• Hôpitaux: poussée de fièvre chez les praticiens sur le paiement des RTT

    23 novembre 2011 - 19H03  

    Hôpitaux: poussée de fièvre chez les praticiens sur le paiement des RTT
     

    Poussée de fièvre à l'hôpital sur fond de 35 heures: les médecins et autres personnels demandent au gouvernement de leur payer, d'une manière ou d'une autre, et avant la fin de l'année, les millions de jours de RTT qui s'accumulent sur leurs comptes épargne-temps.

     
    Poussée de fièvre à l'hôpital sur fond de 35 heures: les médecins et autres personnels demandent au gouvernement de leur payer, d'une manière ou d'une autre, et avant la fin de l'année, les millions de jours de RTT qui s'accumulent sur leurs comptes épargne-temps.

    AFP - Poussée de fièvre à l'hôpital sur fond de 35 heures: les médecins et autres personnels demandent au gouvernement de leur payer, d'une manière ou d'une autre, et avant la fin de l'année, les millions de jours de RTT qui s'accumulent sur leurs comptes épargne-temps.

    Les principales intersyndicales de médecins hospitaliers devaient avoir une nouvelle réunion de "concertation" mercredi soir avec la Direction générale de l'offre de soins (DGOS), une direction du ministère de la Santé.

    "Il s'agit de la troisième réunion depuis septembre. Il n'est pas exclu qu'une quatrième soit nécessaire", a-t-on indiqué à la DGOS. Une réunion spécifique consacrée aux autres personnels hospitaliers se tiendra avant la fin du mois, a-t-on ajouté.

    Au sein de l'hôpital public, qui compte 411.000 salariés et 1.300 établissements, le problème le plus aigü se pose avec les 41.000 médecins hospitaliers. Leurs syndicats évaluent à plus de 2 millions les journées de RTT qui se sont accumulées sur les comptes épargne-temps (CET) créés par la loi des 35 heures de 2002 appliquée à l'hôpital, sous le gouvernement socialiste de Lionel Jospin.

    "A raison de 300 euros par journée de RTT par médecin, cela représente un total de plus de 600 millions" d'euros, a déclaré à l'AFP le Dr François Aubart, président de la Coordination médicale hospitalière (CMH), une des intersyndicales qui réunit toutes les catégories de praticiens.

    Selon lui, le gouvernement a trop tardé pour régler un dossier dont on connaît l'échéance depuis près de dix ans. "Faute de décision sur ce dossier, on se retrouve véritablement dos au mur", a estimé le Dr Aubart.

    L'une des pistes pour apurer ce stock de RTT est la "monétisation", c'est-à-dire le paiement aux médecins de tout ou partie de ces RTT qu'ils ont des difficultés à prendre: des absences trop fréquentes ou trop prolongées de leur part auraient pour effet de désorganiser profondément les services.

    Un remboursement partiel des RTT par le gouvernement a eu lieu en 2008, à hauteur de 168 millions, soit 30% du stock de l'époque, selon le journal Le Parisien. Mais depuis, les CET des médecins se sont à nouveau remplis.

    Un autre moyen de régler le problème serait d'inciter les médecins à prendre régulièrement leurs congés. Mais cette solution est peu réaliste car les praticiens absents sont difficiles à remplacer, surtout dans les petits établissements. Il y a même, dans certains cas, des postes vacants non pourvus.

    Autre piste possible: transformer le CET en compte épargne-retraite permettant de partir avant 67 ans, l'âge de départ pour les praticiens depuis la réforme, ou encore de travailler à temps partiel les dernières années avant la cessation d'activité. "Mais cela dépendra de ce que sera le CET qui est actuellement limité à 300 jours, soit 1,5 an d'activité à raison de 30 jours de RTT par an", précise le Dr Jean-Marie Leleu du syndicat CPH.

    Cette piste séduit nombre de médecins, mais beaucoup moins le gouvernement, étant donné que la moyenne d'âge des praticiens est déjà élevée (57-58 ans) et que les départs à la retraite vont s'accélérer dans les prochaines années.

    Certains syndicats craignent que le gouvernement repousse simplement la date butoir du 31 décembre et prolonge la durée de vie des CET. "Il risque de nous dire: on laisse et on verra en 2017", redoute Rachel Bocher, du syndicat INPH.

    A la DGOS, on affirme au contraire que le ministre de la Santé Xavier Bertrand, qui devra trancher sur ce dossier, "est très ouvert aux suggestions".

    C'est la directrice de la DGOS, Annie Podeur, qui mène la concertation et qui transmettra le dossier au ministre pour décision.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :