• Regain de violences interethniques en Birmanie

    Deux personnes ont été tuées mercredi 2 juillet au soir à Mandalay, la deuxième plus

    grande ville de Birmanie, lors de nouveaux affrontements entre bouddhistes et musulmans.

     
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    Après les affrontements nocturnes, des policiers protègent des résidences de musulmans à Mandalay...

    SOE ZEYA TUN / REUTERS

    Après les affrontements nocturnes, des policiers protègent des résidences de musulmans à Mandalay le 3 juillet 2014.

    La question religieuse demeure explosive dans ce pays très majoritairement bouddhiste.

     

    Alors que la Birmanie semblait prendre le chemin de l’apaisement et d’unprocessus démocratique, les violences interconfessionnelles resurgissent. Deux personnes, un musulman et un bouddhiste, ont été tuées mercredi 2 juillet au soir à Mandalay, la deuxième plus grande ville du pays. Pour la seconde nuit consécutive, des bandes d’émeutiers ont semé le chaos dans les rues du centre-ville, malgré une sécurité renforcée.

    Selon la police, deux personnes ont été tuées et dix autres blessées dans cette ville de sept millions d’habitants abritant une importante communauté musulmane. La victime, un musulman aurait été battu à mort par un groupe de cinq ou six hommes alors qu’il se rendait à la mosquée, affirme un habitant.

    Les émeutes ont commencé la veille lorsque une centaine de personnes ont attaqué une échoppe musulmane dont le propriétaire était accusé de viol. La police a dû utiliser des balles en caoutchouc pour disperser la foule armée de pierres, de bâtons et de couteaux. D’autres bâtiments ont été pris pour cible, et une voiture a été incendiée. « Nous enquêtons sur les émeutes et nous prendrons des mesures contre ceux qui étaient impliqués », a assuré le chef de la police de Mandalay, Zaw Win Aung, au quotidien d’État New Light of Myanmar.

    QUELLES SONT LES REVENDICATIONS DES DIFFÉRENTES ETHNIES BIRMANES ?

    Depuis son indépendance en 1948, le pays est en proie à de nombreuses insurrections. Initialement orchestrées par le parti communiste et par l’Union Nationale Karen (KNU) contre l’État birman, les manifestations visaient à lutter pour l’indépendance d’un État Karen – une ethnie minoritaire composite – dans le sud de la Birmanie.

    La chute du communisme en URSS a fait disparaître dans le pays les mouvances idéologiques communistes et gauchistes, mais les insurrections ethniques et religieuses ont perduré. Les minorités luttent depuis près de soixante ans pour l’instauration d’un État fédéral leur garantissant plus d’autonomie et la reconnaissance constitutionnelle de leurs droits, sans qu’aucune de leurs revendications n’ait encore été prise en compte.

    En Birmanie, 40 % de la population appartient à l’une des 135 minorités ethniques et la minorité musulmane Rohingya – apatride, de langue indo-européenne – cristallise en grande partie ce sentiment de défiance exercé contre les minorités. Elle est la seule à ne pas avoir de statut reconnu et de droit à la citoyenneté.

    Pour 800 000 Rohingyas vivant en Birmanie, on dénombre un million et demi d’expulsions hors du pays, selon le Centre d’information et de documentation de l’Inde francophone. Ils sont considérés comme un corps étranger et traités d’immigrés clandestins venus du Bangladesh.

    REGAIN DE VIOLENCES COMMUNAUTAIRES

    Depuis 2012, la Birmanie est secouée par un regain de violences communautaires, ayant fait plus de 250 morts et 140 000 déplacés, principalement des musulmans. Ces chiffres, portant sur seulement 4 % de la population birmane, mettent en lumière une islamophobie latente dans un pays où 85 % des habitants sont bouddhistes.

    Les actes de discrimination se sont accompagnés de campagnes de moines bouddhistes radicaux appelant à boycotter les magasins musulmans ou réclamant des lois pour limiter les conversions et les mariages interreligieux. Jouissant dans le pays d’une influence sans précédent, les leaders religieux attisent la haine envers eux, sous couvert de la soi-disant menace musulmane.

    Les juntes militaires birmanes, qui se sont succédé au pouvoir depuis 1962, sont également accusées d’avoir participé à l’instauration d’une politique d’apartheid et d’un climat xénophobe, désormais assimilés dans la conscience collective des musulmans envers toutes les minorités ethniques.

    OÙ SONT LOCALISÉES LES TENSIONS EN BIRMANIE ?

