• Attentat suicide en Algérie : dix-huit morts dans une école militaire

    Mis à jour 27-08-2011 21:50
     
     
    Des policiers patrouillent dans une rue de Tizi Ouzou

    Des policiers patrouillent dans une rue de Tizi Ouzou après une attaque contre un poste de police, le 14 août 2011 Photo : Farouk Batiche/AFP

     

    Attentat suicide en Algérie : dix-huit morts dans une école militaire

    Bardés d'explosifs, deux kamikazes se sont fait exploser devant l'entrée du mess des officiers au moment de la rupture du jeûne. Dernier bilan : 18 tués, 26 blessés.

         
     

    Au lendemain du double attentat suicide contre une école militaire en Algérie, le ministère de la Défense qui avait d'abord fait état de 11 victimes, dont deux civils, a revu son bilan à la hausse, évoquant désormais 18 morts et 26 blessés comme l'indiquait hier une source hospitalière.

    Dix minutes après la rupture du jeûne...

    Vendredi 26 août, vers 19h30 (20h30 à Paris), deux kamikazes, dont l'un en deux-roues, ont attaqué l'Académie militaire interarmes de Cherchell, une commune située à environ 90 kilomètres à l'ouest d'Alger. Vraisemblablement pour faire le plus de victimes possible, les terroristes ont attendu moins de dix minutes après la rupture du jeûne du ramadan pour se faire exploser presque simultanément à l'entrée du mess des officiers.

    Créée par la France durant la Seconde Guerre mondiale après le débarquement allié en Afrique du Nord, l'Académie de Cherchell continue de former depuis l'indépendance de l'Algérie des hauts responsables militaires.

    Dix-huit personnes ont donc été tuées a confirmé samedi le ministère de la Défense, qui précise dans son communiqué relayé par l'agence APS que 20 blessés ont quitté l'hôpital après avoir été soignés, et que six autres personnes sont toujours sous "contrôle médical, dont l'une dans un état très grave".

    "Les bandes criminelles" ont "des objectifs médiatiques" selon les autorités

    D'après le ministère l'"acte terroriste abject" est le fait de "bandes criminelles" qui ciblent "des objectifs médiatiques afin de desserrer l'étau qui leur est imposé sur le terrain par les forces combinées de sécurité qui ont réalisé des résultats remarquables, notamment durant les dernières semaines".

    "Tout en s'inclinant à la mémoire des chouhada", les martyrs, "ayant péri dans cet acte ignoble", le Haut commandement de l'Armée nationale populaire "réitère sa détermination à mettre hors d'état de nuire ces bandes criminelles et à assurer la paix et la quiétude dans l'ensemble du pays" conclut le communiqué officiel.

    Cet attentat n'a pas été revendiqué, mais en particulier en cette période de ramadan, il porte très probablement l'empreinte d'islamistes qui y voient un moment propice pour mener le jihad. Depuis le début du mois d'août, plusieurs attentats ont ainsi été commis en Algérie, en particulier à l'est de la capitale et plus encore en Kabylie.

    De nombreux attentats et plus de vingt morts en un mois...

    Le plus souvent, les attaques, dont le mode opératoire évoque les méthodes d'al-Qaïda au Maghreb islamique, visent les forces de l'ordre ou l'armée. Mardi dernier, deux policiers qui faisaient la circulation ont ainsi été abattus lors d'une fusillade à Hasnaoua, un village situé à quelque 220 km au sud-est d'Alger, le même jour, dans la région de Boumerdès, à 50 km de la capitale, un militaire est mort dans l'explosion d'une bombe artisanale et dix jours plus tôt, le 14 août, un attentat suicide contre le commissariat de Tizi Ouzou, en Kabylie avait fait plus de 30 blessés.

    Avant le double attentat de vendredi, la dernière attaque la plus meurtrière en date remonte au 16 avril en Kabylie. A Azazga, à 140 km à l'est d'Alger, 14 militaires avaient été tués dans une embuscade.

    Après la guerre civile dans les années 1990, de nombreux combattants islamistes ont déposé les armes au début des années 2000, dans le cadre de la politique de réconciliation nationale conduite par le président Abdelaziz Bouteflika, cependant force est de constater que depuis cette période, les violences terroristes n'ont jamais totalement disparu dans le pays.


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