux que prédit par la théorie, souligne un expert, Davide Lazzati (Université de l'Etat de Caroline du Sud, Etats-Unis) dans Nature, faisant état des "surprises" des astronomes.

    L'équipe d'Ashley Zauderer (Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, (Etats-Unis) qui a analysé les ondes radio émises, conclut que leur source coïncide avec le centre de la galaxie et estime que le trou noir central correspond à 1 million de masse solaire.

    Le jet de particules associées au rayonnement se propage à des vitesses proches de celle de la lumière. L'émission d'un tel jet "n'était pas prévue dans cette situation", relèvent les chercheurs, qui estiment néanmoins que la dislocation gravitationnelle d'une étoile "explique naturellement" les propriétés du rayonnement observé.


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  • 25/08/2011 à 19:58

    Un arrêté pour protéger les mammifères marins, annonce NKM

    Un arrêté vient d'être pris visant à interdire toute perturbation intentionnelle des mammifères marins, souvent dérangés par des activités humaines, commerciales, scientifiques ou de loisirs, a annoncé jeudi Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie, lors d'une visite en Corse.

    photo : Stephan Agostini,

    "Jusqu'à maintenant, vous n'aviez pas le droit de destruction, mais vous pouviez gêner par vos activités. Là, il n'est plus possible de déranger les mammifères marins", a expliqué la ministre à l'AFP.

    Par exemple, "vous n'avez pas le droit désormais de trouver que les baleines c'est formidable et donc d'aller les voir et de les empêcher de vivre. Avant, vous n'aviez pas le droit de les tuer mais vous pouviez avoir une attitude extrêmement agressive à leur égard et donc perturbatrice, pourvu que vous ne les détruisiez pas. Maintenant elles sont protégées au-delà de la simple destruction".

    Cet arrêté, pris le 1er juillet, interdit aussi la dégradation de leurs aires de repos ou d'alimentation.

    Selon les pouvoirs publics, ces animaux attirent aujourd'hui de nombreuses activités perturbatrices, qu'il s'agisse de tourisme (observation des baleines, plongée), d'activité scientifique, de navigation commerciale (collisions), de plaisance ou certains aménagements en mer.

    Le texte prévoit aussi "l'obligation de déclarer toute capture non intentionnelle", ajoute la ministre, qui était jeudi dans les Bouches de Bonifacio, site où évoluent dauphins, cachalots, rorquals, au coeur du sanctuaire international de protection des mammifères marins en Méditerranée (Pelagos).

    Selon Mme Kosciusko-Morizet, depuis l'entrée en vigueur de l'arrêté, aucune verbalisation n'a encore été recensée.

    Ce texte interdit aussi toute importation de produits dérivés de phoques, afin de limiter la chasse de ces espèces dans plusieurs pays extra-européens. La France transpose ainsi dans son droit la réglementation européenne.

    La ministre s'exprimait depuis le détroit des Bouches de Bonifacio, entre France et Italie, tout juste classé "zone maritime particulièrement vulnérables" par l'Organisation maritime internationale (OMI).

    Selon elle, ce nouveau statut va permettre de proposer à l'OMI des mesures de protection particulières, visant notamment d'abord à inciter les bateaux transportant des matières dangereuses à embarquer, le temps du passage, un pilote italien ou français connaissant bien les lieux. Le recours au pilote pourrait ensuite devenir obligatoire.

    Cette mesure pourrait intervenir d'ici début 2012, espère la ministre.

    Le détroit voit passer quelque 4.000 bateaux par an, dont 10% contenant des matières dangereuses. "Or le détroit est à la fois dangereux, parce que les fonds sont hauts et qu'il y a beaucoup d'îlots, et en même temps il est très fragile d'un point de vue écologique", a encore dit la ministre. "La vraie solution est d'avoir un pilote à bord qui connaît le coin".

     

     


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  • Le "lean management" séduit tous les secteurs

    Récit | LEMONDE | 29.08.11 | 14h34   •  Mis à jour le 29.08.11 | 14h34

    Dégager d'importants gains de productivité, jusqu'à 20 %, voire 30 % ; stimuler l'esprit d'initiative des salariés et réduire la pénibilité au travail : ainsi peut se résumer le lean management (le management "sans gras"), qui suscite l'engouement des employeurs. Salariés et syndicats se montrent en revanche souvent réticents face à cette méthode inventée dans les années 1970 par le constructeur japonais Toyota.

     

    En France, le lean s'est développé à partir des années 1980 dans l'industrie - l'automobile en premier lieu - et gagne désormais les services : le commerce, les banques, les hôpitaux, les sociétés d'informatique, jusqu'à Pôle emploi.

