Le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, surnommé prix Nobel d’économie, a été attribué lundi 12 octobre à l’Américano-Britannique Angus Deaton. Agé de 69 ans, ce professeur à l’université américaine de Princeton (New Jersey) a été primé “pour son analyse de la consommation, de la pauvreté et du bien-être”.

“Pour élaborer des politiques économiques qui promeuvent le bien-être et réduisent la pauvreté, nous devons d’abord comprendre les choix de consommation individuels”, explique le jury, dont le communiqué est cité par The New York Times. “Plus que quiconque, Angus Deaton a amélioré cette compréhension. En liant des choix individuels précis et des résultats globaux, ses travaux ont contribué à transformer les champs de la microéconomie, de la macroéconomie et de l’économie du développement.”
 

Les théories imparfaites de l’économie

A la différence des autres prix Nobel, celui d’économie ne trouve pas son origine dans le testament rédigé par Alfred Nobel en 1895 ; il a été créé en 1968, pour célébrer le 300e anniversaire de la Banque de Suède. En 2014, il avait récompensé les travaux du Français Jean Tirole.
 


Comme chaque année, la remise de cette distinction est aujourd’hui l’occasion pour certains d’en contester la pertinence. “Il y a sept ans, pratiquement tous les économistes relevant du courant dominant n’ont pas vu venir la crise financière mondiale. Et pourtant, ce lundi, on continue à glorifier l’économie en tant que science, et à la mettre ainsi sur un pied d’égalité avec la physique, la chimie et la médecine”, s’emporte le journaliste et anthropologue néerlandais Joris Luyendijk, dans les colonnes du Guardian.

Le problème, selon lui, n’est pas qu’il existe un prix Nobel d’économie, mais qu’il n’en existe pas pour la psychologie, la sociologie ou l’anthropologie, “ce qui laisse entendre que l’économie est non pas une science sociale, mais une science exacte. Cela crée l’illusion que le travail des économistes n’est pas de construire des théories intrinsèquement imparfaites, mais consiste à découvrir des vérités éternelles.”
 

Pascale Bo