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    L’opposition en tête des élections finlandaises

    Le Monde.fr | <time datetime="2015-04-19T21:20:28+02:00" itemprop="datePublished">19.04.2015 à 21h20</time> • Mis à jour le <time datetime="2015-04-19T22:47:44+02:00" itemprop="dateModified">19.04.2015 à 22h47</time> | Par

    Sans surprise, le parti du centre est arrivé en tête des élections législatives finlandaises, dimanche 19 avril. Selon toute vraisemblance, Juha Sipilä, 53 ans, un ancien entrepreneur millionaire qui n’est entré en politique qu’en 2011, devrait devenir le prochain premier ministre, alors que l’actuel, le conservateur Alexander Stubb, n’arriverait que troisième. Selon des estimations de la télévision publique finlandaise portant sur 98 % des suffrages, M. Sipilä devrait obtenir 49 des 200 sièges au Parlement, soit quatorze de plus que lors du scrutin précédent législatif.

    Derrière les centristes, le parti populiste des Vrais Finlandais a fait une performance bien meilleure que lui prédisait les sondages, puisqu’il arriverait deuxième et obtiendrait 38 sièges. « Nous sommes là pour rester », a vanté, tout sourir, Timo Soini, le leader du parti, un eurosceptique assumé. M. Soini devrait obtenir presque le même nombre de sièges qu’aux précédentes législatives du 2011 où il avait opéré une percée surprise.

    Après avoir refusé d’entrer au gouvernement cette année-là, M.Soini a cette fois-ci expliqué pendant toute la campagne qu’il comptait bien devenir ministre. Pour cela, il a policé son discours, faisant passer ses critiques contre l’immigration et les plans d’aide à la Grèce au second plan. Mais il est resté très critique de l’Union européenne. Dans ce pays habitué à être gouverné dans un certain consensus politique, aucun des trois autres principaux partis n’a exclu de discuter avec lui. Et son bon score rend sa participation au futur gouvernement désormais très probable.

    Derrière MM. Sipila et Soini, les conservateurs de l’actuel premier ministre Alexander Stubb obtiendraient seulement 37 sièges, sept de moins qu’en 2011. Ses alliés actuels au gouvernement, les sociaux-démocrates, à peine 34 (-8). Les négociations post-électorales peuvent durer plusieurs semaines en Finlande, d’autant que plusieurs petits partis comme celui des suédophones font souvent parti des coalitions au pouvoir. Les Verts ont notamment fait une grosse percée passant de dix à 15 sièges. M. Sipilä s’est bien gardé de préciser dimanche soir vers lequel des autres partis allait sa préférence.

    Une campagne électorale marquée par la crise

    Nommé premier ministre à l’été 2014, Alexander Stubb est le grand perdant de cette élection. Le conservateur a pâti de son image trop bling bling, alors que les Finlandais ne voyaient pas comment il allait les sortir de la crise. Europhile, partisan de l’adhésion du pays à l’OTAN – un sujet sensible dans un pays qui partage 1 300 kilomètres de frontière avec la Russie –, il avait promis d’infliger une sévère cure d’austérité au pays, en réduisant les dépenses publiques de six milliards d’euros.

    La campagne électorale a surtout tourné autour de la grave crise économique que traverse le pays, en récession depuis trois ans. Le chômage atteint des niveaux particulièrement élevés pour la Finlande (9,1 % selon Eurostat) et les annonces de plans sociaux n’ont pas stoppé pendant la campagne. Les sanctions infligées à la Russie ont en plus aggravé cette crise. L’ensemble des quatre principaux partis se sont engagés à réduire les dépenses publiques, alors que le déficit a franchi la barre des 3 % pour la première fois en 2014.

    Le vainqueur du scrutin, Juha Sipilä, a joué sur un programme plus rassurant que M. Stubb, restant très vague tout à la fois sur l’ampleur de la réduction des dépenses publiques et sur l’adhésion à l’OTAN. Il a promis de créer 200 000 emplois, notamment via le développement des bioindustries. Mais M. Sipilä a surtout bénéficié de son image de nouveauté en politique. Père de cinq enfants, dont l’un est décédé accidentellement pendant la campagne, M. Sipilä est un luthérien pratiquant.

    Même si le parti du centre avait voté contre le second plan d’aide à la Grèce en 2011, il a assuré pendant la campagne qu’il ne comptait pas remettre en cause l’appartenance de la Grèce à la zone euro. « Il y a un consensus sur la grèce en Finlande, il n’y aura pas de changement », a voulu rassurer M. Sipilä. « Si le Parti des Vrais Finlandais est du prochain gouvernement, je pense que la politique de la Finlande à l'égard de la Grèce va changer » , a cependant promis de son côté Timo Soini.


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