• Au dîner du CRIF, Hollande condamne la « lèpre » qu?est l?antisémitisme

    Au dîner du CRIF, Hollande condamne la « lèpre » qu’est l’antisémitisme

    Le Monde.fr | <time datetime="2015-02-23T23:54:37+01:00" itemprop="datePublished">23.02.2015 à 23h54</time> | Par Nicolas Chapuis

    lien

    <figure style="width:534px;">

    Au dîner du CRIF, François Hollande a répété "les juifs sont chez eux en France", lundi soir.

    « Les juifs sont chez eux en France, ce sont les antisémites qui n’ont pas leur place dans la République. » Invité d’honneur du 30e dîner du CRIF (Conseil représentatif des institutions juive François Hollande a lancé un appel aux Français de confession juive à rester au sein de la nation, au terme d’un discours d’une trentaine de minutes. « Français juifs, vous êtes ici chez vous ici dans votre patrie, elle vous doit une part de son identité. Vous lui avez tant donné, la France le sait, le dit et le montre et elle s’est levée il y a un mois pour dire non au fanatisme et à l’antisémitisme. »

    L’intervention du chef de l’Etat s’inscrivait dans un contexte de multiplications des actes anti juifs, après les attentats de janvier, les attaques de Copenhague, ou encore la profanation d’un cimetière juif à Sarre-Union (Alsace). Devant une salle remplie de dignitaires religieux, de ministres, d’élus, et de personnalités du monde de la culture, François Hollande a voulu dans son discours poser ses propres mots sur l’antisémitisme : « C’est comme une lèpre qui revient toujours quand les civilisations croient s’en être débarrassé. »

    De l’antisémitisme, il a ensuite glissé sur la lutte contre le terrorisme, reliant entre eux tous les événements de ce début d’année. « A Paris comme à Copenhague, les terroristes ont adressé le même message : celui de la guerre. Celle qui effraie, qui tue, qui divise, qui cherche à détruire les fondements même du vivre ensemble. Et parmi les premières victimes il y a toujours des juifs. »

    Une date pour la loi sur le renseignement

    Les membres du CRIF attendaient des mesures fortes, après les annonces de janvier. Devant l’assemblée, le chef de l’Etat a annoncé que Manuel Valls allait détailler un plan pour lutter contre l’antisémitisme dans les jours prochains. Sans en déflorer le contenu, il a exprimé son souhait de voir « des sanctions plus rapides et plus efficaces ». L’antisémitisme, le racisme et l’homophobie ne devraient ainsi plus relever du droit de la presse mais du droit pénal commun. Une mesure que M. Cukierman, le président du CRIF, avait appelé de ses vœux. Le chef de l’Etat en a profité pour rendre hommage aux forces de l’ordre, et a glissé que cela lui faisait plaisir de voir des mères juives « distribuer des compléments alimentaires » aux soldats devant les synagogues, provoquant les rires de l’assemblée. La seule pointe d’humour dans une soirée empreinte de gravité.

    Au menu des annonces, le chef de l’Etat a déclaré qu’un projet de loi sur le renseignement serait présenté le 18 mars en Conseil des ministres, pour « élever notre niveau d’intervention sans remettre en cause nos libertés ». Il a aussi appelé ses partenaires européens à avancer sur le PNR, fichier commun pour « contrôler les passagers aériens qui se rendent dans des zones dangereuses ». Pas question pour autant de remettre en cause Schengen, comme le souhaiterait Nicolas Sarkozy. Sans le nommer, le président a attaqué son prédécesseur :« Pour lutter contre le terrorisme, il ne faut pas moins d’Europe, il en faut plus ».

    C’est au sujet d’Internet que François Hollande a été le plus virulent. Appelant les grands groupes à la « responsabilité », il a estimé que « le monde numérique n’est pas hors de réalité, il ne pourra donc pas être hors de la légalité ». Avant de lâcher à propos des sites de partage de vidéos en ligne qui laisse des vidéos djihadistes : « l’indifférence devient complicité. »

    La Polémique Cukierman

    Dans son discours, François Hollande n’a pas évoqué directement les propos polémiques de son hôte, le président du CRIF Roger Cukierman. Lundi matin sur Europe 1, il avait estimé que « toutes les violences aujourd’hui, et il faut dire les choses, sont commises par des jeunes musulmans. Bien sûr, c’est une toute petite minorité de la communauté, et les musulmans en sont les premières victimes… »

    Cette sortie a provoqué la colère de Dalil Boubakeur, le président du Conseil français du culte musulman, qui a boycotté le dîner. Le président du CRIF avait aussi estimé que Marine Le Pen était « irréprochable », même si son parti ne l’est pas, avant de nuancer ses propos devant l’assemblée, lundi soir, en ouverture de son discours, rappelant que la présidente du Front national ne s’est jamais désolidarisée des sorties antisémites de son père.

    Le chef de l’Etat n’a, lui, cité ni l’un ni l’autre. Mais il a rappelé que « l’antisémitisme a des racines anciennes qui plongent dans toute l’histoire de l’extrême droite française qui ne s’en est pas affranchie ». Il en a aussi évoqué une nouvelle forme, qui se nourrit « de la haine d’Israël ». Référence implicite à Roland Dumas, l’ancien président du Conseil constitutionnel qui a estimé lundi 16 février que Manuel Valls était sous« influence » juive.

    Au sujet des musulmans, François Hollande n’est pas entré dans la polémique non plus. Tout juste a-t-il évoqué un chiffre : « en janvier 2015, il y a eu autant d’actes anti musulmans que durant toute l’année 2014 ».

     

    Nicolas Chapuis
    Journaliste au service

     

    </figure>

    Tags Tags :
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :