• L'employeur de Razan Ghazzawi dénonce une arrestation pour délit d’opinion

    L'employeur de la blogueuse Razan Ghazzawi dénonce une arrestation pour délit d’opinion

    L'employeur de la blogueuse Razan Ghazzawi dénonce une arrestation pour délit d’opinion

    Les soutiens en faveur de la blogueuse Razan Ghazzawi affluent depuis son arrestation dimanche par les autorités syriennes. Son employeur assure à FRANCE 24 que les autorités n’ont rien contre elle, sinon ses prises de positions.

    Par Julien PEYRON (texte)
     

    L’étau se resserre en Syrie autour des militants pour la liberté d’expression. L’une des principales figures de ce mouvement, l’influente blogueuse Razan Ghazzawi, a été arrêtée dimanche 4 décembre par les autorités syriennes, soulevant une vague d’indignation en Syrie et à travers le monde.

    Diplômée en anglais de la faculté de lettres de Damas, son blog est l’un des plus lus par les opposants au président Bachar al-Assad. Elle y milite pour la liberté d’expression dans un pays en proie, depuis mi-mars, à un soulèvement populaire réprimé dans le sang par le régime.

    Contacté par FRANCE 24, Mazen Darwich, directeur du Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression, pour lequel travaille Razan Ghazzawi, évoque son arrestation.
    "Elle tentait de se rendre à Amman [en Jordanie], pour une conférence sur la liberté d’expression dans le monde arabe. Au moment de passer la frontière, elle s’est vu confisquer son passeport et son ordinateur portable. On lui a dit qu’il y avait un mandat d’arrêt contre elle et qu’elle allait être transférée à Damas. C’est tout ce qu’ils lui ont dit, ils n’ont pas précisé les raisons pour lesquelles elle était en état d’arrestation."

     
    Le compte Twitter de Razan Ghazzawi

    La personne qui tient son compte depuis son arrestation a republié l'un de ses messages : "Si quelque chose m'arrive, sachez que le régime ne craint pas les prisonniers mais ceux qui ne les oublient pas".

    M. Darwich, qui vit et travaille à Damas, la capitale syrienne, assure que les autorités  "n’ont légalement rien à reprocher à Razan". "Il n’y a pas de raison de l’arrêter, elle n’a pas enfreint la moindre loi. C’est simplement du délit d’opinion."

    Sans nouvelles depuis deux jours, il attend désormais d’en savoir davantage sur le sort réservé à son employée :   "Les autorités n’ont pas donné la moindre information, mais nos sources nous indiquent qu’elle doit être transférée aujourd’hui à Damas. Donc je l’attends, même si je suis presque sûr que je ne pourrai pas la voir avant la fin de l’enquête."  

    Mobilisation sur Internet

    Du fait de sa notoriété, dans son pays et à travers le monde, auprès de ceux qui suivent l’actualité syrienne, l’arrestation de Razan Ghazzawi a entraîné une vague de contestation sur Internet. Son blog est coiffé d’une bannière sur laquelle on peut lire, en anglais et en arabe : "Le régime syrien ne craint par ceux qui sont emprisonnés mais ceux qui ne les oublient pas".
    Par ailleurs, une pétition pour la libération de la blogueuse est en ligne. Sur le réseau social Twitter, son compte a été repris par un ami. Ce dernier donne régulièrement des nouvelles tout en relayant les messages comportant le mot-clé #FreeRazan
    .

    "J’ai vu que les gens s’étaient mobilisés sur Internet et sur les réseaux sociaux " se félicite Mazen Darwich, qui invite à ne pas relâcher leur attention. "Ça réconforte de voir que les gens la soutiennent".

    La photo illustrant l'article provient du blog de Razan Ghazzawi


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