• Injustice fiscale : pour Mélenchon,

    la France est « en 1788 »

    Le Monde.fr avec AFP | <time datetime="2013-12-01T00:48:11+01:00" itemprop="datePublished">01.12.2013 à 00h48</time> • Mis à jour le <time datetime="2013-12-01T18:32:02+01:00" itemprop="dateModified">01.12.2013 à 18h32</time>

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    Manifestation du Parti de Gauche, dimanche 1er décemnre, à Paris.

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    Face à l'injustice fiscale, « nous sommes en 1788 », estime Jean-Luc Mélenchon dans une interview publiée dimanche 1er décembre dans Le Parisien – jour où le Front de gauche organise à Paris une marche pour « une révolution fiscale ».

    Les organisateurs de la marche du Front de gauche ont annoncé avoir rassemblé 100 000 manifestants. Après avoir indiqué qu'elle ne donnerait pas de chiffres, la préfecture de police a finalement indiqué que les manifestants étaient 7 000.

    Le cortège, parti peu après 14 heures de la place d'Italie, s'est achevé vers 16 heures à proximité du ministère des finances à Bercy, alors que commençait un meeting avec notamment Jean-Luc Mélenchon et le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent.

    La tête du défilé était arrivée à Bercy à 15 h 15, tandis que la queue de la manifestation se trouvait encore gare d'Austerlitz, à près d'un kilomètre de là.

    Le coprésident du Parti de gauche réclame en premier lieu « l'abolition de la hausse de la TVA en janvier ». Selon lui, « les gens ne se méfient pas, car le chef de l'Etat les a embrouillés avec le taux à 20 %. Il ne leur a pas parlé du taux qui va passer de 5,5 à 10 % pour un tas de petites choses de la vie quotidienne. L'augmentation de la TVA va coûter en moyenne 428 euros par an pour une famille de quatre personnes. Cela va porter sur les médicaments non remboursables, les maisons de retraite, la consommation d'électricité, les transports ».

    « La France est en 1788 », déclare Jean-Luc Mélenchon, en référence à l'année précédant la Révolution française.

    « Le système de l'impôt est rejeté par tout le monde car tous savent qu'il protège les privilégiés fortunés. Pourtant, il n'y a pas d'alternative : sans impôt, il n'y a plus d'Etat ». « Il faut donc établir un impôt universel et juste. Et abolir les privilèges. Tous les efforts reposent sur la classe moyenne. Les très riches et les très grandes entreprises ne contribuent pas à la hauteur de leurs moyens. Au contraire, ils se servent à pleines mains », juge le député européen.

    UNE MARCHE POUR RÉPONDRE À « L'EXASPÉRATION »

    Dimanche, le Front de gauche appelle à une manifestation visant à « donner un contenu positif à l'exaspération » et « au ras-le-bol de l'injustice fiscale ». « Que ce ne soit pas le tout et n'importe quoi qu'on a vu en Bretagne, avec des ouvriers en train de manifester avec leurs patrons pour aller ficher le feu à des portiques d'une taxe qui ne s'applique pas, tout ça pour masquer le fait que ces mêmes patrons sont en train de les licencier et ont abusé de tous les avantages de l'agroalimentaire et de l'agriculture productiviste pendant des années », a-t-il déclaré mardi au micro de RMC.

    Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot et Lutte ouvrière (LO) ont appelé à rejoindre la manifestation. « Il est grand temps que convergent les luttes contre l'austérité, pour une fiscalité anticapitaliste contre l'écotaxe et la hausse de la TVA, pour l'interdiction des licenciements et l'arrêt des expulsions des sans-papiers », estime le NPA. « Les agriculteurs, les camionneurs et de nombreuses catégories sociales ont récemment exprimé leur colère contre la politique gouvernementale. Mais les salariés, qui sont les principales victimes de l'austérité et du chômage, n'ont jusqu'ici pas fait entendre leur voix », fait valoir LO.

    « LE RÉVEIL DE LA MOBILISATION À GAUCHE »

    Dans un entretien au Journal du dimanche, Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, affirme de son côté « sentir grandir le réveil de la mobilisation à gauche ». « Le peuple de gauche est en train de passer du sentiment d'impuissance qu'avait provoqué le renoncement gouvernemental à un nouvel état d'esprit de mobilisation », assure-t-il.

