<figure class="twp-imageViewer" data-contentid="21790" style="-webkit-user-select: auto; cursor: default; border: 0px; font-family: inherit; font-size: inherit; font-style: inherit; font-variant: inherit; font-weight: inherit; line-height: inherit; vertical-align: baseline; margin: 0px; padding: 0px; position: relative;">
<figcaption style="-webkit-user-select: auto; cursor: default; border: 0px; font-family: inherit; font-size: 18px; font-style: inherit; font-variant: inherit; font-weight: inherit; line-height: 23px; vertical-align: baseline; margin: 5px 0px 20px; padding: 0px; color: rgb(100, 100, 100);">Un stand indépendantiste dans les rues de Barcelone. (Photo : Martine Audusseau)</figcaption></figure>

 

Dans les rues de Barcelone, au milieu des touristes parfois intrigués mais généralement indifférents qui déambulent dans le vieux quartier près des célèbres Ramblas, les indépendantistes ont dressé leur kiosque… C’est ainsi dans toute la région, les volontaires du mouvement citoyen « Assemblée nationale de Catalogne » se mobilisent, et ont pignon sur rue. Ceux qui sympathisent avec le mouvement viennent apporter leur soutien, signer les pétitions en faveur du vote, de la consultation qui devrait avoir lieu le 9 novembre.

Édouard, la trentaine, chômeur est venu prêter main-forte : « Il faut que nous soyons nombreux pour leur montrer que nous voulons que cette consultation ait lieu. Nous allons construire un pays meilleur pour nous libérer d’une colonisation que l’on supporte depuis 300 ans. »

 

<figure class="twp-imageViewer" data-contentid="21790" style="-webkit-user-select: auto; cursor: default; border: 0px; font-family: inherit; font-size: inherit; font-style: inherit; font-variant: inherit; font-weight: inherit; line-height: inherit; vertical-align: baseline; margin: 0px; padding: 0px; position: relative;">
<figcaption style="-webkit-user-select: auto; cursor: default; border: 0px; font-family: inherit; font-size: 18px; font-style: inherit; font-variant: inherit; font-weight: inherit; line-height: 23px; vertical-align: baseline; margin: 5px 0px 20px; padding: 0px; color: rgb(100, 100, 100);">Édouard, membre du mouvement indépendantiste « Asamblea nacional de Cataluña ». (Photo : Martine Audusseau)</figcaption></figure>

 

Voilà, c’est lâché, depuis 1714, les sécessionnistes catalans ruminent cet affront qui selon eux, les a maintenus sous le joug de Madrid. Le 11 septembre est la date de commémoration de la défaite face aux troupes françaises venues régler la succession de l’Espagne, dans un bain de sang.

« Le droit de décider »

Depuis 300 ans, les indépendantistes manifestent ce jour-là, mais, depuis la crise le mouvement a pris de l’ampleur, comme si l’indépendance était la solution à tous les maux. Une partie de la population catalane considère que la Catalogne est spoliée par Madrid. le déficit fiscal est l’argument principal pour se séparer de l’Espagne. « L’Espagne est un trou noir, explique Édouard, tout l’argent qu’elle reçoit, elle le dilapide, l’investit mal. Rester en Espagne, c’est un vrai risque. »

Sergio Martorel est étudiant en physique, il rejoint des amis place de Catalogne, le rendez-vous incontournable de la jeunesse barcelonaise. Cette génération qui a étudié en catalan se sent aujourd’hui différente des autres espagnols.

 

<figure class="twp-imageViewer" data-contentid="21790" style="-webkit-user-select: auto; cursor: default; border: 0px; font-family: inherit; font-size: inherit; font-style: inherit; font-variant: inherit; font-weight: inherit; line-height: inherit; vertical-align: baseline; margin: 0px; padding: 0px; position: relative;">
<figcaption style="-webkit-user-select: auto; cursor: default; border: 0px; font-family: inherit; font-size: 18px; font-style: inherit; font-variant: inherit; font-weight: inherit; line-height: 23px; vertical-align: baseline; margin: 5px 0px 20px; padding: 0px; color: rgb(100, 100, 100);">Sergio Martorel, étudiant à Barcelone. (Photo : Martine Audusseau)</figcaption></figure>

 

Un sentiment entretenu notamment dans le sport, le football, par exemple, où les affrontements Madrid-Barcelone donnent lieu à de virulentes joutes verbales. « Depuis un certain temps, on marginalise les Catalans en Espagne. Si vraiment, ils nous haïssent, si la seule chose que nous recevons des Espagnols, ce sont des insultes, qu’ils nous laissent partir, ce n’est pas difficile. C’est un droit, nous avons le droit de décider, en tant que peuple. »

 

<figure class="twp-imageViewer" data-contentid="21790" style="-webkit-user-select: auto; cursor: default; border: 0px; font-family: inherit; font-size: inherit; font-style: inherit; font-variant: inherit; font-weight: inherit; line-height: inherit; vertical-align: baseline; margin: 0px; padding: 0px; position: relative;">
<figcaption style="-webkit-user-select: auto; cursor: default; border: 0px; font-family: inherit; font-size: 18px; font-style: inherit; font-variant: inherit; font-weight: inherit; line-height: 23px; vertical-align: baseline; margin: 5px 0px 20px; padding: 0px; color: rgb(100, 100, 100);">Un kiosque à journaux dans le vieux quartier de Barcelone qui fait la part belle aux drapeaux catalans. (Photo : Martine Audusseau)</figcaption></figure>

