• Élections en Pologne : la droite conserve la majorité

    Élections en Pologne : la droite conserve la majorité

    Par Arielle Thedrel Mis à jour <time class="updated" datetime="09-10-2011T21:51:00+02:00;">le 09/10/2011 à 21:51 | publié <time datetime="07-10-2011T14:31:00+02:00;" pubdate="">le 07/10/2011 à 14:31</time></time>

    Le conservateur Jaroslaw Kaczynski et le libéral Donald Tusk.
    Le conservateur Jaroslaw Kaczynski et le libéral Donald Tusk. Crédits photo : Alik Keplicz/AP/JANEK SKARZYNSKI/AFP

    La coalition des libéraux de la Plateforme civique (PO) du premier ministre Donald Tusk et du parti paysan PSL au pouvoir en Pologne remporte les législatives.

    De notre envoyée spéciale à Varsovie

    Les Polonais votaient ce dimanche pour des élections législatives qui devraient offrir à la Plate-forme civique (PO), parti de la droite libérale au pouvoir, un nouveau mandat de 4 ans. Des sondages sortis des urnes allaient dans ce sens. Les résultats définitifs sont attendus dans la nuit.

    Sept partis étaient en lice, mais une fois de plus, tout se joue entre les deux formations qui monopolisent depuis 2005 la scène politique polonaise: les libéraux de la PO du premier ministre, Donald Tusk, et les conservateurs du parti Droit et justice (PIS) de Jaroslaw Kaczynski.

    Les indicateurs économiques étant pour la plupart au beau fixe, le débat politique a eu tendance à ronronner. Et les Polonais, invités donc à renouveler leur Parlement, risquaient du même coup de bouder les urnes. La participation sera le principal enjeu de ce scrutin. À en croire les instituts de sondage, elle devrait tourner autour de 40%. Il faut dire que la campagne électorale a été soporifique. Jaroslaw Kaczynski a mis en sourdine son tempérament agressif et ses invectives contre le «cabinet du drapeau blanc» de Donald Tusk.

    Aides massives de l'UE

    Les théories du complot, les diatribes eurosceptiques, les croisades anticorruption ou anticommuniste sont passées de mode. La Pologne s'étant «normalisée», le PIS a dû se recentrer.   Son chef s'efforce de ne plus faire peur. Un visage conciliant qui s'était révélé payant lors de la présidentielle de l'an dernier, où, contre toute attente, Jaroslaw Kaczynski avait réalisé un score inversement proportionnel à son impopularité  . «Et puisqu'il n'y a plus de méchant dans la course, les électeurs n'ont guère motif à se mobiliser», explique le politologue Pawel Swieboda. Une forte abstention serait une aubaine pour le PIS et ses bataillons d'électeurs disciplinés.

    De quoi parle-t-on alors? Épargnée jusqu'ici par la crise financière qui ébranle l'Europe, la Pologne se demande combien de temps encore elle pourra rester une «île verte» et quel parti sera le plus compétent pour maintenir une croissance (4% cette année) qui doit beaucoup aux aides massives de l'Union européenne. En théorie, c'est la PO, les Polonais n'ayant pas oublié à quel point les foucades nationalistes de Jaroslaw Kaczynski et de son frère, Lech, mort dans le crash de Smolensk en avril 2010, avaient décrédibilisé la Pologne en Europe. Sauf que pour se maintenir à flot, le gouvernement de Donald Tusk a préféré botter en touche. Les réformes de fond, douloureuses et impopulaires, sont restées au placard. «La décade d'or est derrière nous, poursuit Pawel Swieboda, et nous percevons déjà les premiers symptômes d'un ralentissement économique avec la chute des exportations et de la consommation.» Et puis il y a les inégalités sociales et les emplois précaires. Les jeunes, qui votaient jusqu'ici pour les libéraux ou la gauche, se disent aujourd'hui indécis, voire enclins à soutenir le PIS, habile à dénoncer les «contrats poubelles» qui leur sont de plus en plus souvent proposés.

    Faux pas

    La PO a mesuré le danger. Donald Tusk a pris son bâton de pèlerin. Trois semaines durant, il a sillonné la Pologne à bord d'un autobus pour parler aux électeurs. Le président Komorowski, de son côté, n'a pas raté une occasion d'inviter les Polonais à aller voter.

    À en croire les sondages, très fluctuants, le duel entre les deux frères ennemis de la droite polonaise s'annonce serré. Le faux pas, cette semaine, de Jaroslaw Kaczynski est pain bénit pour les libéraux. Dans un livre intitulé La Pologne de nos rêves, le patron du PIS, incapable de refréner une germanophobie obsessionnelle, a suscité une levée de boucliers en accusant Angela Merkel de vouloir «la soumission» de la Pologne.

    Quel que soit le vainqueur, il a peu de chance d'obtenir une majorité absolue. Ce qui jouerait en faveur des libéraux, davantage en mesure de trouver des alliés pour former un gouvernement de coalition.

    Nul n'exclut que le PIS crée la surprise en arrivant en tête des législatives. Ce retour en grâce friserait cependant le paradoxe historique. Car, sept ans après l'adhésion à l'UE, le visage de la société polonaise s'est profondément transformé. Un processus de modernisation illustré notamment par l'activisme des femmes dans la vie publique.

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