    Sur la marche organisée dimanche, le sénateur de Paris explique que « les dizaines de milliers de participants que nous allons réunir doivent être un tremplin pour imposer un débat plus large. La marche est une étape utile, mais nous voulons nous engager dans un processus beaucoup plus durable avec l'écriture citoyenne de la nouvelle réforme fiscale. D'où notre proposition de construire des états généraux pour la justice fiscale. » Pour le patron du PCF, « il faut renverser ce système fiscal où l'essentiel des recettes pèse sur les salariés modestes ». « L'annulation de la TVA, l'impôt le plus injuste, serait un premier pas », estime-t-il.

    Les présidents de groupes communistes seront reçus lundi à Matignon. A cettte occasion, M. Laurent indique qu'ils proposeront « les grands axes d'une réforme fiscale. Elle portera sur la reconstruction d'un impôt sur le revenu réellement progressif, la taxation du capital, un programme de lutte contre l'évasion fiscale ainsi que sur la remise à plat de toutes les exonérations fiscales existantes. »


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    Municipales à Paris : les adhérents du PCF choisissent l'union avec le PS

    Lilian ALEMAGNA<time datetime="2013-10-19T22:39:07" itemprop="datePublished"> 19 octobre 2013 à 22:39 </time>
    <aside class="tool-bar"> </aside><figure>Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent vendredi 13 septembre 2013 lors de l'inauguration du stand Front de Gauche à la Fête de l'Humanité.<figcaption>

    Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent vendredi 13 septembre 2013 lors de l'inauguration du stand Front de Gauche à la Fête de l'Humanité. (Photo Laurent Troude pour Libération.)

    </figcaption></figure></header>
    RÉCIT

    Ce ne devait être qu'un simple vote militant. Local. Une simple parenthèse dans la vie du Front de gauche. Mais à force de dramatiser le choix des communistes parisiens pour les élections municipales de mars, Jean-Luc Mélenchon et le Parti de gauche (PG) ont réussi à faire du vote des adhérents PCF dans la capitale un nouveau chapitre national de la crise au Front de gauche.

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    Car cette fois-ci, ce ne sont pas seulement les cadres et le premier d'entre-eux, Pierre Laurent, qui ont choisi de repartir dès le 1er tour avec le Parti socialiste. Après un vote de trois jours, les militants ont décidé à 57% (670 voix) de reconduire la même stratégie qu'en 2001 et 2008, contre 43% (500 voix) pour une alliance Front de gauche. C'est, certes, moins que le vote de la direction fédérale il y a 10 jours (67%) mais assez clair pour partir sur des listes communes avec Anne Hidalgo dans les vingt arrondissements parisiens.

    Selon l'accord signé avec la tête de liste socialiste, ce choix garantit notamment 13 postes de conseillers de Paris (contre 8 aujourd'hui) et 32 conseillers d'arrondissement. Un «exemple» considéré comme «désastreux» par Jean-Luc Mélenchon il y a une semaine devant ses cadres réunis en convention à Clermont-Ferrand...

    En conférence ce samedi soir, le secrétaire fédéral du PCF de Paris, Igor Zamichei, a appelé le député européen à «respecter» le choix de ses camarades. «Jean-Luc Mélenchon est conscient de l'enjeu du Front de gauche, a-t-il expliqué. Le Front de gauche sans le PG ce n'est pas le Front de gauche. Le Front de gauche sans le PCF, ce n'est pas le Front de gauche. Nous ne réduisons pas le Front de gauche à une stratégie d'autonomie électorale.» Pour ce proche de Pierre Laurent, «c'est un choix de raison par rapport à un territoire donné […] pas un choix absolu». Donc pour les européennes qui suivront deux mois après, les communistes comptent remettre l'étiquette «Front de gauche» sur leurs tracts et affiches et faire cause commune avec ceux qu'ils auront affrontés en campagne municipale... Difficile schizophrénie.

    Mais à s'opposer au PS au plan national, le PCF ne prend-t-il pas le risque, en s'alliant avec des socialistes au plan local, de manquer de «clarté» comme le critique Mélenchon ? «C'est le PS qui n'a pas la même stratégie à l'échelle nationale et à l'échelle de Paris», répond Ian Brossat, patron des communistes au conseil de Paris. Dans la capitale, estime-t-il, «nous sommes entendus». Contrairement au «niveau national», le PS «a compris ici que pour gagner, il avait besoin de rassembler», défend Brossat, précisant que depuis 2012, pourtant membre de la majorité de Bertrand Delanoë, les communistes ne se sont pas privé de «critiquer le gouvernement». Il promet aux siens une «liberté de parole et d'action». Et pas question au PCF d'acter l'explosion du Front de gauche: «Le Front de gauche n'est pas mort à Paris, a insisté Zamichei. Le choix concerne l'échéance municipale et non pas l'ensemble des échéances».

    Première satisfaite de ce choix, Anne Hidalgo a salué des adhérents PCF «qui viennent, par leur vote, de prolonger et d’amplifier la dynamique de rassemblement et d’action de l’union de la gauche à Paris». En revanche, Danielle Simonnet, chef de file du PG à Paris, a déploré une «erreur politique, contraire à la cohérence du Front de Gauche». «Sans doute que le poids mis dans ce choix du secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a été trop lourd pour permettre aux partisans communistes d’une liste Front de gauche de l’emporter», a-t-elle expliqué dans un communiqué, assurant qu'il y aurait «malgré le vote du PCF, au premier tour», une «liste Front de Gauche à Paris» : la sienne.

    A mettre autant la pression sur les communistes, Mélenchon a aussi pu pousser certains militants hésitants vers l'accord PS. Dans ce tête-à-tête avec le PG récurrent dans les rapports de force au sein du Front de gauche, il n'était pas question de mettre en difficulté leur propre patron, Pierre Laurent. Mais l'ex-candidat à la présidentielle voulait-il vraiment d'un vote Front de gauche des communistes? Ne préfère-t-il pas faire la démonstration avec Danielle Simonnet que le PG, accompagné d'autres micro-forces du Front de gauche, peut faire un résultat sans les communistes et leur appareil? Quant aux communistes, l'engagement de Laurent prouve que le PCF compte bien réorienter la stratégie nationale du Front de gauche et ne pas laisser le seul Mélenchon attaquer de front le PS dans les médias.

     

    Lilian ALEMAGNA

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    Simonnet (PG) : «Cette volte-face de la direction du PCF est incompréhensible»

    Recueilli par Laura Fernandez Rodriguez<time datetime="2013-10-10T16:05:27" itemprop="datePublished"> 10 octobre 2013 à 16:05 </time>
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    INTERVIEW

    Danielle Simonnet, conseillère de Paris et candidate tête de liste du Parti de gauche pour les élections municipales, déplore la stratégie du PCF qui se dirige de plus en plus vers l’union avec le PS dès le premier tour aux municipales.

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    Hier, 67% du conseil départemental du PCF de Paris s’est exprimé en faveur d’une alliance avec le Parti socialiste dès le premier tour pour les prochaines municipales. Pierre Laurent, patron du PCF, déclare dans le Parisien «partager cette proposition». Craignez-vous pour l’avenir du Front de gauche ?

    Danielle Simonnet, en 2011.Cette volte-face de Pierre Laurent est pour moi assez incompréhensible et opportuniste. Décider que le PCF quitte le FDG à Paris, et fasse l’inverse à Marseille ? Cette décision me consterne. Mais je continue d’espérer que les militants communistes se prononceront pour leur poursuite dans le Front de gauche à Paris.

    Avez-vous bon espoir quant à l’issue de ce vote, qui aura lieu les 17, 18 et 19 octobre prochains ?

    Je n’ai pas de boule de cristal. Mais depuis ce matin je reçois des SMS de militants communistes qui me disent «ne lâche pas, Danielle». J’ai croisé des militants communistes effondrés, qui ne comprenennt pas pourquoi ils ne pourraient pas être autonomes sur Paris, alors que sur Marseille ils vont l’être. Cette situation est très grave. On ne peut pas dénoncer les politiques d’austérité, la casse des retraites, la rentrée catastrophique avec la réforme des rythmes scolaires, et faire alliance avec le PS. Car il y a une cohérence complète entre les politiques menées au gouvernement, les soumissions à l'austérité au niveau municipal, et les orientations de la candidate PS Anne Hidalgo. Nous devons rester unis et cohérents dans les urnes. Dans les quartiers populaires parisiens, il y a un très fort mécontentement : si on n’en est pas le réceptacle et le débouché, qui le sera ?

    Vous pensez au Front national ?

    En premier lieu, c’est l’abstention qui va en être l’énorme réceptacle. Et elle va permettre la surreprésentation du score du Front national, comme cela a été le cas à Brignoles. Il faut tirer les enseignements de cette élection partielle : le PS et ceux qui y sont associés s’effondrent. Le FN se présente comme la force en tête, grâce à l’abstention. Mais ils ne se préoccupent pas des acquis sociaux. Les députés FN étaient absents lors du vote sur la loi des retraites, ils n’ont pas voté ! Mais à Paris, le FN reste faible.

    Dans l’hypothèse où vous partiriez seule, ne craignez-vous pas qu’une dispersion de l’électorat de gauche ne fasse le jeu du FN ?

    Nous ne sommes pas seuls. Sept composantes sur les neuf que compte le Front de gauche souhaitent participer à des listes autonomes. Je n’exclus pas une grande surprise dans ce scrutin, au vu de la dynamique que nous lançons. Il est possible que le périmètre de rassemblement évolue vers un front plus large, un front du peuple. Ce sera à chacun de choisir en conscience, et pour les communistes, de savoir dans quel camp ils souhaitent agir. Si nous n’arrivons pas en tête, nous aurons à défaut rassemblé les nôtres, en restant libres sur nos choix politiques, sans aucune muselière.

    Vous pensez aux écologistes ?

    Je fais allusion à ceux qui participent à ce gouvernement. Je suis sûre que les militants communistes refuseront de prendre les mêmes muselières que les ministres d’EE-LV.

    Ne craignez-vous pas que certains militants communistes votent pour une alliance avec le PS par peur de votre posture trop anti-PS sur le plan national ?

    Pierre Laurent, lors de son discours à la fête de l’Humanité, était tout aussi dur que nous vis-à-vis de la politique nationale menée par le PS. Pour ma part, je continuerai à mettre en garde les socialistes sur leur stratégie d’explosion du FDG, et sur leur surenchère sécuritaire anti-Roms. A jouer la divison de la gauche et du peuple, à démissionner de la question sociale, ils risquent de provoquer de graves conséquences pour la démocratie et la République. Pas un jour ne se passe dans ma campagne sans que des personnes ne me parlent des Roms. Voilà le climat nauséabond qu’ils encouragent, comme s’ils étaient responsables de la spéculation immobilière, de la destruction des emplois... Ils encouragent à rendre victorieuse l’hégémonie culturelle des idées racistes. Ils jouent avec le feu.

    Au vu de la stratégie du PCF à Paris, les discussions sont donc interrompues ?

    Pas toutes. Mais nous avons interrompu celle sur la constitution des listes parce que nous estimons qu’elle ne pourra avoir lieu qu’une fois que les composantes auront tranché en faveur de la stratégie. Nous refusons de participer à un comparatif d’offres où le Front de gauche serait le lot de consolation, au cas où l’accord avec le Parti socialiste ne marcherait pas. Une seule composante ne peut s'autoriser à faire valoir le score de tout le FDG pour négocier pour elle-même, et provoquer une rupture en quittant la stratégie du Front de gauche. En cas d'accord politique sur la stratégie, je n'ai aucun doute que nous parviendrons à constituer des listes.

    Cette posture du PCF met-elle en péril le Front de gauche pour les prochaines élections européennes ?

    Il est très difficile de savoir ce qu’il va se passer. Pierre Laurent dit qu’en aucun cas cela ne remet en cause la bataille commune pour les européennes. Aujourd'hui la discussion n'a pas encore eu lieu dans mon parti ni dans le Front de gauche. Moi je dis qu'il y aura  un avant et un après le vote des militants communistes.

    Que dites-vous aux militants du Parti communiste français qui devront voter dans quelques jours ?

    J’espère que vous restaurerez la cohérence politique du PCF au sein du Front de gauche à Paris. Faites un vote de conviction, pour poursuivre la belle aventure commune.

