• Grèce : accord à point sur la dette

    Grèce : accord à point sur la dette

    Vittorio DE FILIPPIS 20 février 2015 à 22:06 (Mis à jour : 20 février 2015 à 22:08)

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    Le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem et le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis  le 17 février 2015 à Bruxelles

     Le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem et le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis le 17 février 2015 à Bruxelles (Photo Emmanuel Dunand. AFP)

    RECIT

    Les ministres des Finances de la zone euro sont parvenus vendredi à un projet commun avec Athènes.

    Un accord a finalement été trouvé vendredi soir entre les représentants de la zone euro et Athènes sur l’extension du programme de financement de la Grèce, après d’intenses négociations à Bruxelles. «Il y a un accord sur un texte», ont annoncé deux sources européennes, à l’issue d’une réunion de l’Eurogroupe, la troisième en dix jours. Le vice-président de la Commission européenne en charge de l’Euro, Valdis Dombrovskis, l’a confirmé via Twitter, précisant qu’Athènes doit présenter «une liste complète de mesures de réforme».

    Vertueux.Obtenu au prix de nouvelles concessions de la part d’Athènes, ce compromis permettrait d’assurer la survie financière de la Grèce pour les quatre mois à venir et son maintien dans la zone euro.

    Le décor de la pièce qui se joue depuis plusieurs jours entre la Grèce et les pays de la zone euro, qui a donné lieu donné lieu a un ultime bras de fer, est désormais bien planté. D’un côté, un gouvernement grec qui, fort de la légitimité acquise par les urnes, bombait le torse, déclarant que l’Europe allait voir ce qu’elle allait voir - soit une mise à mort des politiques d’ajustement budgétaire et un nouveau rapport de force avec les puissances dominantes de l’Europe, au premier plan desquelles l’Allemagne, considérée comme le maître d’œuvre des politiques austéritaires infligées aux Grecs.

    De l’autre, des pays de la zone euro majoritairement emportés par l’Allemagne, élève vertueux de la classe Europe, et qui disait «nein», cent fois «nein», aux exigences d’Athènes. Totalement inconciliables au départ, les positions ont donc fini par se rapprocher.

    Du côté grec, le gouvernement a fait un premier pas important, jeudi, en acceptant de demander une «extension» de l’accord d’assistance financière que la zone euro le sommait d’accepter avant la fin de la semaine en échange de la poursuite du versement des 240 milliards d’euros de prêt. Athènes s’est dit par ailleurs disposé à accepter la «supervision» de l’UE, de la BCE et du FMI, et s’est engagé à s’abstenir de «toute action unilatérale» qui saperait ses objectifs budgétaires. La reddition n’était toutefois pas complète, puisqu’Athènes réclamait toujours une certaine «flexibilité» lui permettant de revenir sur les mesures d’austérité les plus douloureuses.

    Une demande ambiguë en forme de «cheval de Troie», a d’abord jugé l’Allemagne, qui laissait une «immense liberté d’interprétation» et ne garantissait en rien qu’Athènes respecterait les conditions de ses prêts actuels. Après avoir dans un premier temps sèchement rejeté la demande grecque, l’Allemagne a tempéré sa position, vendredi. La demande grecque «n’est pas encore suffisante», expliquait dans la matinée une porte-parole d’Angela Merkel, mais doit être «le point de départ pour d’autres discussions». L’espoir d’un accord renaissait.

    «On avance».Pour aboutir à un compromis, d’intenses tractations ont eu lieu avant la réunion de l’Eurogroupe qui allait débuter avec plus de trois heures de retard. Une médiation a été menée par la zone euro, le FMI et la Commission européenne avec les ministres allemand et grec des Finances, Wolfgang Schäuble et Yanis Varoufakis, dont l’inimitié est palpable. Les discussions sont «compliquées», reconnaissait dans la journéee le patron de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, la mine déconfite. «Il y a des raisons d’être optimiste, mais c’est très difficile», alors que le programme de financement de la Grèce devait expirer dans huit jours.

    Athènes a donc désormais jusqu’à lundi pour envoyer une liste des mesures mises en œuvre d’ici la fin du plan d’aide international. Ce projet «inclut des éléments qui doivent clarifier» ses engagements d’après une source.

    Athènes a donc accepté d’aller bien plus loin qu’elle ne l’entendait au début des négociations, entamées il y a dix jours. «On avance», tweetait en fin d’après-midi le commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.

    Par Vittorio de Filippis

     


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