• François Hollande et la pause fiscale : une énième faillite de la parole présidentielle

     

    François Hollande et la pause fiscale : une énième faillite de la parole présidentielle

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    FIGAROVOX/TRIBUNE - Interrogé sur TF1 la semaine dernière, le président de la République a promis qu'il n'y aura plus «d'impôt supplémentaire pour qui que ce soit à partir de l'année prochaine». Eric Woerth et la Boîte à idées de l'UMP ne sont pas convaincus.

     
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    Eric Woerth, député UMP de l'Oise et ancien ministre du Budget et le groupe «Economie & Finances publiques» de la Boîte à idées cosignent cette tribune.


    Lors de l'émission «Face aux Français» diffusée sur TF1 le jeudi 6 novembre dernier, le Président de la République a annoncé la fin des hausses d'impôts. «A partir de l'année prochaine il n'y aura pas d'impôt supplémentaire pour qui que ce soit», s'est-il engagé, la main sur le cœur. Ce nouveau coup de la «pause fiscale» est un symbole de plus de la faillite de la parole présidentielle, laquelle rejaillit sur l'ensemble de la classe politique qu'elle contribue à enfoncer dans le discrédit aux yeux de nos concitoyens.

    La parole présidentielle sur les questions fiscales est décrédibilisée à plus d'un titre.

    D'abord parce que cet appel à la pause fiscale apparaît comme un virage à 180° pour celui qui avait annoncé pendant sa campagne qu'il allait réhabiliter l'impôt en France. Ce «non à l'impôt!» était bien loin quand la grande réforme fiscale promise s'est résumée à augmenter la fiscalité sur les heures supplémentaires, et à alourdir considérablement la fiscalité du capital quand tant d'autres pays appliquent avec justesse une fiscalité différenciée sur ce type de revenu.

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    Tout cela, François Hollande le sait, lui qui est un connaisseur reconnue de la chose fiscale. La légèreté de sa promesse de la pause fiscale n'en est que plus grave. Elle annonce l'amertume des renoncements à venir, lesquels auront pourtant été prévisibles.

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    Ensuite, parce que le coup de la pause nous a déjà été fait l'année dernière et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'a pas vraiment été suivi d'effets avec, au choix, 6,5 Md€ d'impôts sur le revenu supplémentaires en 2014, ou encore la hausse de la TVA au 1er janvier de la même année. A tel point que le président n'a rien trouvé de mieux que de renvoyer avec courage la précédente promesse sur le dos de son Premier ministre d'alors, Jean-Marc Ayrault, comme si quelqu'un pouvait croire que de telles décisions ne sont pas concertées entre les deux têtes de l'exécutif.

    Faillites passées, donc, mais également à venir. Car on peut déjà annoncer sans risquer de se tromper que cette promesse ne sera pas tenue. Taxe d'habitation sur les résidences secondaires, prix du diésel: les hausses sont déjà prévues dans les projets de lois de finances, qui entreront en vigueur dans les derniers jours de décembre. Mais même sans cela, la parole présidentielle n'aura pas pour effet de priver les collectivités locales de leur pouvoir de voter des hausses de taux des impôts locaux: la pause ne touchera donc certainement pas la taxe d'habitation, les taxes foncières, la cotisation foncière des entreprises, les droits de mutation… Il y a même fort à parier que nos collectivités chercheront à récupérer d'une main ce que l'Etat s'apprête à leur prendre d'une autre, avec la baisse des dotations qui devrait être votée dans ces mêmes lois financières.

    Annoncer ce que l'on sait ne pouvoir tenir: où est la sincérité de la parole politique?

    Et que dira le Président de la République si comme c'est probable la croissance économique ne revient pas, et qu'il y aura toujours ces déficits à combler en 2015, en 2016 ou en 2017, non pas pour le plaisir de l'austérité, mais parce que nous avons des engagements européens et une responsabilité vis à vis de nos partenaires avec qui nous partageons une monnaie unique?

    Tout cela, François Hollande le sait, lui qui est un connaisseur reconnue de la chose fiscale. La légèreté de sa promesse de la pause fiscale n'en est que plus grave. Elle annonce l'amertume des renoncements à venir, lesquels auront pourtant été prévisibles. Et c'est la parole politique, et la démocratie, qui seront les perdantes dans l'affaire.


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