    La recherche de la performance passe par l'amélioration continue des procédures et par l'élimination des "gaspillages" : temps d'attente, déplacements inutiles, stocks... En général, sa mise en place démarre par l'observation du travail des salariés par des consultants. Ainsi, dans la société de services informatiques Atos, "on nous a demandé de noter dans un fichier chaque jour, quasiment minute par minute, tout ce qu'on faisait : tâches professionnelles, heure de départ pour déjeuner et de retour, temps passé pour la pause pipi, etc., indique un ingénieur. Puis, on nous a demandé de remplir chaque semaine un fichier en indiquant nos tâches. L'idée sous-jacente était de définir un temps moyen pour réaliser telle ou telle tâche."

    Chez Decathlon, "des groupes de travail ont été mis en place dans des magasins pour que les salariés expriment leurs idées pour s'économiser dans leurs tâches et être plus disponibles pour le client", explique Hervé Lefebvre, représentant CFDT au comité central d'entreprise. Exemple d'idée : équiper les salariés d'une sacoche pour y mettre des ronds de taille des vêtements. "En fait, estime le délégué, ces idées sont aiguillées par la hiérarchie. On nous dit : "Tu n'en as pas assez d'aller sans cesse en réserve ? Si tu avais une sacoche, ce serait mieux. En plus des ronds de taille, tu y mets le petit maillet, des stylos, le carnet, la paire de ciseaux." Mais au final, la sacoche est lourde !"

    Les directions vantent, elles, les mérites du lean. Les réunions quotidiennes "permettent aux managers d'être à l'écoute des équipes", juge Jean-Marie Simon, directeur des ressources humaines d'Atos Origin. "Le déploiement du lean n'est pas arbitraire, assure-t-on chez PSA Peugeot Citroën. Les opérateurs sont bien souvent à l'origine d'améliorations. C'est un ajustement permanent."

    Mais pour des syndicats, le lean risque de porter atteinte à la santé des salariés. "Le but réel du lean est que le salarié reste tout le temps à son poste, note M. Lefebvre, chez Décathlon. Alors que lorsqu'il se déplace, cela lui donne un petit temps pour souffler." Chez PSA, à Sochaux, où les déplacements dits inutiles des opérateurs ont été supprimés, Bruno Lemerle, délégué syndical CGT, souligne la hausse des maladies professionnelles : "130 en 2009, 160 en 2010, essentiellement des troubles-musculo-squelettiques (TMS). " Mais pour la direction de PSA, le lean "n'est pas en lui-même source de TMS".

    "L'idéologie du lean est que l'homme s'adapte à tout, ce qui constitue une vision fausse, estime Xénophon Vaxevanoglou, ergonome et maître de conférence à Lille-2. En fait, le lean intensifie les contraintes pour les salariés." Pour Yves Clot, titulaire de la chaire de psychologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), "avec le lean sont introduits des standards. Dans l'automobile, on apprend aux opérateurs à faire le seul bon geste, prétendument moins fatigant", mais qui ne prend pas en compte les capacités diverses des salariés. "Cette chasse au gaspi provoque un mouvement rentré, une surcharge biomécanique et mentale", constate M. Clot.

    Démarche dénaturée

    Chez Atos, M. Simon met en avant le baromètre Météostress de février : 52 % des salariés ayant répondu se disent peu ou pas stressés ; 80 % disent que leur travail a du sens. Mais d'autres éléments du baromètre sont moins positifs : "Les sites où les salariés se sentent le plus mal appartiennent à l'entité Atos Infogérance, où le lean a été le plus déployé", note Jack Toupet, coordinateur CGT du groupe Atos.

    L'autre effet dénoncé par les syndicats est la réduction d'effectifs, due, au moins en partie, au lean. Ainsi, chez Decathlon, dont la direction n'a pas répondu à nos sollicitations, M. Lefebvre dénombre une perte de 500 emplois en équivalent temps plein en 2010. "Dans les sites en lean, l'objectif affiché est de diminuer les effectifs de 20 %", indique M. Toupet, chez Atos.

    Pour M. Clot, les organisations syndicales doivent "discuter de la santé des salariés et être porteurs d'une confrontation sur le travail de qualité". Mais les syndicats sont "trop peu associés à la mise en place du lean", déplore Laurent Rivoire, directeur associé de Secafi, cabinet d'expertise auprès des comités d'entreprise. Très souvent, le projet est déjà ficelé, les gains de productivité, les suppressions de postes et les investissements sont déjà définis. " Le projet lean répond souvent, ajoute M. Rivoire, à une situation d'urgence, à une volonté d'augmenter rapidement les marges. Ce qui dénature la démarche créée au Japon : une philosophie de progrès permanents sur vingt ou trente ans, de développement humain, dans une période de croissance."

