• Harcèlement moral : elle vivait l'enfer à domicile

    Harcèlement moral : elle vivait l'enfer à domicile

    Publié le vendredi 04 novembre 2011 à 14H00           lien


    GAUCHY - Tribunal de Saint-Quentin.- C'est une décision inédite qu'a prise mercredi le tribunal correctionnel. Un homme de 51 ans a été condamné, non pas pour des violences conjugales, mais pour des faits de harcèlement moral sur son épouse.

    Car des coups, il n'y en a pas eu, ou très peu, mais la violence psychologique qu'a infligée cet homme à celle qui partage sa vie depuis près 25 ans est « infiniment plus grave que des violences physiques », selon les propres mots du procureur Damien Savarzeix. Ce dernier a avoué « être sidéré » en découvrant le dossier.
    Du propre aveu de la victime pourtant, « c'était un couple qui marchait bien pendant vingt ans ». Mais depuis deux ans, le mari s'est transformé en tyran. « Dès qu'elle ouvre la bouche, vous cassiez tout », résume le président Sargos avant de montrer la photo de la télé en miette et des meubles en lambeaux dans la cuisine.

    Meubles cassés, lit démonté

    Le lit conjugal a également été démonté et rangé à la cave. Deux verrous ont été posés sur la porte de la chambre. La mère de famille dort désormais dans le lit de sa fille, qui, elle, dort sur un matelas par terre. La boîte aux lettres a été cadenassée. « Je gère une entreprise et elle me vole mes papiers », se justifie le prévenu. L'épouse n'a même plus le droit de manger avec les autres membres de la famille.
    Les enfants du couple assurent également que les insultes et les menaces sont incessantes de la part du père. « Quand il est avec nous il est normal, a indiqué le plus jeune lors de ses auditions, mais il a toujours un truc pour faire peur à ma mère. » Le prévenu dément tout en bloc. « Ma femme je l'aime toujours, je l'ai jamais frappée. Je ne veux pas divorcer. Chaque fois que je lui demande quelque chose elle dit dégage. »

    « C'est moi l'homme »

    Selon la victime, cet enfer a commencé lorsque le couple a voulu acheter un appartement au Maroc, d'où ils sont natifs tous les deux. « Je ne voulais pas. J'ai trouvé que c'était trop cher. Il fallait payer les études des enfants. Le lendemain il l'a acheté quand même sans rien me dire. Il m'a dit en revenant : "tu n'auras plus un sou. C'est moi l'homme". »
    Même s'il maîtrise mal le français, le prévenu est aujourd'hui à son compte comme entrepreneur. « Je l'ai aidé pour créer son entreprise. Pendant 25 ans, j'ai fait tous les papiers. Mais depuis qu'il gagne bien sa vie je n'existe plus » sanglote l'épouse. « Il nous tient avec l'argent. J'ai été patiente, je croyais que j'allais retrouver mon vrai mari… » Elle est persuadée depuis peu que son mari a contracté un mariage religieux au Maroc et compte refaire sa vie là-bas. « Mais quand les enfants seront grands pour pas payer de pension. »
    Pour Me Racle comme pour le procureur, il s'agit d'une négation de sa personne. « Elle n'a plus le droit d'exister » souligne l'avocate de la victime. Pour la défense en revanche, il s'agit juste d'un couple en crise. « L'épouse instrumentalise la justice pour obtenir le divorce. »
    Même si le procureur avait souhaité l'incarcération du mari, les juges ont décidé une peine d'un an avec sursis avec l'interdiction de paraître au domicile et d'entrer en contact avec l'épouse.


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