• Kenya : La difficile cohabitation des paysans avec les éléphants

    Publié le 22 septembre 2011 à 19h21

    Kenya : La difficile cohabitation des paysans avec les éléphants

    Les incidents liés à la cohabitation des pachydermes et de la population poussent le gouvernement à déplacer les premiers.

    Si l’exercice fonctionne avec les 50 premièrs éléphants, tous seront au bout du compte emmenées dans le Massaï Mara

    Si l’exercice fonctionne avec les 50 premièrs éléphants, tous seront au bout du compte emmenées dans le Massaï Mara SIPA/Blair Roberts

    Jeudi matin, 4 éléphants, sur les 50 qui doivent être transférés en dix jours, ont reçu des tranquillisants administrés depuis un hélicoptère près de la ville de Narok, à quelque 150 kilomètres à l’ouest de la capitale Nairobi. Les pachydermes endormis ont été placés sur des camions à l’aide d’une grue, avant d’être réveillés à coup d’eau froide à l’heure du départ pour le célèbre parc national du Massaï Mara.

     

    De plus en plus d’habitants

    Selon l’autorité de gestion des parcs du Kenya (Kenya Wildlife Service, KWS), responsable de l’opération, 200 éléphants vivent actuellement autour de Narok. Et si l’exercice fonctionne avec les 50 premières bêtes, toutes seront au bout du compte emmenées dans le Massaï Mara. Car la région de Narok n’a plus la capacité d’abriter le pachyderme, dont l’habitat ne cesse de diminuer au profit de terres agricoles en pleine croissance. Et à mesure que la population humaine se densifie dans la région, la cohabitation avec l’animal, connu pour ses charges meurtrières, est aussi de plus en plus dangereuse pour l’homme. « Le plus grand défi aujourd’hui pour la protection de la vie sauvage kényane est la croissance de la population » du pays, commente le directeur de KWS, Julius Kipng’etich. Selon la KWS, les pachydermes ont été responsables de plus de la moitié des 9.299 incidents concernant des humains répertoriés ces dix dernières années dans la région de Narok.

    Paysans désemparés

    Le mois dernier, Simon Turana Esho, un professeur de 32 ans, a été blessé à l’aine et à la cheville d’un coup de défense alors qu’il effectuait une ronde de nuit dans sa ferme, près de Narok. Il explique que les habitants en sont réduits à abattre les arbres près de leurs maisons, pour couper les vivres aux pachydermes et réduire le risque de les voir approcher. « Il vaut mieux vivre dans un désert que de perdre nos vies », estime-t-il, assis sur un banc en bois, une paire de béquilles improvisées à ses côtés. Mais les résidants n’ont pas les moyens pour vraiment se protéger contre les charges des éléphants, car tuer l’animal peut entraîner des poursuites, souligne, non loin, Napolos Esho. Lui a vu sa récolte de maïs saccagée par les pachydermes. « Nous n’avons aucun moyen de les arrêter, affirme-t-il. Nous avons des problèmes avec les éléphants depuis des années. Nous avons essayé de les chasser de nos fermes, mais s’ils refusent de partir, nous les laissons simplement manger les récoltes. » Déplacer les éléphants pourrait atténuer les tensions, mais les habitants sont sceptiques pour le long terme. La KWS a beau affirmer que des puces seront implantées sur certains animaux, pour permettre de les localiser, les villageois craignent que les bêtes ne finissent par revenir du Massaï Mara. En outre, la faune et la flore constituent une source de revenue majeure pour l’industrie du tourisme du Kenya, et l’économie du pays en général...

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