    Les émeutes ont commencé dans la région de Rakhine, dans l’ouest du pays, entre bouddhistes de la minorité rakhine et musulmans de la minorité des Rohingyas, faisant au moins 200 morts lors d’attaques en 2012.

    Les violences antimusulmanes se sont ensuite étendues dans plusieurs régions du pays, avec un épisode particulièrement violent et des dizaines de morts en mars 201, dans la ville de Meiktila, à une centaine de kilomètres de Mandalay.

    Le conflit suscite par ailleurs des inquiétudes au niveau régional, notamment en Inde dont la stratégie vise à établir de meilleures connexions avec le Myanmar et le reste de l’Asie du Sud-Est.

    QUELLES MESURES LE GOUVERNEMENT PREND-IL POUR LIMITER LES VIOLENCES INTERCONFESSIONNELLES ?

    Malgré la rhétorique démocratique du gouvernement et la tentative de réformer un système vétuste, les violences interconfessionnelles continuent de ravager la Birmanie. Cette série d’émeutes porte une ombre au tableau des réformes du gouvernement quasi-civil qui a succédé à la junte militaire, dissoute il y a trois ans.

    Dans un message radio mensuel, le président birman Thein Sein a appelé à mettre fin aux haines religieuses : « Notre pays étant un pays multiracial et aux multiples religions, le processus de réformes en cours ne sera un succès que quand la stabilité sera assurée grâce à la coopération de tous les citoyens, en vivant en harmonie les uns avec les autres », a-t-il déclaré selon une transcription de son discours publié jeudi 3 juillet dans New Light of Myanmar. « Pour que les réformes soient un succès, je voudrais appeler tout le monde à éviter la provocation et les comportements pouvant inciter à la haine entre nos compatriotes », a-t-il ajouté.

    Marie Lorraine Tresca
     


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    Birmanie : mort de Win Tin,

    figure de la lutte pour la

    démocratie

     

    Le Monde.fr avec AFP | <time datetime="2014-04-21T06:40:05+02:00" itemprop="datePublished" style="box-sizing: border-box;">21.04.2014 à 06h40</time> • Mis à jour le <time datetime="2014-04-21T12:25:42+02:00" itemprop="dateModified" style="box-sizing: border-box;">21.04.2014 à 12h25   </time>lien Abonnez-vous


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    <figure class="illustration_haut" style="box-sizing: border-box; margin: 0px; position: relative;">Emprisonné pendant dix-neuf ans pour son combat contre l'ancienne junte birmane, Win Tin avait cofondé la Ligue nationale pour la démocratie (LND) avec Aung San Suu Kyi.</figure>

     

    Win Tin, emprisonné pendant dix-neuf ans pour son combat contre l'ancienne junte birmane, s'est éteint lundi 21 avril à l'âge de 84 ans, a indiqué la Ligue nationale pour la démocratie (LND), parti historique de l'opposition qu'il a cofondé avec Aung San Suu Kyi.

    « Nous sommes tellement tristes de l'avoir perdu. C'est comme si c'était la fin du monde, a commenté son assistant de longue date, Yar Zar. Mais nous avons beaucoup de chose à faire. Nous allons continuer à faire ce qu'il avait demandé, et nous suivrons son chemin vers la démocratie. »

    UNE CHEMISE BLEUE EN HOMMAGE AUX DÉTENUS

    En 1988, alors qu'au moins 3 000 personnes sont tuées lors de la répression par les militaires d'un soulèvement populaire, il fait partie des membres fondateurs de la LND.

    L'année suivante, il est arrêté et passera au total dix-neuf années emprisonné, ce qui faisait alors de lui le prisonnier politique birman ayant passé le plus de temps derrière les barreaux.

    Libéré en septembre 2008 dans le cadre d'une amnistie, l'ancien journaliste raconte les tortures qu'il a subies et ses années en isolement, mais il promet decontinuer sa lutte pour la démocratie et pour la libération de tous les prisonniers politiques. Il était notamment toujours vêtu en leur hommage d'une chemise bleue, uniforme des détenus.

     

    <figure class="illustration_haut" style="box-sizing: border-box; margin: 0px; position: relative;">  Win Tin, en mai 2001.  </figure>

     

     
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    La Birmanie ordonne à MSF de cesser

    toute activité dans le pays

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    © AFP | Manifestations contre MSF dans l'ouest de la Birmanie.

