• Allemagne : le leader du mouvement anti-islam Pegida se met en retrait

    Allemagne : le leader du mouvement anti-islam

    Pegida se met en retrait

    Le Monde.fr | <time datetime="2015-01-21T18:51:05+01:00" itemprop="datePublished">21.01.2015 à 18h51</time> • Mis à jour le <time datetime="2015-01-21T19:53:54+01:00" itemprop="dateModified">21.01.2015 à 19h53</time> | Par

    <figure class="illustration_haut " style="width: 534px"> Photo de Lutz Bachmann grimé en Hitler. </figure>

    Lutz Bachmann, fondateur du mouvement anti-islam des Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident (Pegida), a démissionné de ses fonctions, mercredi 21 janvier. En cause, la révélation le matin même par le quotidien Bild que ce quadragénaire avait posté sur Facebook une photo de lui grimé en Hitler et traitait les étrangers de « bétail » et de « bâtards ». Pour un mouvement qui était à la recherche d'une certaine respectabilité, et se défendait d'être raciste, ces révélations tombaient on ne peut plus mal.

    Lire notre visuel interactif : A Dresde, berceau du mouvement Pegida contre « l'islamisation de l'Europe »

    Interrogé par Bild, le dirigeant de Pegida explique avoir fait ce cliché « chez le coiffeur » lors de la parution de la version audio d'un ouvrage satirique sur Hitler, « Il est de retour », de l'Allemand Timur Vermes (2012).

    Cuisinier reconverti dans la publicité, Lutz Bachmann, natif de Dresde, avait fondé Pegida en octobre 2014 pour protester contre l'installation de camps de réfugiés en Saxe. Chaque lundi, il appelait la population à manifester dans les rues de Dresde, une démarche qui rappelait les manifestations pour la démocratie qui ont fait tomber le régime communiste en RDA à l'automne 1989.

    40 000 PERSONNES ATTENDUES À LEIPZIG

    Au départ, seules quelques centaines de personnes ont répondu à son appel lancé sur Facebook. Mais à partir de décembre, elles étaient plusieurs milliers. Outre des slogans contre les étrangers, les manifestants s'en prenaient à la fois aux « politiciens » et surtout à la presse qu'ils qualifiaient de « presse mensongère » (Lügenpresse), une expression créée par les nazis dans les années 1930.

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    • Allemagne : des milliers de manifestants antiPegida

      Des manifestations pour la tolérance et antiPegida à Berlin, Munich, Düsseldorf, Nuremberg, Wurtzbourg. Ce lundi soir, ils étaient plus de 10 000 à se rassembler. À Dresde, en revanche, où le mouvement Patriotes européens contre l'Islamisation de l'Occident, Pegida, organise son défilé hebdomadaire, aucune manifestation n'a été autorisée pour des raisons de sécurité. Une interdiction controversée. Angela Merkel a cependant rappelé que la liberté de manifester était un bien précieux. 'En tant que chancelière allemande - que j'aime ou pas le contenu, je dois faire en sorte que partout en Allemagne la population puisse manifester dans la rue parce que c'est un droit fondamental'. Selon Pegida, une menace de mort a visé Lutz Bachmann, l'un des organisateurs du mouvement anti-islam. 'Il semble, je l'espère, qu'il y aura un autre défilé lundi prochain, a indiqué Lutz Bachmann. (...) Nous aimerions que les représentants élus du peuple fassent leur travail, Ainsi, les lundis soir, je pourrais, nous pourrions, toutes les 25 00 personnes qui ont manifesté à Dresde, pourraient retourner à la maison et profiter de la soirée en famille'. Malgré l'interdiction à Dresde, les pro-Pegida ont fait entendre leur voix dans d'autres villes allemandes ce lundi soir : dans la capitale, à Munich et notamment à Düsseldorf. Mais ils étaient moins nombreux que leurs détracteurs.

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    Le 12 janvier, selon la police, 25 000 personnes avaient participé à la manifestation de Dresde. Comme le rassemblement du 19 janvier a été interdit pour des raisons de sécurité, Pegida avait prévu de se joindre mercredi à une manifestation organisée à Leipzig, la deuxième ville de Saxe, par Legida, la déclinaison locale de Pegida. On attendait 40 000 manifestants mais également environ 60 000 contre- manifestants répartis dans une vingtaine de rassemblements.

    BACHMANN PLUSIEURS FOIS CONDAMNÉ

    Mercredi soir, nul ne pouvait dire si Pegida survivra au retrait de son fondateur. Celui-ci était de toute façon en difficulté. Déjà condamné pour divers délits à trois ans et huit mois de prison, il s'était dans un premier temps réfugié en Afrique du Sud pour échapper à la justice. Après son extradition en Allemagne et un séjour de deux ans derrière les barreaux, ce partisan de la « tolérance zéro » pour les immigrés qui commettent des délits s'est fait à nouveau condamner pour détention de 40 grammes de cocaïne. Il est actuellement en liberté conditionnelle.

    Son image était suffisamment mauvaise pour que, le 18 janvier, ce n'est pas lui mais la porte-parole du mouvement, Katrin Oertel, qui représentait celui-ci à un talk-show télévisé très écouté, le premier auquel participait cette organisation. Après les révélations faites par Bild, le procureur avait annoncé lancer une enquête pour « incitation à la haine ».

    Pour la petite histoire, ce n'est pas Pegida qui, initialement, a rendu publique la démission de son dirigeant mais Frauke Petry, une responsable du parti eurosceptique Alternative pour l'Allemagne, ce qui en dit long sur les liens entre les deux organisations. Lors de ses vœux le 31 décembre, Angela Merkel avait dénoncé les dirigeants de Pegida qui, disait-elle, incitaient à « la haine », même si elle disait « devoir comprendre les préoccupations » des manifestants.


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