• Deux mutuelles dénoncent un recul de l'accès à la contraception et à l'IVG

    Deux mutuelles dénoncent un recul de l'accès à la contraception et à l'IVG

    LEMONDE.FR avec AFP | 18.10.11 | 19h11   •  Mis à jour le 18.10.11 | 21h10

    Une patiente consulte au centre de planification et d'éducation familiale à l'Institut Alfred-Fournier.

    Une patiente consulte au centre de planification et d'éducation familiale à l'Institut Alfred-Fournier.AFP/JACQUES DEMARTHON

    La LMDE, mutuelle nationale étudiante, et la Mutuelle générale de l'éducation nationale, la MGEN, ont lancé mardi 18 octobre un appel aux pouvoirs publics pour les alerter sur la pauvreté des moyens mis à disposition des femmes en matière de contraception et d'avortement.

    Soutenu par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français et la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale, cet appel a été signé par plusieurs personnalités publiques, dont la philosophe Elisabeth Badinter, l'actrice Isabelle Carré, l'essayiste Caroline Fourest, l'avocate Gisèle Halimi ou le gynécologue Israël Nisand.

    "De trop nombreux centres de planification ferment, les interruptions volontaires de grossesse (IVG) concernent de plus en plus les jeunes filles, l'assurance-maladie prend insuffisamment en charge les contraceptifs, l'éducation sexuelle n'est que trop rarement enseignée à l'école", déplorent les deux mutuelles. "Il y a des droits mais la question de l'accès réel aux droits demeure posée", a déploré Thierry Beaudet, président de la MGEN.

    "15 000 IVG par an chez les mineures et 100 000 chez les moins de 25 ans, ce sont de mauvais résultats pour notre pays", a de son côté souligné le professeur Nisand, qui doit remettre prochainement au gouvernement un rapport sur la contraception et l'avortement des jeunes filles. "Le politique a pris le pas sur la santé, a-t-il aussi regretté, avant d'ajouter : On hésite à prendre des décisions qui s'imposent, comme la gratuité et la confidentialité pour la contraception."

    PRÉVENTION ET SUIVI

    La LMDE et la MGEN demandent aux pouvoirs publics de "développer des programmes de prévention à tous les âges de la vie". Elles souhaitent aussi obtenir la garantie d'un "suivi gynécologique à toutes les femmes", grâce à la présence de praticiens assurant ce suivi sur tout le territoire sans dépassement d'honoraires ou l'organisation de consultations gratuites.

    Elles demandent aux pouvoirs publics de "garantir la gratuité de l'ensemble des moyens de contraception disponibles" et de "défendre le droit à l'avortement sur tout le territoire" via l'accès à des structures de proximité "capables de prendre en charge les femmes dans les délais prévus par la loi".

    Trente-cinq ans après la loi Veil, l'accès à l'IVG et à la contraception est encore problématique, alertent régulièrement associations et spécialistes. Selon un sondage MGEN-LMDE réalisé par Opinion Way, une femme sur cinq ne bénéficie d'aucun suivi gynécologique régulier. Les trois quarts des femmes âgées de 16 à 60 ans (et les deux tiers de l'échantillon représentatif) sont sous contraceptif – la pilule pour près de la moitié d'entre elles. Elles n'utilisent dans leur très grande majorité qu'un seul moyen de contraception. Par ailleurs, 16 % des femmes interrogées déclarent avoir déjà eu recours à l'IVG.

     

    Les faits Légère augmentation des accouchements sous X en France


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :