"C'est un premier pas vers un sport moins sale." Auteur de cette saillie à l'AFP, le député UDC Roland Büchel s'est félicité vendredi du vote des parlementaires. "Avec cette loi, la corruption dans le sport deviendra un délit", a-t-il également indiqué dans un contexte où des soupçons

de malversations pèsent autour de la Fifa et son président Sepp Blatter depuis plusieurs années.

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Dorénavant, de simples soupçons de corruption ou de blanchiment d'argent suffiront pour entamer des poursuites judiciaires en Suisse, précise l'agence, alors que les responsables sportifs de ces fédérations seront considérés comme des "personnes politiquement exposées". Cette loi, qui devrait entrer en vigueur d'ici "avril-mai" 2015, placera "les organisations sportives -qui bénéficiaient jusqu’alors d’une exemption- sous la coupe d'une nouvelle législation anti-blanchiment recommandée par le Groupe d'action financière (Gafi)."

Du côté de la Fifa et du CIO, on fait comme si...

Pour faire fonctionner une telle loi, les banques de ces organismes seront tenues de signaler auprès de l'administration "tout mouvement suspect" de fonds. "Un simple soupçon suffit, a expliqué Büchel. Et si la banque ne le rapporte pas, c'est elle qui devra payer." L'argent comme nerf de la guerre en somme...

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Si le député suisse se réjouit, c'est aussi le cas... de la Fifa et du CIO. Une attitude plutôt de mise lorsque l'on tente, tant bien que mal, de faire bonne figure. "Comme la Fifa l'a déjà déclaré à maintes reprises dans le passé, nous soutenons les mesures du gouvernement pour protéger l'intégrité du sport et la lutte contre la corruption", a affirmé à l'AFP un porte-parole de l'instance mondiale alors que cette dernière est encore plus sous le feu des critiques depuis qu'elle refuse de publier le rapport officiel sur les conditions d'attribution des Coupe du monde 2018 et 2022 en Russie et au Qatar.

Même réponse de la part de Thomas Bach, le président du Comité international olympique (CIO). "Le CIO soutient entièrement et se félicite de cette initiative importante (des) législateurs suisses. Elle est en ligne avec ce que le CIO fait déjà. Nous sommes pleinement vérifiés par des auditions externes indépendantes et nos comptes sont préparés et audités selon les normes internationales d'information financière (IFRS)", a-t-il avancé alors que le CIO avait été frappé en 1998 par le scandale de l'attribution amplement monnayée des JO d'hiver 2002 à Salt Lake City. Profil bas de rigueur, non ?