La France n’échappera pas à un nouveau plan de rigueur, estime l’OCDE

Une récession passagère au creux de l'hiver, une croissance du produit intérieur brut (PIB) très faible en 2012 (+ 0,3%)  et limitée en 2013 (+ 1,5%) ainsi qu'un taux de chômage, Dom compris, à 10,4% en fin d'année prochaine : c'est peu dire que l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est pessimiste pour la France.

Dans ses Perspectives économiques  d'automne, rendues publiques lundi 28 novembre,  l'OCDE insiste sur la détérioration en cours de la situation économique mondiale. « Les économies avancées ralentissent et la zone euro semble entrée dans une récession légère, sur fond de craintes accrues au sujet de la crise des dettes souveraines », note Pier Carlo Padoan. L'économiste en chef de l'OCDE souligne les risques d'aggravation de la situation économique que recèle à ses yeux l'élargissement de la crise des dettes souveraines à des  pays jusqu'alors épargnés.

L'OCDE  pense que l'activité économique s'est contractée en France au quatrième trimestre 2011 et prévoit une récession légère au creux de l'hiver. Cette récession se produira dans un pays dont le marché du travail porte encore les stigmates de la crise de 2008-2009 avec une forte augmentation du chômage de longue durée et du chômage des seniors. Il y a donc un risque important d'augmentation du chômage structurel, fait observer l'OCDE.

Compte tenu de la faiblesse de la croissance et du renchérissement du fardeau de la dette, ramener comme prévu le déficit public à 4,5% du PIB supposera un nouveau plan de redressement de l'ordre de 0,4% du PIB (8 milliards d'euros). Et, au-delà de 2013, il faudra faire un effort supplémentaire de 0,5 % du PIB (10 milliards) pour ramener le déficit public à des niveaux permettant à la dette (au sens maastrichtien), qui atteindra 91,3% du PIB en 2013,  de diminuer.

La priorité, ajoute l'organisation internationale, doit être donnée à la réduction de la dépense publique via notamment un renforcement de la révision générale des politiques publiques et à la mise en place d'une politique budgétaire plus contraignante.