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    Syrie: référendum controversé sur la Constitution, 30 morts dans les violences

    Photo fournie par l'agence Sana montrant un Syrien déposant son bulletin dans l'urne pour le référendum sur la Constitution le 26 février 2012 à Daraa.

    Photo fournie par l'agence Sana montrant un Syrien déposant son bulletin dans l'urne pour le référendum sur la Constitution le 26 février 2012 à Daraa. (Photo AFP)
     

    Les Syriens votaient dimanche sur une nouvelle Constitution, un référendum raillé par l'opposition et l'Occident au moment où le régime accentuait sa répression sanglante de la révolte dans de nombreuses villes assiégées.

    Les violences ont fait au moins 30 morts, en majorité civils, principalement à Homs, bastion de la contestation que le régime essaie d'écraser sous les bombes, tandis que la Croix-Rouge internationale reprenait les négociations avec l'opposition et les autorités pour évacuer des blessés, dont deux journalistes occidentaux.

    Les bureaux de vote pour le référendum ont ouvert à 07H00 (05H00 GMT) et fermeront à 19H00 -dans certains cas à 22H00 (20H00 GMT)-, ont indiqué les médias officiels.

    Plus de 14 millions de Syriens doivent se prononcer sur le texte qui instaure le "pluralisme politique" et supprime l'article 8 sur la prééminence au parti Baas au pouvoir depuis un demi-siècle, mais maintient de larges prérogatives au chef de l'Etat.

    Le référendum: une «plaisanterie»

    L'opposition et les militants pro-démocratie, qui exigent le départ du président Bachar al-Assad, ont appelé à boycotter ce scrutin, qualifié de "plaisanterie" par Washington.

    "Il y a une grande affluence dans les bureaux de vote, à l'exception de certaines régions", a déclaré le ministre syrien de l'Intérieur, Mohammad Ibrahim al-Chaar, admettant ainsi qu'il était impossible de voter dans les régions rebelles.

    "Je vote parce que c'est l'aboutissement des réformes du président et si cela réussit, on aura une démocratie", a affirmé à l'AFP Balsam Kahila, 32 ans, au ministère des Finances où elle travaille à Damas.

    "Je vote malgré les gangs armés", a-t-elle dit, reprenant ainsi la version du régime qui refuse d'admettre l'ampleur de la contestation et se targue de l'appui de son peuple pour venir à bout de la révolte assimilée à du "terrorisme" mené par des "gangs armés à la solde de l'étranger".

    Rejeter des lois

    Dans la nouvelle Constitution, le président choisit le Premier ministre, indépendamment de la majorité parlementaire, et peut dans certains cas rejeter des lois.

    L'article 88 prévoit deux septennats présidentiels mais l'article 155 précise que cela s'appliquera à partir de la prochaine présidentielle prévue en 2014, ce qui permet en théorie à M. Assad de rester au pouvoir encore 16 ans.

    Hadi Abdallah, militant à Homs, a affirmé s'être rendu dans plusieurs quartiers en partie tenus par l'Armée syrienne libre (ASL, qui regroupe des déserteurs) et n'y avoir vu "personne dans les rues et pas un seul centre de vote".

    "Voilà la nouvelle Constitution. Celui qui demande la liberté est bombardé par les roquettes", lancent des militants à Baba Amr dans une vidéo mise en ligne montrant les terribles destructions.

    «Un régime sans légitimité»

    Sur leur page Facebook "Syrian Revolution 2011", les militants pro-démocratie ont dénoncé "un régime et une Constitution sans légitimité". "Pour une Syrie propre", ont-il écrit au dessus d'une photo montrant une main jetant à la poubelle un portrait de M. Assad et un bulletin de vote pour la nouvelle Constitution.

    La crédibilité du régime est ternie, chaque annonce de réformes ayant été suivie d'une intensification de la répression qui a fait plus de 7.600 morts en 11 mois selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

    Au moment où s'ouvraient les bureaux de vote, plusieurs obus tombaient sur Baba Amr à Homs, dévastée par plus de trois semaines de pilonnage, au lendemain d'une journée de violences ayant fait près de 100 morts en grande majorité des civils selon l'OSDH.

    "Il y a des explosions partout. Des snipers qui tirent sur tout ce qui bouge", a indiqué un militant à Baba Amr, Abou Bakr, joint sur Skype par l'AFP. "Les maisons sont détruites (...) Il n'y a pas d'électricité, pas d'eau, pas de communications, pas d'air frais".

    C'est dans ce quartier que sont bloqués la journaliste française Edith Bouvier et le photographe Britannique Paul Conroy, blessés dans un bombardement mercredi qui a tué la reporter américaine Marie Colvin et le photographe français Rémi Ochlik.

    «Rapatrier Edith Bouvier»

    La France "met tout en oeuvre" pour parvenir à rapatrier" Edith Bouvier, a assuré dimanche le ministre de l'Intérieur Claude Guéant.

    Les négociations sur l'évacuation des blessés et le transfert des dépouilles "ont repris ce matin avec la ferme volonté d'aboutir", selon un diplomate occidental en poste à Damas. Samedi, près de douze heures de discussions n'avaient pas abouti.

    Les violences, dans lesquelles 14 soldats ont péri dans des affrontements avec les militaires dissidents, ont touché plusieurs villes dont Deraa (sud), Deir Ezzor (est), Idleb (nord-ouest) et Hama (centre).

    Le régime reste sourd aux pressions et sanctions occidentales et arabes, mettant à profit les divisions internationales après le refus de Moscou et Pékin de toute ingérence en Syrie.

    Dimanche, des milliers de personnes ont manifesté à Casablanca pour réclamer la fin du régime d'Assad à l'initiative d'Al Adl wal Ihsan, mouvement islamiste radical le plus important du Maroc et des centaines d'autres ont défilé à Madrid.

    (AFP)


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