• Alexis Jenni couronné par le Goncourt

    Publié le 03/11/2011 | 14:55

    Alexis Jenni couronné par le Goncourt

    Par Anne BRIGAUDEAU  

    Alexis Jenni, a été sacré du Goncourt 2011.

    Alexis Jenni, a été sacré du Goncourt 2011.

    Photo C. Hélie/Gallimard
    2011, année faste pour Gallimard qui fête ses cent ans et décroche une fois encore le plus convoité des prix

    Le jury Goncourt a en effet couronné ce 2 novembre Alexis Jenni  pour son premier roman,"L'art français de la guerre", par cinq voix contre trois à Carole Martinez pour sa seconde fiction, "Du domaine des murmures" ...soit 8 voix sur 10 pour Gallimard.

    Un pourfendeur des guerres coloniales récompensé


    Avec Alexis Jenni, les jurés Goncourt ont récompensé par le chèque symbolique de 10 euros un primo-romancier, un professeur de biologie lyonnais de 48 ans jusque là inconnu et un pourfendeur des guerres coloniales.

    Que relate "L'art français de la guerre", roman de 600 pages qui alterne ironie (« en 1939, la France était prête à affronter dans d’excellentes conditions les batailles de 1915") , tendresse et scènes d’horreur ? L’amitié entre un jeune homme, le narrateur, et son professeur de dessin, Victorien Salagnon. Cet ancien officier des guerres coloniales, qui a trouvé dans l'art sa planche de salut, raconte à son disciple les guerres sales qu'il a menées, d'Indochine en Algérie.

     

    Alexis Jenni, qui avait essuyé"15 ou 17 refus" d'éditeurs" pour une première oeuvre en 2005, a mis cinq ans à rédiger celle-ci. "Cinq ans tranquille. J’étais désespéré, je me disais, de toute façon, ça ratera." Le voici désormais sur la première marche du podium, celle qui lui offre le prix Goncourt.


    Le groupe Gallimard a remporté 7 Goncourt depuis l'an 2000

     

    Si le trio Galligrasseuil a vécu (le dernier Goncourt Seuil remonte à ...1988 avec Eric Orsenna pour "L'exposition coloniale"), la célébration du centenaire de la maison fondée par Gaston ne saurait faire oublier l'emprise de plus en plus marquée du seul groupe Gallimard sur le Goncourt. 

    La maison d'édition qui siège depuis juin dans une rue à son nom en a obtenu cinq depuis l'an 2000, sous l'étiquette Gallimard (2000 : Jean-Jacques Schuhl pour "Ingrid Caven", 2001: Jean-Christophe Rufin pour "Rouge brésil",  2006 : Jonathan Littell pour "Les bienveillantes", 2009 : Marie NDiaye pour "Trois femmes puissantes, 2011 : Alexis Jenni). Mais sept si l'on parle du groupe (aux cinq précédents, il faut rajouter  les Goncourt décernés en 2007 à Gilles Leroy pour Alabama Song, publié au Mercure de France, et en 2008 à Atiq Rahimi pour "Syngué Sabour Pierre de Patience" chez POL).

    Quoi d'étonnant au demeurant ? Sur les dix membres du jury Goncourt, plusieurs sont ou ont été des auteurs Gallimard (Régis Debray, Françoise Chandernagor, passée depuis à Albin Michel, Jorge Semprun, Tahar Ben Jelloun...).
     

    Emmanuel Carrère remporte le prix Renaudot

     

    La journée du 2 novembre 2011 a été faste pour la maison Gallimard puisque sa filiale P.O.L. a été récompenséepar le prix Renaudot, attribuée à Emmanuel Carrère pour son Limonov (P.O.L), portrait du sulfureux Edouard Limonov, idole underground sous Brejnev, clochard à New York, écrivain branché à Paris et fondateur d'un parti ultranationaliste en Russie. L'écrivain, qui faisait lui aussi figure de favori pour ce prix convoité, a été choisi par le jury au deuxième tour.

    >> Lire aussi :"L'art français de la guerre", roman convaincant


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