• Coupe Davis : la démonstration du double permet d’y croire

    Coupe Davis : la démonstration du double permet d’y croire

    Jo-Wilfried Tsonga et Michaël Llodra ont préservé un infime espoir de qualification pour la finale de la Coupe Davis, en écrasant la paire Lopez-Verdasco (6/1, 6/2, 6/0), ce samedi sur la terre battue de Cordoue. Avant la dernière journée, les Bleus ne sont plus menés que deux points à un.

    Avant même le début de déculottée entrevu hier, ce double était la meilleure chance française du week-end. Tsonga et Llodra ne l'ont pas laissée passer. Survoltés (quel contraste avec Gasquet...), les deux compères bleus démarrent pied au plancher et s'acharnent sur Verdasco, volleyeur plutôt médiocre. Services de plomb, retours plongeants, smashes rageurs, tout y passe.

    Jo et Mika s'envolent dans une première manche que Tsonga assome de son imposante carrure. Privé de simple par un choix discutable de son capitaine Guy Forget, "Big Jo" est déchaîné. Il assène toutes ses frappes de mule avec l'énergie illimitée qu'on investit dans les causes désespérées. Car, après les deux défaites inaugurales, cette demi-finale en est une. Il cogne, il smashe, il intercepte au filet, il tire des coups improbables et mortifie les arènes de Cordoue. Cette farandole bleue a le don d'anesthésier le bruyant public espagnol, obligé de laisser les chants de supporteurs de l'équipe de France descendre des tribunes.

    Impressionnant, Tsonga va défier Nadal

    Un jeu tonitruant illuminé par quatre merveilles de retours de services enfonce un peu plus le duo de gauchers espagnols dès les premiers balbutiements du deuxième set. Lopez et Verdasco n'ont aucune solution face à la puissance de feu française. Leur présence au filet permet aux duettistes tricolores de contrer sans aucun mal les passings plongeants des lifteurs adverses et les mines déconfites des deux playboys illustrent parfaitement tout leur désarroi. Verdasco ne met pas une balle dans le court et Lopez, d'ordinaire si adroit à la volée, ne peut compenser les errements de son partenaire.

    Voir Tsonga carburer de la sorte, en double et sur terre battue, est renversant. Mais observer Llodra s'élever à sa hauteur est encore plus prodigieux. Leur envie, leur brio et leur hargne nous réconcilient avec le tennis, après les deux parodies de la veille. Contrer deux funambules qui voltigent est une mission totalement impossible pour les Espagnols, concassés par une supériorité qu'ils n'attendaient pas si évidente. Le troisième set est une apothéose, dans la droite ligne du début de rencontre. Dans un silence de cathédrale, Mika et Jo concluent par une roue de bicyclette un des plus beaux récitals joués par une paire française.

    La victoire, plutôt prévisible tant l'équipe de France a fait sienne la spécialité du tennis en couple, ne modifie pas la face des événements. Il faut toujours battre Nadal sur terre battue, puis l'inusable David Ferrer dans un cinquième match décisif. Seule la formidable performance de Jo-Wilfried Tsonga, qui sera propulsé dimanche face à Rafa, permet de maintenir en vie les espoirs les plus chimériques d'une victoire à laquelle personne n'osait plus croire.


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