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    Texte par FRANCE 24

    Dernière modification : 28/02/2014

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    Dernière modification : 28/02/2014

     

    Naypyidaw réclame de Médecins sans frontières (MSF) qu'ils cessent toute activité dans le pays. Cette décision intervient après que l'ONG a apporté, dans l'État Rakhine, de l'aide à des membres de la minorité musulmane des Rohingyas.

    La Birmanie a ordonné à Médecins sans frontières (MSF) de "cesser toute activité dans le pays", a annoncé, vendredi 28 février, l'ONG dans un communiqué. "MSF est profondément choqué par cette décision unilatérale et extrêmement inquiet concernant le sort de dizaines de milliers de patients dont nous nous occupons actuellement à travers le pays", a indiqué l'organisation.

    Depuis mercredi, MSF avait déjà arrêté de travailler dans l'État Rakhine en raison de l'expiration de sa licence opérationnelle, a indiqué à l'AFP un responsable birman. "C'est une suspension temporaire pour le moment. Ils pourraient reprendre leur travail", a-t-il ajouté, niant tout lien avec les récentes manifestations contre l'organisation.

    MSF fournit des soins de santé primaires dans plusieurs zones isolées proches de la frontière avec le Bangladesh, peuplée majoritairement de membres de la minorité musulmane apatride des Rohingyas.

    Pressions

    L'organisation a été récemment soumise à des pressions grandissantes après avoir dit avoir traité des blessés dans une de ses cliniques situées près du site d'un supposé massacre de Rohingyas démenti par le gouvernement. Le groupe, lauréat du prix Nobel de la paix en 1999, serait en cours de renégociation avec le gouvernement birman du protocole d'accord qui couvre toutes ses opérations dans le pays.

    L'ambassade américaine à Rangoun a de son côté appelé à un accès sans restriction de l'aide humanitaire. "Les États-Unis encouragent [la Birmanie] à continuer à travailler avec la communauté internationale pour fournir de l'aide humanitaire aux communautés dans le besoin et à assurer un accès sans entraves des agences humanitaires, en accord avec les normes internationales, a-t-elle déclaré dans un communiqué. Un accès libre, régulier et ouvert est nécessaire pour assurer que les bénéfices des activités humanitaires parviennent à tous en État Rakhine."

    La situation reste très tendue en État Rakhine depuis deux vagues de violences entre Rohingyas et bouddhistes de la minorité rakhine qui avaient fait en 2012 plus de 200 morts et 140 000 déplacés, en majorité des musulmans. L'ONU avait indiqué en janvier avoir des "informations crédibles" concernant de nouvelles attaques contre des Rohingyas qui auraient fait des dizaines de morts, hommes, femmes et enfants.

    Quelque 800 000 Rohingyas, considérés par l'ONU comme l'une des minorités les plus persécutées de la planète, vivent dans cette région à la frontière avec le Bangladesh.

    MSF est le premier fournisseur de traitements contre le sida en Birmanie, avec plus de 30 000 patients dans tout le pays. Le groupe a également des programmes de traitement de la tuberculose et du paludisme.

    Avec AFP


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  • Birmanie: manifestation contre des lois répressives

    Créé le 05/01/2014 à 18h30 -- Mis à jour le 05/01/2014 à 18h40
    Manifestation pour l'abolition de lois répressives, à Rangoun le 5 janvier 2014
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    Manifestation pour l'abolition de lois répressives, à Rangoun le 5 janvier 2014 Soe Than Win AFP

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    Rangoun - Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche à Rangoun pour réclamer l'abolition de lois répressives et la fin des arrestations politiques en Birmanie.

    Les manifestants se sont rassemblés pendant environ deux heures devant la mairie de l'ancienne capitale, criant «donnez de pleins droits aux citoyens» et «liberté», ont constaté des journalistes de l'AFP.

    Avant la dissolution de la junte en mars 2011, la Birmanie était accusée de détenir quelque 2.000 prisonniers de conscience, mais depuis, le nouveau régime a libéré en plusieurs vagues des centaines d'opposants, moines, journalistes ou avocats.

    La Birmanie a même assuré cette semaine avoir libéré, comme promis par le président Thein Sein, tous ses prisonniers politiques avant le 31 décembre à la faveur d'une nouvelle amnistie.

    Mais les défenseurs des droits de l'Homme se sont montrés sceptiques face à cette annonce. Selon Pyone Cho, militant de Génération 88 qui organisait la manifestation de dimanche, environ 35 prisonniers politiques restent ainsi derrière les barreaux.

