• L?indignée Ada Colau, future maire de Barcelone ?

    L’indignée Ada Colau, future maire de Barcelone ?

    Le Monde.fr avec AFP | <time datetime="2015-05-25T06:26:14+02:00" itemprop="datePublished">25.05.2015 à 06h26</time> • Mis à jour le <time datetime="2015-05-25T13:30:32+02:00" itemprop="dateModified">25.05.2015 à 13h30</time>

    <figure class="illustration_haut " style="width: 534px"> Ada Colau à Barcelone, dimanche 24 mai. </figure>

    Ada Colau est en passe de devenir la première maire « indignée » d’Espagne. Rendue célèbre par sa lutte contre les expulsions de familles frappées par la crise, sa liste est arrivée en tête des élections municipales à Barcelone, dimanche 24 mai.

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    A 41 ans, elle menait la liste Barcelone ensemble, alliance de plusieurs partis de gauche, intégrant notamment la jeune formation antilibérale Podemos, portée par le souffle du mouvement des Indignés, qui avait occupé les places d’Espagne en 2011. Elle obtient onze sièges contre dix pour celle du maire nationaliste conservateur sortant, cinq pour Ciudadanos (centre droit) et quatre pour le Parti socialiste catalan.

    Devant des militants euphoriques, Ada Colau, en larmes, a déclaré dimanche soir qu’avec sa liste, c’est « l’espoir » qui a gagné : « Le désir de changement a vaincu la campagne de la peur, de la résignation, et avec ça, c’est nous tou

    s qui gagnons, surtout Barcelone. »

    « Nous avons eu une occasion historique et nous l’avons saisie, a-t-elle aussi réagi sur Twitter. Merci d’avoir rendu cela possible ! »

    Premier bastion des Indignés

    Accusée d’être populiste, inexpérimentée et radicale par ses rivaux, Ada Colau a rallié les suffrages de plus de 176 000 électeurs, faisant de la deuxième ville la plus peuplée d’Espagne, avec 1,6 million d’habitants, le premier bastion des Indignés.

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    Cheveux courts et ondulés, son visage rond était déjà célèbre dans le pays. Son travail à la tête de la PAH, une organisation qui a empêché des milliers d’expulsions de familles surendettées, l’a convertie en héroïne des victimes de la crise.

    « Contrairement à certains de ses collègues militants qui ne sont actifs que dans les bibliothèques, sa trajectoire est constituée de réalités tangibles », note le quotidien espagnol El Pais.

    C’est d’ailleurs aux plus pauvres et à une meilleure redistribution des richesses qu’Ada Colau veut consacrer ses premières mesures une fois au pouvoir : paralyser les expulsions dans la ville ; convertir les appartements vides en logements sociaux ; forcer les entreprises à réduire les prix de l’eau, du gaz, de l’électricité ; ou encore lancer un revenu mensuel minimal de 600 euros pour les familles au bord de la misère.

    Pour en finir avec les « privilèges », Ada Colau a promis de montrer l’exemple en abaissant son salaire à 2 200 euros par mois, contre 143 000 euros par an pour le maire actuel. En jean et T-shirt, elle emprunte les transports publics et vit en location avec son compagnon. Etudiante en philosophie, elle avait dû quitter l’université pour aider financièrement sa famille. « Le salaire le plus élevé que j’ai jamais touché était de 1 500 euros », a-t-elle raconté récemment.

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    Manifestante dès 5 ans

    Si elle n’a jamais adhéré à un parti politique, Ada Colau a participé à sa première manifestation à l’âge de cinq ans, avec sa mère. Elle est née le 3 mars 1974 à Barcelone, quelques heures seulement après la dernière exécution d’un prisonnier, un célèbre anarchiste catalan, sous la dictature de Francisco Franco (1939-1975). « Ma mère me le rappelle à chaque anniversaire et ça a marqué mon engagement pour lutter pour un changement social », a-t-elle expliqué. Elle milite plus tard au sein de syndicats étudiants et de mouvements antimondialisation et manifeste contre la guerre en Irak et pour le droit au logement.

    Son travail à la Plateforme des victimes des hypothèques, qui l’a amenée à dénoncer les excès de banques « complices » des dirigeants politiques, lui a valu une forte antipathie du Parti populaire (PP) au pouvoir en Espagne, qui l’a même qualifiée de « terroriste ».

    Ada Colau s’apprête désormais à entrer dans les sphères du pouvoir qu’elle a si durement critiquées. Sa liste n’ayant pas recueilli la majorité absolue, des tractations vont s’ouvrir pour former des alliances avec les autres partis. Les chances qu’elle soit renversée par une coalition d’opposants sont minces.


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