• L'Europe n'en sortira pas indemne

    L'Europe n'en sortira pas indemne
    17 décembre 2014 / Henry Lauret /  lien
     
    Un krach historique qui sème la panique sur les marchés. La chute vertigineuse du rouble - devise non convertible qui a perdu près de 60 % de sa valeur en quelques mois - traduit la fragilité d'une économie russe dépendant des exportations d'hydrocarbures pour plus de la moitié de ses recettes.
     
    Elle survient à l'heure où les cours du baril passent sous les 60 dollars, un seuil critique dénoncé par la banque centrale russe elle-même : à ce niveau, écrit l'institution monétaire, c'est toute l'économie du pays qui risque de s'effondrer et s'engager dans une récession de l'ordre de 4,5 à 5 %. Les impacts pour la France Scénario noir et défi politique majeur pour un Vladimir Poutine déjà affaibli par les sanctions occidentales liées à la situation en Ukraine.
    Le budget de la Russie étant fondé sur un cours du baril à 100 dollars, l'équation budgétaire pose question au maître du Kremlin qui, avant même les effets de la chute des cours de l'or noir, doit composer avec un état de quasi-récession, une inflation supérieure à 10 % et une baisse de la production industrielle. Tout pour nourrir la défiance d'investisseurs internationaux brusquement saisis de peur.
     
    Cette crise sans précédent surgit à Moscou alors que la situation de l'Europe, en croissance zéro, est elle-même source de vives inquiétudes sur les marchés. Quelles conséquences immédiates ? L'Allemagne, premier partenaire européen des Russes, sera directement impactée. La France exporte de l'ordre de 7 à 8 milliards d'euros vers la Russie et importe près de 10 milliards de produits, principalement pétroliers et gaziers. Notre industrie agroalimentaire a toutes les chances de souffrir. Quant à nos établissements bancaires, leurs engagements se chiffrent en dizaines de milliards.
     
    S'il manque d'idées Poutine a du pétrole Comment Poutine sortira-t-il du piège ? Un contrôle des changes ruinerait le peu de crédibilité restante. Le relèvement brutal à 17 % des taux d'intérêts est une réponse transitoire. Mais, fondamentalement, la Russie n'est ni le Venezuela ni l'Argentine. Sa balance des paiements, ses réserves de changes et... ses immenses ressources pétrolifères restent ses meilleurs atouts pour dénouer une crise de confiance historique. Et politique.

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