 

Le discours indépendantiste, parole unique relayée par les médias catalans, a fait des émules. Les anti-indépendantistes se taisent. Beaucoup craignent d’exprimer ouvertement leur opinion, comme José Luis, commerçant qui insiste pour protéger son anonymat : « Soyons pragmatiques.L’indépendance, ce n’est pas le moment. Il y a d’autres priorités, donner à manger à ceux qui n’ont rien, des logements, une bonne éducation, créer de l’emploi. Les sentiments, on en reparlera dans quelques années quand la Catalogne sera devenue une grande puissance en Espagne. »

 

<figure class="twp-imageViewer" data-contentid="21790" style="-webkit-user-select: auto; cursor: default; border: 0px; font-family: inherit; font-size: inherit; font-style: inherit; font-variant: inherit; font-weight: inherit; line-height: inherit; vertical-align: baseline; margin: 0px; padding: 0px; position: relative;">
<figcaption style="-webkit-user-select: auto; cursor: default; border: 0px; font-family: inherit; font-size: 18px; font-style: inherit; font-variant: inherit; font-weight: inherit; line-height: 23px; vertical-align: baseline; margin: 5px 0px 20px; padding: 0px; color: rgb(100, 100, 100);">Les rues de Barcelone aux couleurs catalanes, ce jeudi après-midi. (Photo : Rafa Rivas)</figcaption></figure>

 

Une fragmentation du parlement catalan

Pour le politologue et représentant à la mairie de Barcelone du parti socialiste catalan PSC, parti en faveur d’une réforme de la constitution et du fédéralisme en Espagne, Gabriel Colomé, l’avenir est très incertain : « On va frustrer toute une génération, surtout si la consultation, qui n’est pas un référendum, n’a pas lieu. Et si finalement, des élections régionales sont convoquées, tous les sondages nous disent que nous allons vers une très grande fragmentation du parlement catalan. »

 

<figure class="twp-imageViewer" data-contentid="21790" style="-webkit-user-select: auto; cursor: default; border: 0px; font-family: inherit; font-size: inherit; font-style: inherit; font-variant: inherit; font-weight: inherit; line-height: inherit; vertical-align: baseline; margin: 0px; padding: 0px; position: relative;">
<figcaption style="-webkit-user-select: auto; cursor: default; border: 0px; font-family: inherit; font-size: 18px; font-style: inherit; font-variant: inherit; font-weight: inherit; line-height: 23px; vertical-align: baseline; margin: 5px 0px 20px; padding: 0px; color: rgb(100, 100, 100);">Gabriel Colomé, politologue, membre du parti socialiste catalan à la mairie de Barcelone. (Photo : Martine Audusseau)</figcaption></figure>

 

De surcroît, même si les indépendantistes en minimisent l’impact, les Catalans atterrés commentent le scandale, celui des revenus occultes de leur « honorable ex-président » – c’était son titre – Jordi Pujol, pas si honorable que çà, qui aux rênes de la région pendant 23 ans, avec ses fils aurait touché des commissions sur des affaires mobilières et autres passées dans la région. L’enquête est en cours, en Andorre et dans d’autres paradis fiscaux où l’argent aurait été détourné.

Plus que jamais, la Catalogne est dans une impasse politique, dont les conséquences risquent d’accentuer les fractures sociales au sein d’une région qui se remet à grand-peine de la crise.

 

<figure class="twp-imageViewer" data-contentid="21790" style="-webkit-user-select: auto; cursor: default; border: 0px; font-family: inherit; font-size: inherit; font-style: inherit; font-variant: inherit; font-weight: inherit; line-height: inherit; vertical-align: baseline; margin: 0px; padding: 0px; position: relative;">
<figcaption style="-webkit-user-select: auto; cursor: default; border: 0px; font-family: inherit; font-size: 18px; font-style: inherit; font-variant: inherit; font-weight: inherit; line-height: 23px; vertical-align: baseline; margin: 5px 0px 20px; padding: 0px; color: rgb(100, 100, 100);">Des motards dans la manifestation indépendantiste ce jeudi après-midi. (Photo : Lluis Gene/AFP)</figcaption></figure>

 

 

<figure class="twp-imageViewer" data-contentid="21790" style="-webkit-user-select: auto; cursor: default; border: 0px; font-family: inherit; font-size: inherit; font-style: inherit; font-variant: inherit; font-weight: inherit; line-height: inherit; vertical-align: baseline; margin: 0px; padding: 0px; position: relative;">
<figcaption style="-webkit-user-select: auto; cursor: default; border: 0px; font-family: inherit; font-size: 18px; font-style: inherit; font-variant: inherit; font-weight: inherit; line-height: 23px; vertical-align: baseline; margin: 5px 0px 20px; padding: 0px; color: rgb(100, 100, 100);">Les anti-indépendantistes sont descendus dans la rue, ce jeudi après-midi, à Barcelone). (Photo Josep Lago/AFP)</figcaption></figure>