    Recueilli par Laura Fernandez Rodriguez

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  • <article class="article article_normal" itemscope="" itemtype="http://schema.org/NewsArticle">

    Mélenchon dénonce l'"escroquerie"

    du front républicain

    Le Monde.fr avec AFP | <time datetime="2013-06-24T17:52:26+02:00" itemprop="datePublished">24.06.2013 à 17h52</time> • Mis à jour le <time datetime="2013-06-24T18:02:18+02:00" itemprop="dateModified">24.06.2013 à 18h02</time>

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    <figure class="illustration_haut"> Le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, le 2 juin à Perpignan. </figure>

    Le débat continue autour du front républicain, lundi 24 juin, au lendemain du deuxième tour de la législative partielle à Villeneuve-sur-Lot qui a vu le score du candidat FN monter jusqu'à 46,24 %. Face à ce score élevé, certaines voix s'élèvent pour dénoncer l'inefficacité de la stratégie qui consiste à appeler les électeurs à voter non pas pour un candidat, mais contre celui du Front national.

    Avec 53,76 % des voix pour Jean-Louis Costes (UMP) contre 46,24 % pour Etienne Bousquet-Cassagne (FN), "on a l'impression de voir les résultats d'un duel classique droite-gauche", fait remarquer Yves-Marie Cann, de l'institut de sondages CSA.

    Lire : L'UMP remet en question l'efficacité du front républicain face au FN

    Il y a quelques années encore, le Front national stagnait entre les deux tours même en cas de duel, comme Jean-Marie Le Pen qui avait plafonné à 18 % face à Jacques Chirac à la présidentielle de 2002. A l'époque, les candidats Front national "avaient zéro réserve de voix pour le second tour", remarque un autre politologue, Emmanuel Rivière (TNS Sofres). 

    Or, dimanche, M. Bousquet-Cassagne a progressé de 7 095 voix entre les deux tours. Et ce, malgré l'appel du premier secrétaire du PS, Harlem Désir, à faire "barrage au candidat du Front national" après l'élimination du candidat socialiste au premier tour, un discours repris par François Hollande et Jean-Marc Ayrault.

     "ESCROQUERIE" ET "TRAQUENARD"

    Dès l'annonce des résultats, dimanche soir, la présidente du Front national a affirmé que "le soi-disant 'front républicain' [était] mort". Marine Le Pen a estimé que la "progression spectaculaire entre les deux tours" du candidat de son parti "montre que l'UMPS n'arrive plus à mobiliser son électorat pour empêcher le Front national de gagner des suffrages".

     Le coprésident du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, a quant à lui jugé, lundi, que le front républicain n'avait "aucun sens" et était une "escroquerie" qui sertobliger les gens à faire des choses qu'ils n'ont pas envie de faire". Nous sommes "sommés de voter, ou socialiste ce qui ne sert strictement à rien, puisque c'est leur politique qui fournit le terreau du Front national, ou bien pour l'UMP, qui est la copie conforme du Front national", a-t-il ajouté, considérant que cette absence de choix était un "traquenard politique permanent".

    Lire aussi : Villeneuve-sur-Lot : Cela doit nous inciter à déterminer d'urgence une stratégie collective pour combattre le FN

    Interrogé par France Info, lundi, le patron des députés UMP, Christian Jacob, a également critiqué une stratégie qui n'apportait pas "une réponse politique durable" à la montée du parti d'extrême droite, taclant au passage la politique menée par le gouvernement.

    Même le fondateur de l'UMP, Alain Juppé, a affirmé, dimanche sur BFM-TV, qu'il n'était "pas sûr" que faire ainsi barrage au FN soit "une bonne idée". "Je me demande même si ça n'alimente pas, d'une certaine manière, la propagande du Front national qui veut mettre l'UMP et le PS dans le même sac – le 'tous pourris' – pour s'en dissocier".

    Sur Twitter, l'ancienne ministre Valérie Pécresse annonçait quant à elle, dimanche, la mort du "'front républicain' des socialistes".

    Autant de critiques qui viennent appuyer la stratégie du "ni-ni" (ni FN, ni front républicain) de Jean-François Copé, pour qui le vote républicain "ne repose sur aucune réalité", le report de voix des électeurs socialistes ne suivant pas forcément les instructions du parti.

    "On peut faire l'hypothèse que beaucoup d'électeurs de gauche ont refusé de choisir entre l'UMP et le Front national", avance ainsi le politologue Brice Teinturier, donnant des arguments aux anti-front républicain.

    Rachida Dati, députée européenne UMP, jugeait elle aussi la stratégie vaine, tout en affirmant que le résultat de Villeneuve-sur-Lot devait pousser la droite à se remettre en question.

    "Les appels au front républicain ont été vains [...] car ce n'est ni un programme ni une ambition pour la France ! C'est un moyen cynique de ne pas assumer ses échecs [...]. Le FN ne serait rien si nous avions un projet crédible, audible et incarné. [...] Nous avons un travail urgent à faire à droite."

