• L'Espagne de nouveau dans la ligne de mire des marchés

    L'Espagne de nouveau dans la ligne de mire des marchés, à six jours des élections

    LEMONDE.FR avec AFP | 14.11.11 | 19h53   •  Mis à jour le 14.11.11 | 20h56

    Devant une agence pour l'emploi à Madrid, le 1er février 2011.

    Devant une agence pour l'emploi à Madrid, le 1er février 2011.AP/ARTURO RODRIGUEZ

    A peine rassurés sur le cas italien, les marchés ont reporté lundi 14 novembre leurs attentions sur l'Espagne, faisant grimper ses taux obligataires, alors que le pays espère emprunter cette semaine jusqu'à 7,5 milliards d'euros, avant d'élire son Parlement dimanche. Indice de la méfiance des marchés, le différentiel entre les rendements des obligations espagnoles et allemandes à dix ans a atteint un record historique depuis la création de la zone euro, à 430 points. La Bourse madrilène a elle passé presque toute la journée dans le rouge, clôturant en baisse de 2,15 %.

    "Au cours des dernières semaines, l'Espagne a traversé les tensions un peu plus tranquillement que d'autres pays qui étaient déjà dans l'œil du cyclone, comme l'Italie", note Jesus Castillo, spécialiste de l'Europe du Sud auprès de la banque Natixis. "C'est parce qu'il y a vraiment un processus de rééquilibrage des finances publiques qui est en cours", assure-t-il. Mais au final, "on voit qu'il ne s'agit plus seulement de l'Italie... c'est un effet de contagion massif", commente Soledad Pellon, analyste à la maison de courtage IG Markets.

    La banque suisse UBS l'avait déjà pressenti, dans une étude publiée vendredi : "l'attitude des marchés envers l'Espagne est assez optimiste, comparé à l'Italie en ce moment, mais nous pensons que cela pourrait changer dans les prochains mois, voire semaines".   Il n'aura fallu que quelques jours, et le taux espagnol à 10 ans s'est retrouvé lundi au-dessus du seuil critique des 6 %, qu'il n'avait pas franchi depuis début août.  

    "POSSIBILITÉ D'UNE RÉCESSION PROFONDE"

    Malgré la mise en place de nouveaux exécutifs en Grèce et Italie, les pays les plus fragiles de la zone euro restent dans la ligne de mire des investisseurs. L'Espagne elle-même avait décidé dès cet été d'avancer de quatre mois ses élections législatives, qui auront lieu dimanche. "Ces élections ont été anticipées un peu à la demande des marchés", rappelle Soledad Pellon, pression à laquelle s'ajoutait l'impopularité croissante des socialistes au pouvoir. La droite, qui a pourtant promis un nouveau programme d'austérite, est d'ailleurs donnée largement gagnante.

    Mais désormais les investisseurs "veulent voir qu'il y a un intérêt pour changer la situation", "ils veulent voir des mesures de rigueur", souligne Mme Pellon et "remettent un peu de pression". Une mise en garde qui pourrait se faire sentir encore cette semaine, alors que le Trésor espagnol affronte deux nouveaux tests, mardi pour lever 2,5 à 3,5 milliards d'euros de bons à 12 et 18 mois, jeudi pour emprunter 3 à 4 milliards d'euros d'obligations à dix ans.

    Face à l'économie espagnole, "nous avons surtout trois raisons d'être inquiets", indiquent les analystes d'UBS. "La déviation du déficit", tout d'abord, alors que Standard & Poor's, la Banque d'Espagne et la Commission européenne estiement toutes que les 6 % du PIB visés cette année seront dépassés, et mettent en doute l'objectif de 2012. "La croissance va être très, très faible donc cela va compliquer la poursuite du processus de réduction des déséquilibres" budgétaires, confirme Jesus Castillo, qui table sur 0,7 % en 2011 puis 0,4 % en 2012.

    Deuxième argument avancé par UBS, "la possibilité d'une récession profonde", de plus en plus évoquée par les analystes, qui pensent que l'économie espagnole passera dans le rouge dès le quatrième trimestre 2011. Enfin, le secteur bancaire espagnol, fragile en raison de son exposition à la bulle immobilière, qui a éclaté en 2008, inquiète aussi : son assainissement "va probablement se répercuter dans les comptes du gouvernement", prévient UBS.

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