• Elections locales en Espagne: vers des alliances inévitables

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    Elections locales en Espagne:

    vers des alliances inévitables

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    Crédits photo : Andres Kudacki/AP

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    La droite reste en tête au niveau national mais sans dégager de majorité absolue dans les territoires où se sont déroulées, ce dimanche, les élections municipales et régionales. Les nouveaux partis de gauche et du centre sont désormais incontournables pour gouverner.

    La pire claque depuis plus de vingt ans. Selon les premières estimations, la droite remporte les élections régionales et municipales en Espagne, mais avec le pire score de son histoire depuis 1991, avec seulement 26% des voix. Elle devance d'un cheveu le Parti socialiste PSOE (25,5%), Podemos qui fait une percée à 20% et le nouveau parti centriste Ciudadanos (10%).

    Les listes issues du mouvement des «indignés» étaient donnés vainqueurs au coude-à-coude avec les conservateurs dans les deux bastions de Madrid et Barcelone. Aucun parti ne s'approchait toutefois de la majorité absolue dans la capitale et la deuxième ville d'Espagne, ce qui laisse prévoir des tractations délicates entre conseillers municipaux, chargés d'élire le maire. La liste de l'ancienne juge «rouge», Manuela Carmena, 71 ans, Ahora Madrid, soutenue par plusieurs formations très à gauche dont la jeune Podemos, arriverait en tête à Madrid, avec 20 à 23 élus, selon une enquête de TNS Demoscopia. Esperanza Aguirre, du Parti populaire (PP, droite), dont la capitale est un fief depuis 1991, la talonne cependant avec 19 à 22 sièges. Les socialistes seraient relégués à la troisième place.

    A Barcelone, une liste électorale emmenée par la militante anti-expulsions Ada Colau et comprenant également Podemos, «Barcelone en commun», arrive en tête avec 10 à 12 élus. Leur leader, Ada Colaua déclaré vouloir «être le prochain maire de Barcelone». Des négociations vont démarrer, car la candidate du Parti populaire (conservateur) affirme être majoritaire avec le soutien des socialistes.

    Ces élections pourraient signer la fin du bipartisme

    Les Espagnols ont voté ce dimanche lors d'élections régionales et municipales qui pourraient redessiner le paysage politique national, dominé par la droite, avec l'arrivée de nouveaux partis et d'une génération d'Indignés. «C'est la première fois que nous votons avec enthousiasme», avait ainsi dit Eva Quintas, 32 ans, venue déposer un bulletin pour l'antilibéral Podemos dans le centre de Madrid, près de l'Opéra, avec son compagnon Juan Raigada, de 33 ans, patron d'une PME spécialisée dans les jeux vidéo.Dans le quartier très huppé jouxtant le grand parc du Retiro, c'était au contraire la «peur de la gauche radicale», qui dominait selon Paco, vendeur de journaux écoutant avec une neutralité feinte les commentaires des électeurs quittant un bureau de vote proche.

    Mariano Rajoy (Parti populaire, droite) s'est impliqué à fond dans la campagne, tout comme Pedro Sanchez, secrétaire général du Parti socialiste (PSOE). Les deux grands partis de gouvernement espagnols espèraient éviter une correction sévère, alors que le mot d'ordre pour beaucoup dimanche était «botar» (chasser d'un coup de pied) plutôt que «votar» (voter).

    Selon les sondages, les élections de dimanche pourraient signer la fin du bipartisme entre PP et PSOE en place depuis 1982, au profit d'un «système à l'italienne» où les alliances seront inévitables. Après presque six ans de crise, l'Espagne 2.0 pourrait commencer à les délaisser «pour la nouvelle politique» incarnée par Podemos, allié du parti grec Syriza ou Ciudadanos, de centre-droit, formations fondées par des trentenaires, le professeur de Sciences Politiques Pablo Iglesias (956.000 followers sur Twitter, soit 150.000 de plus que Rajoy) et l'avocat Albert Rivera.

    Les plaies ouvertes par la crise ne sont pas encore pansées

    35 millions d'électeurs - sur 46,5 millions d'habitants - étaient appelés aux urnes et une forte hausse du vote des jeunes, attirés par ces partis, est attendue. Ils devront renouveler 13 des 17 parlements régionaux. L'hégémonie de la droite y est forte: elle tient 13 communautés autonomes. Les électeurs devront aussi choisir 8.122 maires, à commencer par ceux de Madrid, Barcelone et Valence, les trois plus grandes villes, dirigées par le Parti populaire (Madrid et Valence) ou des nationalistes conservateurs (Barcelone).

    Ces élections interviennent après une crise ayant entraîné des traumatismes qui n'ont pas encore été effacés, en dépit de la reprise amorcée en 2014 (+1,4%).Des milliers de jeunes ont émigré pour fuir le chômage touchant la moitié d'entre eux et encore 23,7% de la population active. Le tout dans un climat délétère alimenté par d'innombrables affaires de corruption en pleine cure d'austérité. D'où les difficultés du PP à convaincre du risque posé par les «expérimentations» de Ciudadanos, se posant en parti libéral et social-democrate, ou Podemos, qualifié par le PP de formation «bolchévique» qui détruira les «libertés». «Sortez dans la rue, sortez du jet privé, sortez de votre quartier de luxe et regardez la réalité de ce pays, M. Rajoy», a harangué Pablo Iglesias lors de son dernier meeting, promettant de défendre le droits au logement, la santé, l'éducation et la lutte contre la corruption. Albert Rivera a lui appelé dimanche au vote après une campagne qu'il avait jugée «historique».

     
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