• Attentat déjoué près de Paris : les complices recherchés

    Attentat déjoué près de Paris :

    Les complices recherchés....

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      • Mis à jour <time datetime="2015-04-23T20:25:06+02:00" itemprop="dateModified">le 23/04/2015 à 20:25</time>
      • Publié <time datetime="2015-04-23T19:52:18+02:00" itemprop="datePublished"> le 23/04/2015 à 19:52</time>
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    <figure class="fig-photo"> La porte de l'appartement ou vivait Sid Ahmed Ghlam a été mise sous scellés. <figcaption class="fig-media-legende" itemprop="description">

     

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    Les enquêteurs remontent le fil des indices laissés par Sid Ahmed Ghlam, qui n'a manifestement pas agi seul. La question de la surveillance rapprochée des individus fichés se pose. Mais la tâche est immense.

     

    La découverte fortuite, dimanche dernier, du projet d'attaque d'une ou de plusieurs églises, en région parisienne, notamment à Villejuif, mais peut-être aussi à Aulnay-sous-Bois, par un étudiant algérien de 24 ans, mobilise plus que jamais les services de l'État. La garde à vue du suspect, Sid Ahmed Ghlam, a été prolongée jeudi et devrait durer jusqu'à samedi. À l'heure où le gouvernement tente de faire voter une loi pour étendre les pouvoirs des services de Renseignement, ce dossier pourrait se révéler précieux pour désamorcer les craintes que le texte inspire aux parlementaires. Voici les principales questions que soulève l'affaire Ghlam

    Le terroriste présumé a-t-il agi seul?

    «Trop d'armes pour un seul homme.» C'est la réaction spontanée d'un policier spécialisé au moment de la découverte de l'arsenal de Ghlam, composé de quatre kalachnikovs, deux armes de poing et trois gilets pare-balles, entre autres. On sait depuis que le donneur d'ordre, localisé, dit-on, en Syrie, l'a aiguillé sur un ou des complices, activement recherchés désormais, à Aulnay-sous-Bois. Là, quelques jours avant son équipée sanglante en fin de semaine dernière, Ghlam a été récupérer sa panoplie de commando, dans le coffre d'une voiture garée dans la cité de l'Europe. Celle-ci a été retrouvée par les enquêteurs, qui tâchent d'en extraire tous les éléments d'identification (empreintes, ADN, pedigree du véhicule) pour remonter aux éventuels complices. Sans parler du travail effectué sur la téléphonie, les liaisons Internet, mais aussi le GPS saisi à l'intéressé. La garde à vue d'une femme de Saint-Dizier (Haute-Marne), ville des parents de Ghlam, où lui-même a résidé, se poursuivait jeudi. Cette convertie à l'islam de 25 ans est présentée comme la petite amie ou l'ex-compagne de l'étudiant. La sœur du suspect a expliqué: «Elle voulait se marier avec lui, mais ça ne marchait pas. Il n'a pas voulu.» Chez cette femme entièrement voilée, les policiers ont découvert des clefs de chiffrement, sous forme de codes sur de nombreux bouts de papier, qui lui permettaient d'enregistrer des numéros sur son téléphone portable ou d'envoyer des textos illisibles en cas de surveillance policière…

    Y a-t-il eu des failles dans le suivi des services de renseignement?

    C'est indéniable, puisque la police n'a pas été en mesure d'empêcher cet individu, pourtant suspecté et fiché, de tuer Aurélie Châtelain, à Villejuif, dimanche dernier. La surveillance dont il faisait l'objet aurait dû être plus resserrée. Depuis le printemps 2014, Sid Ahmed Ghlam figurait dans les fichiers de la DGSI. Dès cette époque, il avait été signalé par des proches comme voulant se rendre en Syrie et apparaissait comme un musulman radicalisé. En février dernier, son séjour de dix jours en Turquie avait incité la DGSI à se repencher sur son cas. Fiché «S13» - un codage qui implique une surveillance pour tout déplacement hors de France -, il avait été interrogé par les services de renseignement. L'expertise technique de ses connexions numérique, téléphoniques ainsi que celle de ses fréquentations n'auraient pas permis de «judiciariser» son cas.

    «Aujourd'hui, le nombre de dossiers explose, puisque ce sont près de 2000 individus qui sont ainsi fichés. Sans compter ceux qui n'y sont pas mais qui pourraient l'être, soit 3000 à 4000 individus, explique ce haut responsable de la police. Nos services ne sont pas dimensionnés pour procéder à une surveillance 24 heures sur 24, alors que nous sommes face à un phénomène de masse.» Comme le souligne le juge antiterroriste Marc Trévidic, le défi est d'autant plus grand que la plupart des individus pointés, notamment sur la plateforme de signalement mise en place par le ministère de l'Intérieur, sont de parfaits inconnus. De plus, «comme pour les frères Kouachi, ces individus, surtout à leur retour du terrain, se tiennent à carreau et peuvent ne donner aucun signe d'activisme durant de longues semaines, voire plusieurs mois», souligne un policier. Les services de renseignements se contentent alors de «coups de sonde» aléatoires. «Il ne suffit pas de collecter les données, il faut ensuite les passer au tamis pour pouvoir les utiliser. Ce qui réclame du monde pour les analyser.» La question du manque de moyens revient systématiquement dans la bouche des professionnels, tant le vivier à surveiller est devenu immense.

    Où en est l'état de la menace islamiste en France?

    Cinq attentats, dont celui «évité» dimanche à Paris, ont été déjoués «ces derniers mois», a déclaré jeudi Manuel Valls, sur France Inter. Apparemment depuis août 2013. «La menace n'a jamais été aussi importante, nous n'avons jamais eu affaire à ce type de terrorisme dans notre histoire», a-t-il soutenu, à grand renfort de chiffres: «1573 Français ou résidents en France sont recensés pour leur implication dans ces filières terroristes.» Par ailleurs, «442 se trouvent sans doute actuellement en Syrie, 97 y sont morts. La plateforme d'appel permettant aux citoyens de signaler des cas de radicalisation a enregistré déjà plus de 2600 signalements, 630 ont été jugés très sérieux et examinés par des services spécialisés», a assuré le premier ministre. Les forces de l'ordre contribuent activement à la sécurisation des lieux les plus exposés, le plan Vigipirate ayant été maintenu à son maximum.


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