• Avant le vote de confiance, les frondeurs ne désarment pas

    Actualité > Politique > Avant le vote de confiance, les frondeurs ne désarment pas
    <article><header>

    Avant le vote de confiance, les frondeurs ne désarment pas

    Audrey Salor <time>Publié le 04-09-2014 à 20h31       </time>lien 

    Remontés par les annonces de ces derniers jours et confortés par leur succès à La Rochelle, les députés contestataires de la majorité penchent pour l’abstention lors du vote de confiance au nouveau gouvernement. Voire le vote contre…

    </header>
    L'hémicycle de l'Assemblée nationale, en octobre 2013. REVELLI-BEAUMONT/SIPA
    L'hémicycle de l'Assemblée nationale, en octobre 2013. REVELLI-BEAUMONT/SIPA
    <aside><section>
    •  
    </section></aside>

    Dans l’agenda du gouvernement, le prochain rendez-vous critique vient d’être inscrit à la page du 16 septembre. Ce mardi, le conseil des ministres a accordé son feu vert à Manuel Vallsqui engagera devant le Parlement, à l’issue d’une déclaration de politique générale, la responsabilité de son gouvernement renouvelé. L’occasion de mesurer une nouvelle fois, à l’heure où l’assise gouvernementale à l’Assemblée s’effrite, le poids des députés socialistes frondeurs. Qui ne cessent de réclamer, depuis la claque des municipales, la réorientation d’une politique économique jugée trop favorable aux entreprises.

    A la veille du dernier vote de confiance, le 8 avril, les 86 signataires du "contrat de majorité" répétaient à l’envi que leur vote n’était pas acquis. Faute d’avoir pu s’accorder sur une ligne majoritaire, seuls 11 d’entre eux s’étaient finalement abstenus. Trois semaines plus tard, la contestation avait pourtant essaimé dans les rangs : 41 socialistes n’avaient pas voté le plan d’économies.

    Salle comble à La Rochelle

    Abstentionniste en avril, le député des Français de l’étranger Pouria Amirshahi entend bien récidiver : "Les conditions ne sont pas remplies. Je n’accorde ni confiance ni bienveillance aux déclarations de ces derniers jours", explique-t-il. Ces deux dernières semaines, le limogeage d’Arnaud Montebourg du gouvernement, la nomination de l’ancien banquier Emmanuel Macron pour lui succéder à l’Economie et le rétropédalage sur l’encadrement des loyers, vécus par les frondeurs comme autant de "provocations", n’ont pas manqué de durcir leur positionnement. Les applaudissements nourris suscités par l’intervention de Valls à l’université du Medef et la volonté du ministre du Travail François Rebsamen de renforcer le contrôle des chômeurs n’ont rien arrangé.  Les frondeurs ont aussi remporté une victoire samedi aux universités d'été du PS de la Rochelle : leur réunion, qui a fait salle comble, a été marquée par la visite surprise de Christiane Taubira. 

    Résultat : "sauf avancée majeure", à laquelle il ne croit guère, le député du Morbihan Philippe Noguès, lui aussi abstentionniste lors du dernier vote de confiance, n’envisage pas lui non plus de revirement. "Le ressenti collectif est plutôt que les conditions de la confiance ne sont pas réunies", résume l’un des visages connus de la fronde, le député d’Indre-et-Loire Laurent Baumel. Les contestataires, désormais fédérés au sein du collectif "Vive la gauche", ont prévu de se réunir en début de semaine prochaine pour arrêter une position commune.

    "Au mieux, je m'abstiendrai"

    Certains d’entre eux brandissent d’ores et déjà la menace d’un vote contre. C’est le cas de Nathalie Chabanne (Pyrénées-Atlantiques) : "Au mieux je m’abstiendrai, mais je ne m’interdis rien", prévient l’élue, qui ne fait pas mystère de sa "colère" envers le gouvernement. Une option qui pourrait être synonyme d’exclusion du groupe. Mais l’avertissement ne semble même plus fonctionner : "Au bout d’un moment, quand vous ne pouvez pas faire entendre votre voix…"

    La fronde n’a en tous cas pas dissuadé Matignon : rien, dans la Constitution, n’obligeait Manuel Valls à poser la question de confiance au lendemain du remaniement. "C’était vraiment indispensable", juge toutefois un ministre, qui prédit du "tourment" dans les rangs centristes ce 16 septembre. "Je ne pense pas qu’ils s’abstiendront", pronostique-t-il.

    "Il ne cherche pas à détourner le débat"

    La question a fait débat jusque l'Elysée, à en croire un conseiller, qui lui n’y était pas favorable : éviter le vote aurait permis de ne pas  "dramatiser" une rentrée parlementaire déjà tourmentée. D’autant plus, rappelle-t-il, qu’engager la confiance du gouvernement oblige à convoquer le Sénat, - où le discours du Premier ministre ne sera pas mis au vote mais prononcé par le numéro deux du gouvernement.

    Or, la rentrée des sénateurs n’est prévue qu’au lendemain des sénatoriales, le 28 septembre. A l’heure où ces élections s’annoncent périlleuses pour la gauche, le patron du groupe socialiste Didier Guillaume devra s’assurer de la présence des troupes socialistes sur les bancs de la chambre haute en cette période de campagne. "Légende urbaine", balaye le sénateur vallsiste d’Alforville Luc Carvounas, pour qui il n’a jamais été question pour Valls de sauter l’étape de la question de confiance : "Ce n’est pas quelqu’un qui cherche à détourner le débat". Si le Premier ministre obtient approbation ce 16 septembre, un autre écueil ne tardera pas à surgir sur sa route : le vote à l'automne du budget 2015 augure déjà d’un nouveau bras de fer avec les frondeurs. 

    </article>

    Tags Tags :
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :