• Egypte : les Frères musulmans en conflit avec l'armée sur la Constitution

    Egypte : les Frères musulmans en conflit avec l'armée sur la Constitution

    LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 08.12.11 | 17h40   •  Mis à jour le 08.12.11 | 18h32

    Les Frères musulmans, dont le parti est arrivé en tête de la première phase des législatives égyptiennes, sont entrés en conflit, jeudi 8 décembre, avec l'armée au pouvoir, accusée de vouloir contrôler la rédaction de la future Constitution au détriment d'un Parlement en passe d'être dominé par les islamistes.

    Les Frères musulmans ont déclaré qu'ils boycotteraient les travaux d'un conseil créé par les dirigeants militaires pour superviser l'élaboration de la Constitution. Ils disent craindre que cet organe consultatif, composé d'intellectuels et de personnalités politiques, n'usurpe l'autorité du nouveau Parlement et ne s'installe à demeure dans les institutions.

    >> Lire "Le 'printemps arabe', les islamistes et les autres"

    Ils dénoncent les propos rapportés par la presse d'un membre du conseil militaire au pouvoir, le général Mokhtar el-Moulla, affirmant que le futur Parlement ne "serait pas représentatif de tous les Egyptiens". Le général, dans ces déclarations à des journaux anglo-saxons très commentées en Egypte, estime en conséquence qu'il ne faut pas laisser aux seuls parlementaires le soin de composer la commission qui rédigera la Constitution.

    MARGINALISATION DU PARLEMENT

    Le gouvernement, de fait sous la tutelle du conseil militaire au pouvoir, et le futur conseil consultatif, interlocuteur de l'armée, auront aussi leur mot à dire, a-t-il assuré. Les Frères musulmans dénoncent une tentative de marginalisation d'un Parlement dominé par les formations islamistes.

    >> Lire "Les islamistes au défi du pouvoir"

    L'armée, qui a pris les rênes du pays en février après le départ du pouvoir du président Hosni Moubarak, devait dévoiler officiellement jeudi la composition du conseil.

    De source proche du dossier, on déclare que si sa mission se révélait concluante, son mandat pourrait être prolongé au-delà du transfert du pouvoir par l'armée à un président civil, prévu à la mi-2012. "Si cet organisme réussit à résoudre des problèmes du pays, il pourrait devenir une commission nationale de défense et demeurer au-delà de l'élection d'un président", dit-on.

    L'Egypte après Moubarak

    Une affiche électorale du parti salafiste Al-Nour devant une église du Caire, le 4 décembre 2011. Les faits Début du deuxième tour des législatives égyptiennes


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :