• Découverte d'un lointain cousin des hominidés

    Découverte d'un lointain cousin des hominidés 

    Par Marc Mennessier Publié <time datetime="21-09-2011T10:23:00+02:00;" pubdate="">le 21/09/2011 à 10:23 </time>

    Le crâne présenté au Muséum national d'histoire naturelle de Paris le 19 septembre.
    Le crâne présenté au Muséum national d'histoire naturelle de Paris le 19 septembre. Crédits photo : JACQUES DEMARTHON/AFP

    Le crâne fossile d'un grand singe vieux de 20 millions d'années mis au jour en Ouganda. 

    L'histoire de notre lignée recèle encore de vastes zones d'ombre. C'est le cas notamment pour toute la période qui a précédé la bifurcation entre la branche des hominidés et celle des grands singes (gorilles, chimpanzés, orang-outang) où le manque de fossiles laisse les paléontologues dans le flou. D'où l'importance de la découverte, cet été, du crâne quasi complet et parfaitement bien conservé d'un grand singe vieux de 19 à 20 millions d'années sur les flancs du volcan Napak, au nord-est de l'Ouganda.

    Certes, l'équipe franco-ougandaise dirigée par Brigitte Senut et Martin Pickford, paléontologues au Muséum national d'histoire naturelle de Paris (MNHN), avait déjà trouvé des fragments épars de ce singe arboricole appartenant à l'espèce Ugandapithecus major. Mais, c'est la première fois, depuis vingt-cinq ans qu'ils sillonnent cette région reculée d'Afrique orientale où pas moins de 25 sites fossilifères ont été répertoriés, qu'ils mettent la main sur un tel trophée.

    «On sait qu'il s'agit d'un jeune adulte mâle, car ses canines sont déjà fortes et ses molaires, toutes sorties, ne sont pas encore usées», a indiqué Brigitte Senut, cette semaine, devant l'amphithéâtre comble de la galerie de paléontologie du Muséum. Sa dentition est comparable à celle des gorilles actuels, mais son crâne a grosso modo la taille de celui d'un chimpanzé.

    Au moment où il a été fossilisé par la lave crachée par le Napak, cet Ugandapithecus vivait dans un environnement tropical humide et fortement boisé, comme en attestent les nombreux fossiles de faune (oiseaux, crocodiles, écureuils volants, cochons et très nombreux escargots) et de flore trouvés à proximité.

    À la recherche du squelette complet 

    Selon Martin Pickford, il vivait «bien avant la bifurcation entre les grands singes actuels et les êtres humains», survenue selon lui, entre - 10 et - 12 millions d'années, mais que d'autres paléontologues situent à une époque plus récente. Ce fossile ne devrait donc pas révolutionner les connaissances sur l'émergence de l'être humain, mais l'étude de son crâne sera riche d'enseignements sur la période qui a précédé cette bifurcation et sur la manière dont certains caractères se sont ou non transmis par la suite à d'autres espèces de singes, voire d'australopithèques : taille du cerveau rapportée à celle du corps, forme des orbites et de la cavité nasale ou encore spécificités de son alimentation, etc.

    Déjà, les chercheurs ont pu constater que le crâne présentait des creux caractéristiques que l'on retrouve chez les orangs-outangs modernes et d'autres grands singes eurasiatiques aujourd'hui disparus, mais pas chez les chimpanzés ou les gorilles.

    En outre, Brigitte Senut espère bien retrouver prochainement le squelette complet de ce spécimen dans la lave du désormais célèbre gisement «Napak XV». «Le site est tellement riche qu'il y a encore du travail pour cinquante ans, si ce n'est plus !», a -t-elle confié en espérant pouvoir retourner fouiller en janvier-février 2012. À condition d'obtenir le financement…


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