• GRECE. Samaras, FMI, UE... Les anti-Syriza agitent le chiffon rouge

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    GRECE. Samaras, FMI, UE... Les anti-Syriza agitent le chiffon rouge

    <time>Publié le 30-12-2014 à 17h58   lien </time>

    La victoire annoncée de la gauche radicale Syriza aux législatives du 25 janvier est un casus belli pour de nombreuses institutions, qui redoutent une renégociation des termes de la dette grecque.

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    Alexis Tsipras, leader de Syriza, le 25 mai 2014. (ARISMESSINIS/AFP) Alexis Tsipras, leader de Syriza, le 25 mai 2014. (ARISMESSINIS/AFP)

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    En Grèce, le parti de la gauche radicale Syriza serait, à en croire les sondages, aux portes du pouvoir. L’échec lundi 29 décembre des députés à élire un président a précipité des législatives anticipées le 25 janvier prochain. Ce mouvement politique, qui a prospéré en 2008 lors de la grave crise économique qui a touché le pays et menacé d’emporter avec elle toute l’Europe, promet en cas de victoire de revenir sur de nombreuses mesures d'austérité imposées ces dernières années à la Grèce. Pire, le parti extrémiste menace de ne pas rembourser ce que doit le pays à ses créanciers.  

    Une hypothèse qui fait trembler les bourses européennes et les institutions internationales. En Grèce, au FMI et en Europe, la guerre des mots a déjà commencé. Tour d’horizon de ceux qui redoutent de voir ce parti anti-austérité prendre les rênes d'Athènes.

    # Samaras : le spectre d'une sortie "de la zone euro"

    Premier à agiter le chiffon rouge, le chef du gouvernement grec, Antonis Samaras. Le leader des conservateurs n'a pas hésité à brandir le spectre de la sortie de la Grèce "de la zone euro", si Syriza l'emportait aux législatives. Et tant pis si Alexis Tsipras, le leader de la gauche radicalea adopté depuis peu un ton plus modéré, promettant notamment de maintenir la Grèce dans la zone euro.

    Il faut entrer "dans la bataille des élections avec responsabilité" car "de cette lutte dépend le maintien du pays dans l'Europe", a ainsi lancé le futur ex-Premier ministre dans une déclaration télévisée, dramatisant les enjeux du futur scrutin. Il faut dire que même si le parti anti-austérité ne pourra former sans alliés un gouvernement à lui seul, il est en tête des sondages avec, selon une enquête Alco publié samedi dernier, 28,3% contre 25% pour Nouvelle démocratie, le mouvement de centre-droit d'Antonis Samaras.

    Ce dernier n’hésite d’ailleurs pas à mettre la pression aux électeurs : "Il est temps pour les Grecs de faire ce que le Parlement n'a pas fait : mettre fin à l'incertitude et restaurer la stabilité." Autrement dit : pour éviter l’instabilité, mieux vaut voter pour son parti et rejeter l'offre de Syriza.

    # Le FMI suspend son aide

    Au Fonds monétaire international aussi, l’inquiétude grandit. La perspective d’un départ des alliés conservateurs, qui se sont pliés jusqu’ici sans broncher aux injonctions de Washington, ainsi que le programme explosif de Syriza en matière économique ont de quoi faire sursauter les inspecteurs du FMI.

    Première conséquence : le versement de la prochaine tranche d'aide du FMI à la Grèce est suspendu en attendant la formation d'un nouveau gouvernement qui suivra les élections anticipées. Mais ce report, prévient l’institution, ne devrait pas fragiliser la situation financière du pays. "La Grèce ne fait pas face à des besoins de financement immédiat", tient-elle à préciser.

    # L'Union européenne veut "revoir des visages familiers en janvier"

    Autre membre de la "troïka" qui est venu en aide à la Grèce - avec le FMI et la Banque centrale européenne (BCE) - l’Union européenne redoute également que Syriza mette en musique son projet, rejetant toute "tutelle" extérieure. Si le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici, n’a pas souhaité mardi matin sur RTL souffler sur les braises, reconnaissant "le libre choix démocratique" des Grecs, il a tout de même appelé ces derniers à réaffirmer lors des législatives "une politique pro-européenne" car, dit-il, les "réformes engagées sont nécessaires".

    Au début du mois, le nouveau président de la Commission, Jean-Claude Juncker, avait été beaucoup plus direct, affichant clairement un positionnement anti- Syriza : 

    J'aimerais que la Grèce soit gouvernée par des gens qui aient un regard et un cœur pour les pauvres gens en Grèce - et ces pauvres gens sont nombreux -, mais aussi qui comprennent la nécessité des processus européens […] Ma préférence serait de revoir des visages familiers en janvier."  

    Une sortie qui n’avait pas manqué de provoquer le courroux de la gauche radicale grecque. Sur Twitter, le hashtag #GreeksAskJuncker avait ainsi été très largement partagé pour tourner en dérision les propos de l’ancien Premier ministre luxembourgeois, embourbé dans le scandale LuxLeaks.

    # L'Allemagne met en garde

    Comme en atteste les nombreux dérapages nationalistes anti-Merkel en Grèce ces deux dernières années, l'Allemagne est tenue pour principal responsable de la cure d'austérité imposée à Athènes. Berlin a en effet pesé de tout son poids pour que le pays tourne la page de plusieurs années de gabegie budgétaire. Il n'est donc pas étonnant que la première puissance économique de l'UE voit d'un très mauvais oeil la possible arrivée au pouvoir des partisans d'Alexis Tsipras, qui martèle à qui veut l'entendre qu'"Angela Merkel n'est pas la propriétaire de l'Europe".

    Si la chancelière allemande n'a pas encore commenté l'organisation des futures élections, son ministre des Finances, Wolfgang Schaüble, s'est chargé d'avertir les Grecs qu'il n'y avait "aucune alternative" aux réformes engagées.  

    Les nouvelles élections ne changent rien aux accords passés avec le gouvernement grec", a dores et déjà prévenu ce ministre partisan de l'orthodoxie budgétaire en Europe. "Nous continuerons d'aider la Grèce à s'aider elle-même sur le chemin des réformes. Si la Grèce prend un autre chemin, il sera difficile", a-t-il poursuivi. Un message en guise d'avertissement. 

    Guillaume Stoll


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