    UN "COMBAT POLITIQUE"

    Malgré tout, la stratégie de barrage garde des défenseurs. Avec en première ligne, le premier ministre, Jean-Marc Ayrault qui l'a défendue, lundi, appelant l'UMP à "clarifier sa position" pour les prochaines élections municipales. Selon lui, "l'appel que le PS avait, à juste titre, lancé pour empêcher l'élection d'un député Front national a été entendu". "Il faut continuer à combattre" ce que représentent le parti d'extrême droite et ses idées, a-t-il ajouté, avant d'interroger l'UMP, qui "se proclame aujourd'hui la droite décomplexée", sur "les bornes qu'il ne faut pas franchir".

    Lire : Contre le FN, le front républicain s'impose

    Le porte-parole du Parti socialiste, David Assouline, va plus loin. Selon lui, le candidat UMP n'a gagné "qu'avec les voix de citoyens de gauche". "Sans cet appel, sans ce combat politique de la gauche, c'est le Front national qui aurait été élu ce matin et nous serions là à commenter cette victoire", a insisté M. Assouline, lundi.

    A droite, François Fillon a adopté, dès dimanche, une autre stratégie que son ancien rival Jean-François Copé. Adressant dans un communiqué, ses "félicitations chaleureuses" à Jean-Louis Costes, il a souligné que sa "victoire vient aussi récompenser le rassemblement des électeurs autour d'un socle commun de valeurs face aux extrêmes". Selon lui, "le score élevé du Front national traduit le désarroi de nombreux Français" face à la politique menée par le président François Hollande, mais est "aussi un avertissement pour l'opposition".

    </article>

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  • Mélenchon: «Kerviel est innocent»

    Créé le 20/06/2013 à 19h41 -- Mis à jour le 20/06/2013 à 20h08
    Jean-Luc Melenchon le 2 juin 2013 lors d'une manifestation à Paris
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    Jean-Luc Melenchon le 2 juin 2013 lors d'une manifestation à Paris Raymond Roig AFP

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    Paris - Le coprésident du Parti de Gauche Jean-Luc Mélenchon a estimé jeudi que Jérôme Kerviel était innocent, alors que l'ex-trader de la Société Générale se présente jeudi 4 juillet devant les prud'hommes pour contester son licenciement pour faute lourde.

    Jérôme Kerviel demande 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts à la banque qui l'a licencié en 2008, une somme égale au montant des dommages et intérêts qu'il doit lui verser.

    «Je m’engage aux côtés de la défense de ce salarié pas comme les autres. Kerviel est innocent, telle est ma conviction», a dit M. Mélenchon dans un communiqué, précisant, dans son blog que l'ancien trader est victime «d'une organisation toute puissante qui combine les moyens d’une banque et ceux de l’État».

    La banque a connaissance que les agissements de M. Kerviel «sont connus et couverts», «compte tenu des gains qu'elle encaisse», ces derniers étant «tant de fois supérieurs à la moyenne des autres traders», a argumenté l'ancien candidat à la présidentielle, qui a fait de la lutte contre la finance un de ses chevaux de bataille.

    Et de s'interroger: «Si la banque a menti, Madame Lagarde alors ministre des Finances devra dire pourquoi elle a accepté en 2008 de verser à la banque 1,7 milliard d'euros de dédommagement, sans discuter, ni vérifier la véracité de la perte, et en dépit des notifications de la commission chargée de la surveillance bancaire», a ajouté M. Mélenchon.

    Selon lui, l'affaire Kerviel est guidée «par le besoin de recevoir un versement de l’État dans un cadre légal ordinaire. Pour cela tout se tient», a-t-il affirmé, poursuivant: «Il faut que Kerviel soit un fou et un manipulateur» pour que «la banque puisse dire qu’elle ne pouvait savoir ce qui se passait et donc qu'elle peut avoir droit au versement par l’État de 1,7 milliard».

    Le co-président du Parti de Gauche a reconnu que cette prise de position en faveur de l'ex-trader pouvait «soulever de l'incompréhension et peut-être des reproches venant de (s)on camp».

    Il a assuré agir «par conviction à propos de l’idée» qu'il se fait d'un «comportement civique responsable».

     

    © 2013 AFP

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