• Fécamp : Exister n'a pas fini de vivre

    Fécamp : Exister n'a pas fini de vivre

    Publié le lundi 12 décembre 2011 à 07H59

    FECAMP. L'association Exister voit ses bilans sociaux s'alourdir d'année en année. Avec quelques variantes qui définissent la morosité du climat économique.

    L'association ne cesse de voir ses statistiques enregistrer des hausses, parfois vertigineuses, dans sa fréquentation et notamment dans les batailles juridiques qui opposent salariés et entreprises de tous secteurs

    L'association ne cesse de voir ses statistiques enregistrer des hausses, parfois vertigineuses, dans sa fréquentation et notamment dans les batailles juridiques qui opposent salariés et entreprises de tous secteurs

     

    Un chiffre, celui du nombre de dossiers ou de « cas » traités cette année dans les bureaux de l'association Exister, résume à lui seul l'état du climat social dans la ville : 5 531… contre 4 877 en 2010. Soit près de 14 % d'augmentation en moins de douze mois.
    « L'accélération des réformes tous azimuts induit une multitude de difficultés quotidiennes pour le privé d'emploi ou pour la famille en situation précaire. » Jean-Claude Bunel, salarié de l'association en charge d'aider les privés d'emploi, voit quotidiennement ces familles, ces couples, ces esseulés, franchir la porte du local de la rue du Grand-Moulin, souvent guidés ici par les partenaires sociaux.


    L'action en justice explose


    « Les problèmes ne diffèrent pas, ce sont les comportements qui évoluent », poursuit Jean-Claude. « Si certains baissent les bras, par fatalité, il y a celles qui veulent se sortir de la galère quotidienne. Car, et c'est un phénomène qui prend un envol cette année, les mères de familles deviennent les plus sensibles à la situation de leur foyer, avec cette farouche volonté de se battre. Car ce sont elles qui généralement tiennent les cordons d'une bourse familiale en grande précarité. Elle représentent maintenant 53 % de nos visiteurs en quête d'information, de soutien. »
    Et puis, l'activité juridique ne désemplit pas, avec une augmentation ici, depuis Fécamp, de 36 %, d'actions en direction des tribunaux, notamment dans le bâtiment (16,6 %) et dans le commerce (14 %) ou la restauration (10 %). « La concurrence économique nous amène aussi à croiser de plus en plus de salariés du secteur du transport », remarque également Jean-Claude Bunel.


    Quel pouvoir d'achat…


    « Avec, dans un grand nombre de cas traités (tous secteurs confondus), le harcèlement moral au travail qui ne cesse de s'amplifier », poursuit notre interlocuteur. « Tout comme le nombre de ruptures conventionnelles de contrats de travail », s'inquiète le représentant de l'association. « Et quand on sait que pour se défendre, la loi impose maintenant aux salariés 35 € de frais de dossiers alors que le conseil prud'homal le plus proche est au Havre, on voit déjà bien des démarches finir aux oubliettes… »
    Face à un bassin d'emploi touché à hauteur de 12 % par le chômage, l'association ne baisse pour autant pas les bras. « La preuve, notre atelier informatique/Internet regorge de monde ! »
    Avec, enfin, une augmentation globale de 10 % du nombre de ses adhésions, Exister a encore, malheureusement, de l'ouvrage en perspective. « Le constat est terrible », conclut Jean-Claude. « Car pour beaucoup, le mot pouvoir d'achat est largement dépassé par le seuil de pauvreté ! »
    O. G.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :