• Fraude à la chaussette : un an de prison avec sursis pour Georges Garcia

    Fraude à la chaussette : un an de prison avec sursis pour Georges Garcia

    Midi Libre
    22/12/2011, 06 h 00 | Mis à jour le 22/12/2011, 08 h 31
    Georges Garcia avait été surpris avec des bulletins dans ses chaussettes.
    Georges Garcia avait été surpris avec des bulletins dans ses chaussettes. (AFP)

    Le principal prévenu écope aussi d’une amende de 3 000 € pour soustraction de bulletins lors des municipales de 2008.

    Le tribunal correctionnel a condamné hier un partisan de l’ancien maire UMP de Perpignan Jean-Paul Alduy à un an de prison avec sursis, dans la retentissante affaire de la "fraude à la chaussette" qui avait provoqué l’annulation des municipales de mars 2008.

    Le tribunal, qui est allé très au-delà des réquisitions contre Georges Garcia, a en revanche relaxé l’autre prévenue, Marie-Madeleine Tjoyas, numéro deux de la liste Alduy aux municipales.

    M. Garcia, frère d’un colistier de M. Alduy, maire sortant, présidait un bureau de vote au second tour des municipales. Il avait été trouvé porteur d’enveloppes et de bulletins au nom de M. Alduy dissimulés dans ses chaussettes et ses poches. Il a en outre été condamné à 3 000 € d’amende et trois ans de privation des droits civiques pour "soustraction de bulletins de vote". M. Garcia était également poursuivi, comme Mme Tjoyas, pour avoir ajouté des paraphes sur la liste d’émargement. Tous deux ont été relaxés pour ces imitations de signatures.

    Me Valérie Bosc-Bertou : "Un honnête citoyen qui a commis une erreur"

    A l’audience, le 1er  décembre, le procureur Achille Kiriakides avait requis quatre mois de prison avec sursis contre M. Garcia. Il s’était prononcé pour la relaxe concernant les imitations de signatures considérant que les résultats des expertises d’écriture "n’étaient pas probants". M. Garcia a été condamné à verser un euro de dommages et intérêts pour le préjudice moral subi par chacun des candidats parties civiles.

    Mme Amiel-Donat a été déboutée de sa demande de 48 000 € de dommages financiers pour les frais de la seconde campagne qui avait dû être menée en 2009, après l’annulation du scrutin. La liste de M. Alduy avait remporté ces élections de seulement 574 voix contre la liste union de gauche-MoDem.

    Mais la révélation de la tricherie avait soulevé l’indignation et les chaussettes étaient devenues le signe de ralliement des manifestants réclamant la démission du sénateur-maire Alduy et la tenue de nouvelles élections. La justice administrative avait effectivement annulé les municipales. La liste UMP avait remporté les nouvelles élections organisées en 2009, et M. Alduy avait été réélu maire.

    L’avocate de M. Garcia, M e Valérie Bosc-Bertou, a estimé que celui-ci ne devrait pas faire appel du jugement rendu hier. "C’est un honnête citoyen qui a commis une erreur", a-t-elle déclaré. A l’audience, M. Garcia avait nié toute intention de frauder. Il avait reconnu avoir voulu soustraire des enveloppes, mais avait assuré que c’était pour "faire coïncider le nombre de bulletins et celui des noms sur la liste d’émargement". Les opposants à M. Alduy avaient mis en cause lors du procès un "système" politique.

    "Gâchis !"

    Jean-Paul Alduy, élu maire à l’issue des élections de 2008, note surtout dans ce jugement la relaxe de Marie- Madeleine Tjoyas, numéro deux de sa liste. "Nous pouvons tous aujourd’hui prendre la mesure de l’insupportable manipulation où j’étais la cible et Perpignan la victime (...). Aujourd’hui je veux dire à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à cette manipulation médiatique, et fabriqué sans preuves “l’affaire des chaussettes” : quel gâchis !"


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