    Le lean implique de "reclasser en interne les salariés dont les postes ont été libérés par les gains de productivité, souligne le cabinet d'expertise Sextant. Aussi, dans le contexte économique actuel, sa mise en place semble impossible." Sauf à en faire une vaste opération de réduction des coûts.

    Francine Aizicovici Article paru dans l'édition du 30.08.11

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  • Ces pays qui soutiennent encore Kadhafi

    LEMONDE.FR | 29.08.11 | 19h55   •  Mis à jour le 30.08.11 | 09h25

    Mouammar Kadhafi, le 16 novembre 2009. 26/08/11

    Mouammar Kadhafi, le 16 novembre 2009.REUTERS/POOL

    Il est traqué de toutes parts, sa tête mise à prix et son régime à l'agonie. Mais Mouammar Kadhafi n'est pas encore totalement isolé sur la scène internationale. Depuis la prise de Tripoli par les rebelles, le 21 août, les propositions de pays pour accueillir sur leur sol le dirigeant libyen et sa famille se sont multipliées. Les Etats qui dénoncent l'intervention de l'OTAN sont encore légion et tous les dirigeants sont loin d'avoir reconnu la légitimité du Conseil de transition national (CNT), l'organe politique de la rébellion libyenne.

    Alors que l'ONU appelle Kadhafi à lâcher les rênes du pouvoir, quels sont les régimes qui soutiennent encore, ouvertement ou plus discrètement, l'ancien "Guide" ?

    L'ANTIAMÉRICANISME DE L'ALLIANCE BOLIVARIENNE

    Deux voix dissonantes se font entendre clairement depuis le début du conflit : celles des présidents vénézuélien et nicaraguéen, Hugo Chavez et Daniel Ortega, soutenus par l'ancien président cubain Fidel Castro. Tous trois dénoncent de concert la "guerre fasciste" menée par l'OTAN contre la Libye et appellent Mouammar Kadhafi à résister contre "l'agression impériale". Leurs frontières sont par ailleurs grandes ouvertes à un dirigeant libyen qui pourrait vouloir s'exiler.

    "Hugo Chavez est, d'une certaine manière, fasciné par Kadhafi, explique Barah Mikail, directeur de recherche à la Fondation pour les relations internationales et le dialogue extérieur (Fride). Ils se sont régulièrement rencontrés depuis dix ans et, comme lui, il s'est par exemple entouré d'une garde féminine officiellement chargée de veiller sur la révolution bolivarienne."

     

    Chavez et Kadhafi en octobre 2010 à Tripoli.

    Chavez et Kadhafi en octobre 2010 à Tripoli.AFP/MAHMUD TURKIA

    Mais dans ces pays de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques, c'est moins d'un soutien réel à Tripoli que d'une convergence idéologique dont il s'agit. Le Venezuela et le Nicaragua voient surtout dans le conflit libyen le moyen de critiquer la politique menée par les Etats-Unis et l'interventionnisme de l'Occident.

    ATTENTISME DES ETATS AFRICAINS

    En réalité, les soutiens indéfectibles de Kadhafi sont à chercher sur le continent africain. Là, aucun chef d'Etat n'a ouvertement pris position en faveur du colonel — à l'exception du dictateur zimbabwéen Robert Mugabe. Pourtant, le continent, par la voie de l'Union africaine notamment, a freiné des deux pieds lorsqu'il s'est agi d'intervenir en Libye.

    Les dirigeants africains, qui n'ont jamais condamné fermement les agissements du dirigeant libyen, ont par contre vivement critiqué les opérations de l'OTAN. Par ailleurs, seuls deux pays — le Sénégal et la Gambie — ont reconnu dès le départ le CNT, tardivement suivis par une vingtaine d'autres, tandis qu'une trentaine d'Etats, ainsi que l'Union africaine (UA), manquent encore à l'appel. Enfin, l'Afrique du Sud, très influente au sein de l'UA, fait obstacle au déblocage des avoirs libyens gelés par une résolution de l'ONU.

    Officiellement, cette politique attentiste des Etats africains a pour objectif de ne pas déstabiliser la Libye, et de facto, la région. L'UA redoute ainsi qu'une guerre civile ne se déclenche dans le pays, comme ce fut le cas en Irak.

    QUAND KADHAFI DISTRIBUAIT SES PÉTRODOLLARS

    Mais officieusement, ce sont avant tout des raisons économiques qui sont en jeu, tant les pays africains sont redevables, financièrement parlant, au "Guide". A travers le continent, on ne compte plus les hôtels, projets agricoles, centres culturels, écoles ou entreprises de télécommunications qui ont été financés, ces quarante dernières années, par la Jamahiriya libyenne, à coup de millions de "pétrodollars".

