• Ces fleurons économiques qui passent sous pavillon étranger

    Ces fleurons économiques qui passent

    sous pavillon étranger

    Alstom, Alcatel, Lafarge et maintenant Norbert Dentressangle : les grands noms français font le bonheur des groupes américains, asiatiques ou européens. Et les services sont de plus en plus touchés par ces départs à l’étranger.

    Aujourd'hui 05:00 par Patrick Fluckiger , actualisé à 06:32 lien
    <figure class="mainImage"> Les 9000 camions du numéro un du transport routier seront repeints aux couleurs  de l’américain XPO.   Photo AFP <figcaption>Les 9000 camions du numéro un du transport routier seront repeints aux couleurs de l’américain XPO. Photo AFP</figcaption> </figure>
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    Encore un fleuron français qui passe sous pavillon étranger. Le rachat du transporteur Norbert Dentressangle par l’américain XPO Logistics fait suite à celui d’Alcatel-Lucent par le finlandais Nokia, au mariage du cimentier Lafarge et du suisse Holcim (sous prééminence zurichoise), à la vente des activités énergie d’Alstom à l’américain General Electric, à l’entrée du chinois Dongfeng dans le capital de Peugeot. N’en jetez plus ! Les grands noms de l’économie française passent, un à un, et plus ou moins totalement, sous contrôle étranger.

    La grande braderie ne date pas d’hier. En 1999, le pôle pharmaceutique de Rhône-Poulenc, le chimiste national, s’alliait avec l’allemand Hoechst pour créer Aventis (aujourd’hui devenu Sanofi après une nouvelle fusion). En 2003, le géant de l’aluminium Pechiney était racheté par le canadien Alcan, lui-même racheté trois années plus tard par l’anglo-australien Rio Tinto.

    En 2006, c’est la quasi-totalité de la sidérurgie française qui était préemptée par l’indien Mittal.

    L’emploi touché

    L’emploi a payé un lourd tribut à toutes ces acquisitions, à chaque fois présentées comme une façon de consolider le secteur. Et à chaque fois, le gouvernement français a dû assister, impuissant, à l’hémorragie. On se souvient de la fermeture de l’aciérie de Gandrange par Mittal en 2008 sous Nicolas Sarkozy et à la fermeture, par le même Mittal, des hauts-fourneaux de Florange en 2013 sous François Hollande.

    La corbeille de la mariée Alstom, présentée à l’été dernier sous un monceau de fleurs, s’est révélée presque vide à l’automne, quand la bise fut venue. Hormis ses actionnaires, qui ont empoché un pactole de 4 milliards d’euros, Alstom fait grise mine. Les « coentreprises » promises pour convaincre le gouvernement français – alors représenté par Arnaud Montebourg – sont toutes à majorité General Electric, qui nomme leurs dirigeants. Le nucléaire, dont Arnaud Montebourg avait fait une pierre d’achoppement, est même à 80 % entre les mains de l’Américain…

    Une fois de plus, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent… La puissance reste à ceux qui ont les capitaux.

    Le cas Renault

    La longue liste des prises de participations industrielles n’est certes pas à sens unique. Des français également, prennent des participations à l’étranger. C’est le cas de Renault qui a acquis 36,5 % des parts du Japonais Nissan en 1999, participation que le constructeur a portée au-delà de 40 % depuis. Mais il faut croire que l’industrie française avance avec des boulets aux deux pieds, puisqu’après avoir spectaculairement redressé Nissan qui était en quasi-faillite, Renault s’est fait dépasser par son partenaire en production, en ventes et en résultats. Si bien que le partenariat Renault-Nissan penche désormais vers le Japon malgré l’avantage capitalistique qui reste à Billancourt. Un bras de fer oppose aujourd’hui même Renault, qui tient son assemblée générale, à l’État français qui peine à faire appliquer les votes doubles prévus par la loi Florange au conseil d’administration du constructeur automobile.

    On saura ce soir si Emmanuel Macron sera plus persuasif que Nissan. Carlos Ghosn, le patron de Renault, sera de toute façon gagnant : il est également PDG de Nissan…

    L’industrie n’est plus le seul secteur qui fait des envieux au-delà des frontières hexagonales. Jusqu’à présent, le gouvernement a empêché Orange de vendre Dailymotion à des américains ou à des hongkongais, et SFR, racheté par Numericable, reste officiellement en France. Mais Altice, la maison mère, est basée à Luxembourg. Et c’est elle qui fait les choix stratégiques… et financiers.

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