• Crise à Air France : Valls affiche sa fermeté face aux « voyous »

    Crise à Air France : Valls affiche

    sa fermeté face aux « voyous »

    Le Monde.fr | 06.10.2015 à 16h53 • Mis à jour le 06.10.2015 à 16h56 | Par Bastien Bonnefous  

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    Sans hésiter, Manuel Valls a choisi son camp dans le conflit à Air France. A peine revenu de son voyage officiel au Japon – il a atterri à Paris à 4 heures du matin mardi 6 octobre – le premier ministre s’est rendu quelques heures plus tard au siège social de la compagnie aérienne à Roissy-en-France (Val-d’Oise). Avec un seul message à faire passer : son soutien total à la direction et la condamnation absolue des violences après l’agression de deux responsables lundi en marge de la réunion d’un comité central d’entreprise. Un message identique à celui de François Hollande , en déplacement au même moment au Havre, qui a condamné des violences « inacceptables ».

    Mais sur la méthode comme sur les mots choisis, Manuel Valls a fait du Valls. Le chef du gouvernement, en baisse dans les sondages et dans un faux plat politique depuis quelques semaines, a retrouvé son ton direct et sans concession qui a fait sa popularité auprès des Français.

    « Je suis venu ici à Air France parce qu’Air France est sous le choc et quand Air France est sous le choc, c’est toute la France qui est sous le choc »,a-t-il déclaré après avoir rencontré les deux dirigeants molestés. « Rien ne peut justifier de tels agissements. Ces agissements sont l’œuvre de voyous. La justice devra identifier ceux qui se sont livrés à cette violence inqualifiable. La violence est inadmissible dans notre société. Elle doit être condamnée et il faudra des sanctions lourdes à l’égard de ceux qui se sont livrés à de tels actes », a-t-il ajouté.

    « Cette image fait mal à notre pays »

    Pas un mot ce matin des 2 900 suppressions de postes envisagées par la direction, qui ont provoqué les débordements de lundi, ni pour les syndicats que le premier ministre n’a pas rencontrés. Manuel Valls a fait le choix exclusif de soutenir la direction d’Air France et les dirigeants victimes des violences à qui il a exprimé son « soutien », sa « solidarité » et son « affection ».

    Pour le chef du gouvernement, les difficultés sociales que connaît la compagnie aérienne ne peuvent en rien justifier les actions de lundi.« Quand on s’attaque physiquement à des hommes, qu’on cherche à les humilier, avec une foule, ça n’a rien à voir avec la difficulté que connaît une entreprise », a-t-il déclaré, alors que son directeur adjoint de cabinet à Matignon doit devenir prochainement directeur des ressources humaines d’Air France.

    Il faudra attendre l’après-midi et la séance de questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, pour que le premier ministre prenne la défense des « corps intermédiaires », alors que les images de l’agression lundi ont fait le tour du monde médiatique« cette image fait mal à notre pays », a-t-il précisé – et que l’affaire a pris en France une dimension politique.

    Mardi matin, lors d’une réunion des députés Les Républicains, Nicolas Sarkozy a accusé d’inaction le gouvernement, mêlant les événements d’Air France mais également le mouvement de grève des médecins et la fusillade au cours de laquelle un policier a été grièvement blessé en Seine-Saint-Denis lundi.

    « C’est la chienlit, c’est le délitement de l’Etat », a déclaré l’ancien président de la République, reprenant l’expression du général de Gaulle lors des manifestations de mai 1968.« Ces mots-là sont des mots dangereux », lui a répondu Manuel Valls devant l’Assemblée nationale.


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