    «Nous n'acceptons aucune sorte d'arrestation politique», a-t-il déclaré à l'AFP.

    Les organisations de défense des droits de l'Homme s'inquiètent également de la création de nouveaux prisonniers politiques en raison d'arrestations qui se poursuivent en accord avec des lois en vigueur, notamment pour manifestations illégales ou en lien avec des saisies de terre.

    Les manifestants ont également appelé à l'amendement de la Constitution controversée de 2008 qui réserve un quart des sièges du parlement aux militaires d'active et empêche la leader de l'opposition Aung San Suu Kyi de devenir présidente parce que ses enfants sont britanniques.

    Alors qu'un comité parlementaire qui a commencé à travailler sur une réforme du texte il y a quelques mois doit rendre ses conclusions d'ici la fin du mois, le président a apporté son soutien cette semaine à des amendements.

    Thein Sein, crédité de réformes spectaculaires qui ont permis la levée de presque toutes les sanctions occidentales, a notamment permis le retour au coeur du jeu politique légal de Suu Kyi, aujourd'hui députée, et engagé des discussions de paix avec les groupes rebelles ethniques.

    © 2014 AFP

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  • <header class="entry-header">

    En pleine négociations de paix, l’armée birmane continue de commettre des atrocités dans l’État Kachin

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    Depuis la rupture du cessez-le-feu entre l’Armée Indépendante Kachin et l’Armée birmane le 9 juin 2011, il y a eu 3 négociations de paix officielles et au moins 10 discussions de paix non officielles entre les deux parties au conflit. Pourtant, depuis juin 2011, 364 villages ont été partiellement ou totalement abandonnés, et plus de 100,000 civils ont été déplacés.

    « Entre chaque discussions de paix, le gouvernement birman récupère le contrôle de sites stratégiques et étend son influence militaire dans l’État Kachin » a déclaré Jessica Nhkum, secrétaire conjointe de la KWAT, « Comment peut-on penser que ce processus mènera à la paix ? ».

    La Kachin Women’s Association Thailand (KWAT) a publié un rapport en octobre 2013, dans lequel elle dénonce les atrocités commises par le gouvernement birman en septembre 2013 contre des civils kachin.

    militaires...En septembre, suite à des affrontements près du village de Nhka Ga, au nord de l’État Kachin, les troupes birmanes ont attaqué le village et accusé ses habitants de soutenir l’Armée Indépendante Kachin (KIA). Ils ont retenus les villageois prisonniers, ont torturé 10 hommes et en ont tué 3 autres. Une jeune mère a également été violée par un officier.

    Les exactions se sont produites à peine un mois avant les négociations de paix du 8 octobre de Myitkyina, entre l’Armée Indépendante Kachin et le gouvernement birman.

    L’opération militaire semble directement liée aux opérations de contrôle pour l’influence du nord de l’État Kachin, zone riche en bois et en ressources minérales. Le village de Nhka Ga est situé sur la nouvelle route qui relie la frontière chinoise aux importantes zones de concessions récemment accordées au milliardaire et proche du régime, Tay Za.

    Du 8 au 10 octobre une délégation du gouvernement birman a rencontré les représentants de la Kachin Independence Organisation (KIO) à Myitkyina, dans l’État Kachin. Un accord en 7 points a été signé, il réaffirme les points établis par l’accord du mois de mai et précise que les deux parties s’engagent à éviter les combats.

    Toutefois, au mois d’octobre, les attaques contre les communautés kachin ont continué dans le sud de l’État Kachin. Peu après de nouvelle négociations de paix le 22 octobre, environ 1000 soldats de l’armée birmane ont attaqué et occupé deux villages dans le canton de Mansi, provoquant le déplacement de plus de 1000 villageois. Près de 400 villageois se sont retrouvés prisonniers dans l’église du village et une femme de 76 ans a trouvé la mort. Ce n’est qu’après que l’Armée Indépendante Kachin se soit finalement retiré de la route stratégique de Kaihtik-Bhamo que les troupes birmanes sont parties.

    Cette attaque n’est toutefois que l’une des 12 qui ont été recensées au mois d’octobre entre les troupes de l’armée birmane et la Kachin Independence Army (KIA). Huit autres ont été menées par les militaires birmans contre des civils kachin.

    Pour Info Birmanie, le « gouvernement birman doit cesser immédiatement ses offensives militaires contre le peuple kachin et contre toutes les minorités ethniques. Il doit retirer ses troupes des zones de conflit ».

    Pour en savoir plus:

    www.kachinwomen.com


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