    "Nombre de dirigeants se sentent redevables de Kadhafi, d'autant que beaucoup de projets de développement sont encore en cours et risquent d'être stoppés, analyse Saïd Haddad, chercheur associé à l'Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman (Iremam) et spécialiste de la Libye. Sans compter que la Libye a aussi financé les fins de mois difficiles de certains Etats des plus fragiles, comme le Tchad, le Burkina Faso, le Niger, le Mali ou la République Centrafricaine, leur assurant ainsi de pouvoir maintenir leur administration."

    LA "DETTE HISTORIQUE" DE L'AFRIQUE DU SUD

    Mais l'aide financière aux Etats d'Afrique subsaharienne s'est aussi exercée sur le plan politique et militaire. "Grâce à sa manne pétrolière, Kadhafi a armé des rebelles et fait des régimes, comme ceux de Robert Mugabe, Blaise Compaoré ou Charles Taylor. Encore aujourd'hui, il reste très populaire parmi les chefs d'Etat africains, notamment au Congo-Brazzaville, en Guinée Equatoriale ou au Zimbabwe", précise Frédéric Lejeal, rédacteur en chef de la Lettre du continent, publication consacrée à l'Afrique.

     

    Le président Jacob Zuma et Mouammar Kadhafi entourent le président de la République du Congo, le 10 avril dernier à Tripoli.

    Le président Jacob Zuma et Mouammar Kadhafi entourent le président de la République du Congo, le 10 avril dernier à Tripoli. AFP/MAHMUD TURKIA

    En Afrique du Sud, aussi, l'influence libyenne est palpable. Le colonel a ainsi compté parmi les premiers soutiens majeurs des groupes anti-apartheid des années 1980, et notamment de l'ANC, le parti de Nelson Mandela, aujourd'hui au pouvoir. "Pour les présidents sud-africains, comme actuellement Jacob Zuma, l'Afrique du Sud a une dette historique envers la Libye, qu'il serait très difficile d'ignorer ou de ne pas honorer", assure Reed Brody, porte-parole de l'ONG Human Rights Watch, à Bruxelles.

    Tous, en Afrique, ont donc profité des largesses du colonel, jusqu'à l'Union africaine, qu'il a contribuée à créer en 2002, et amplement financée par la suite, versant jusqu'à un quart des contributions de l'organisation. "Kadhafi était jusqu'à présent le plus gros contributeur de l'UA. Sa chute inquiète les dirigeants africains qui ne savent pas comment ils feront fonctionner l'organisation, ni comment ils pourront payer les fonctionnaires d'Addis-Abeba", livre Kader Abderrahim, chercheur spécialiste de la Libye à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) et à l'université de Californie.

    CHANTRE DU PANAFRICANISME

    Ce sont aussi des questions diplomatiques et géopolitiques qui ont fait de Mouammar Kadhafi un dirigeant difficile à écarter pour ses homologues africains. Car dès le départ, le colonel s'est fait le chantre du panafricanisme, séduisant des chefs d'Etat rêvant de créer des "Etats-Unis d'Afrique". "La Libye a étendu son influence en adoptant une diplomatie africaine très active, consistant à résoudre des conflits et à promouvoir l'unité du continent", explique Saïd Haddad.

    L'Afrique du Sud avait malgré tout, ces dernières années, pris ses distances avec le régime libyen, voulant jouer à son tour le rôle de locomotive du continent. Mais avec l'avènement du conflit, c'est la solidarité africaine qui a repris le dessus. Et Pretoria a été très vexé de voir sa proposition de médiation entre les rebelles et le régime kadhafiste "snobée" par l'OTAN.

    "Les pays africains sont très inquiets d'un Occident imperator, qui se dirait qu'il peut intervenir lorsqu'il le souhaite. La question de la non-ingérence étrangère, inscrite dans les statuts de l'UA, est très importante à leurs yeux, décrypte Kader Abderrahim. Ces pays craignent par ailleurs un précédent." Car la liste des Etats en froid avec les droits de l'homme est plutôt longue sur le continent...

    Malgré ses fortes motivations économiques, politiques et idéologiques, la position de l'UA de soutien feutré à Kadhafi s'avère très fragile. Car les pays en son sein commencent à s'en émanciper, alors que le Burkina Faso, le Tchad et l'Ethiopie ont basculé, mercredi dernier, du côté de la rébellion libyenne. "Au final, le CNT finira par s'imposer en Libye et le régime de Kadhafi ne sera plus soutenu, assure Saïd Haddad. L'Union africaine apparaîtra alors comme peu crédible, n'ayant pas su s'imposer comme un interlocuteur valable lors du conflit."

    Audrey Garric


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