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    Chine : le Tibet s'invite au congrès

     

    Par Arnaud de La Grange Mis à jour <time class="updated" datetime="11-11-2012T23:40:00+02:00;">le 11/11/2012 à 23:40</time> | publié <time datetime="11-11-2012T19:14:00+02:00;" pubdate="">le 11/11/2012 à 19:14</time> 

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    Jeudi dernier à Dharamsala, en Inde, des Tibétains en exil manifestent leur soutien aux moines qui se sont récemment immolés pour protester contre la domination chinoise.
    Jeudi dernier à Dharamsala, en Inde, des Tibétains en exil manifestent leur soutien aux moines qui se sont récemment immolés pour protester contre la domination chinoise. Crédits photo : Ashwini Bhatia/AP

    Depuis l'ouverture jeudi du congrès du Parti communiste à Pékin, sept Tibétains se sont immolés par le feu.

    Le dernier Tibétain à s'être donné la mort par les flammes est un jeune qui n'avait pas plus de 18 ans. Gonpo Tsering s'est immolé samedi devant un monastère de Hezuo, dans la province du Gansu. Et vendredi, des manifestations d'une ampleur sans précédent ont eu lieu à Tongren, dans la province du Qinghai. Des milliers de personnes, essentiellement de jeunes étudiants, ont protesté contre «l'oppression chinoise» et appelé au «retour du dalaï-lama».

    Un porte-parole du gouvernement tibétain en exil à Dharamsala, Lobsang Choedak, a confirmé à l'AFP que l'intensification du mouvement «vise à adresser un message fort au nouveau leadership». Les autorités redoutent par-dessus tout une immolation au cœur de Pékin, et des hommes équipés d'extincteurs sont déployés place Tiananmen, aux abords du Palais du peuple où sont réunis pour une semaine les délégués du 18e congrès du Parti communiste chinois (PCC).

    Ce sont désormais près de 70 Tibétains qui se sont immolés par le feu depuis mars 2011, dans une nouvelle stratégie désespérée de protestation devant laquelle le pouvoir chinois est bien démuni. Un délégué tibétain au congrès a réitéré la position de Pékin, qui accuse le dalaï-lama d'encourager les immolations, assimilées à du «terrorisme». «La clique du dalaï-lama sacrifie des vies pour parvenir à ses objectifs politiques cachés»,a déclaré Luosang Jiangcun. Pour Pékin, les dégâts sont importants. Quand des jeunes hommes d'une vingtaine d'années s'infligent un tel supplice, c'est que le niveau de désespoir atteint des sommets. Difficile alors de tenir l'habituel discours sur l'harmonie sociale. Et le sujet suscite toujours des remous internationaux.

    L'appel du dalaï-lama

    La semaine dernière, la Haut-Commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, Navi Pillay, s'est alarmée des «violences continuelles exercées à l'encontre de Tibétains cherchant à exercer leurs droits fondamentaux à la liberté d'expression, d'association et de religion». Elle a demandé que des experts de l'ONU puissent se rendre dans la région, à la grande irritation de Pékin. Au début du mois, c'est l'ambassadeur des États-Unis en Chine, Gary Locke, qui s'est rendu dans les zones tibétaines du Sichuan. À la suite de ce voyage, il a appelé Pékin à revoir sa politique tibétaine, qui conduit à des «restrictions, la violence et les immolations».

    La semaine dernière, le dalaï-lama a dit espérer que le futur président Xi Jinping réalisera «qu'il n'y a pas d'alternative à une réforme politique». S'il ne faut guère attendre de revirement brusque, les nouveaux dirigeants chinois devront sans doute imaginer une nouvelle politique des minorités. Jusqu'à présent, le tout-répressif allié au rouleau compresseur économique n'a pas été couronné de succès. Dans les zones tibétaines mais aussi au Xinjiang, la situation n'a cessé de se dégrader depuis plusieurs années.

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