• En 2015, un migrant meurt toutes les deux heures en moyenne en Méditerranée

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    En 2015, un migrant meurt toutes les deux heures

    en moyenne, en Méditerranée

    Le Monde.fr | <time datetime="2015-04-20T18:21:33+02:00" itemprop="datePublished">20.04.2015 à 18h21</time> • Mis à jour le <time datetime="2015-04-20T19:14:51+02:00" itemprop="dateModified">20.04.2015 à 19h14</time> | Par


    Comprendre l'immigration clandestine en une carte par lemondefr
     

    Jusqu'au printemps 2015, le drame de Lampedusa d'octobre 2013 – au cours duquel 366 migrants avaient trouvé la mort –, demeurait la plus grande tragédie migratoire de la Méditerranée de ce début du XXIe siècle.

    La disparition d'au moins 700 personnes lors du naufrage d'un chalutier, ce week-end, à laquelle s'ajoute celle d'au moins 400 migrants lors d'un autre naufrage le 12 avril, fait craindre une tragédie bien pire encore : « une hécatombe jamais vue en Méditerranée », selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Les chiffres, cinglants, lui donnent raison.

    Lire : « On ne peut pas faire comme si chaque tragédie allait être la dernière »

    1 600C'est le nombre de migrants portés disparus en mer Méditerranée depuis le 1er janvier 2015, sur les 35 000 arrivés par bateau dans le sud de l'Europe, selon les estimations du HCR.

    1600, c'est donc aussi le nombre de morts qui pourrait avoir été atteint en l'espace de seulement quatre mois – déjà 900 morts recensés depuis le début de l'année, auxquels pourraient s'ajouter les quelque 700 disparus du naufrage de ce week-end –, contre à peu près 90 lors de la même période de l'année dernière. Soit environ, depuis le 1er janvier 2015, 400 morts par mois et, en moyenne, un mort toutes les deux heures si ce bilan se confirme.

    « Si les chiffres sont confirmés, cela porterait à plus de 1 500 le nombre de migrants qui se sont noyés dans les eaux entre la Libye et l'Italie depuis le début de l'année », note, elle aussi, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Un « chiffre par défaut » qui devrait encore s'alourdir en fonction de l'évolution des bilans – pour l'heure, le bilan officiel du naufrage du 19 avril est de 24 morts et 28 rescapés, selon les gardes-côtes italiens.

    Au tiers de l'année 2015, c'est donc presque la moitié du nombre de morts recensés sur l'ensemble de l'année 2014 – 3 500 morts sur les 219 000 réfugiés et migrants ayant traversé la Méditerranée, selon le HCR –, qui pourrait avoir été atteinte. En 2014, on parlait déjà d'un nombre record de migrants morts en Méditerranée : c'était alors déjà quatre fois plus qu'en 2013, six fois plus qu'en 2012, et le double de 2011 – l'année des « printemps arabes ».

     

    22 000 C'est le nombre de migrants qui seraient morts en tentant de gagner l'Europe depuis 2000, principalement en traversant la Méditerranée, selon les estimations d'un rapport de l'OIM sur les mouvements de migration dans le monde, soit une moyenne de 1 500 morts par an, comme le note le site d'information Slate.

    21 191 C'est le nombre de migrants arrivés sur les côtes italiennes depuis le 1er janvier 2015, d'après les estimations de l'OIM au 17 avril – un bilan qui ne prend pas en compte les arrivées qui pourraient faire suite au naufrage du 19 avril.

    A titre de comparaison, au 30 avril 2014, le nombre total d'arrivées s'élevait à 26 644, d'après les données fournies par le ministère de l'intérieur italien. Quant au nombre d'arrivées sur toute l'année 2014, il est estimé à 170 000. Chaque jour, entre 500 et 1 000 personnes sont récupérées par les garde-côtes italiens ou des navires marchands.

    150 000 C'est, au moins, le nombre de personnes qu'a permis de secourir l'opération « Mare Nostrum » entre octobre 2013 et octobre 2014, selon la marine italienne, soit plus de 400 personnes par jour en moyenne. L'opération militaro-humanitaire lancée par l'Italie pour surveiller vingt-quatre heures sur vingt-quatre la Méditerranée a aussi permis d'arrêter 351 passeurs.

    3 millions C'est le budget mensuel, en euros, de l'opération « Triton », lancée le 1er novembre 2014 après la fin de « Mare Nostrum ». La durée de l'opération, qui n'a pas été définie, dépend essentiellement du budget alloué à l'Agence de contrôle des frontières extérieures de l'Europe (Frontex) en 2015 : à hauteur de 114 millions d'euros (soit environ 9,5 millions d'euros par mois, l'équivalent du budget mensuel alloué à la seule opération « Mare Nostrum », de 9 millions d'euros par mois), il demeure modeste.

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    Les différences entre les opérations "Mare Nostrum" et "Triton". </figure>

    2 510 000 C'est la superficie en kilomètres carrés de la mer Méditerranée. « Nous ne pouvons pas oublier que la Méditerranée est immense [...], on ne peut pas contrôler et surveiller absolument toutes les zones où l'on peut éventuellement avoir des migrants et tenter d'éviter des tragédies », a déclaré lundi 20 avril le directeur adjoint de Frontex, Gil Arias.

    Au rang des solutions pour éviter les naufrages de migrants, ce dernier a dit envisager l'ouverture de « nouvelles voies d'immigration légale » pour les personnes fuyant les conflits.

    5 C'est le nombre d'Etats de l'Union européenne – l'Italie, l'Allemagne, la France, la Suède et le Royaume-Uni –, sur vingt-huit, qui acceptent d'accorder l'asile politique aux migrants.

    « Cinq sur vingt-huit… Le fardeau doit être mieux réparti. En Italie, nous sommes submergés, et il n'y a même plus de place dans les cimetières de Sicile pour ensevelir les morts », a déclaré au Monde le secrétaire aux affaires européennes, Sandro Gozi.

    Lire l'analyse (en édition abonnés) : L’Europe démunie face aux naufrages en Méditerranée

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