• La Grèce pressée de toutes parts par les grands argentiers

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    La Grèce pressée de toutes parts par les grands argentiers

    Le Monde.fr | <time datetime="2015-04-18T21:51:24+02:00" itemprop="datePublished">18.04.2015 à 21h51</time> • Mis à jour le <time datetime="2015-04-18T21:56:45+02:00" itemprop="dateModified">18.04.2015 à 21h56  lien </time>

     
    <figure class="illustration_haut " style="width: 534px"> Les créanciers insistent pour que les réformes ne grèvent pas les finances publiques, ni la compétitivité de l'économie grecque. </figure>

    La solution à la crise actuelle « est dans les mains du gouvernement grec (…) mais il faut beaucoup plus de travail et c'est urgent », a prévenu Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), présent à Washington lors des assemblées semi-annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.

    La Grèce se retrouvait pressée de toutes parts, samedi 18 avril, de présenter son programme de mesures budgétaires qui lui permettront de continuer à recevoir l'aide internationale dont elle a besoin pour ne pas faire défaut sur sa dette alors que l'impatience se manifestait aussi chez plusieurs grands argentiers, mêmes non européens.

    Le secrétaire au Trésor américain, Jacob Lew, y est ainsi allé de son avertissement :

    « Il n'y a pas de temps à perdre, il faut redoubler d'efforts. La validité du programme (de réformes) doit être claire. L'Europe n'a pas besoin d'une nouvelle crise ».

    Athènes doit convaincre de la viabilité financière de son programme l'Union européenne, Commission en tête, mais aussi la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI). Ce n'est que lorsque Athènes aura présenté ces mesures qu'elle pourra bénéficier de la dernière tranche d'aide prévue de son programme de soutien, s'élevant à 7,2 milliards de dollars (6,57 milliards d'euros).

    Cet argent lui est vital pour faire face à ses obligations de paiement sur sa dette.

    Désaccords « sur le fond »

    Les créanciers insistent pour que les réformes ne grèvent pas les finances publiques, ni la compétitivité de l'économie grecque. Ils continuent à militer pour une réforme des retraites, une modernisation de l'administration publique, davantage de recettes de privatisations.

    Coté grec, Alexis Tsipras estimait jeudi 16 avril qu'« il y a eu un progrès considérable sur la collecte de l'impôt ou la lutte contre la corruption », mais que « le désaccord persiste sur les questions de droit du travail, de réforme de notre système de sécurité sociale, sur une hausse de la TVA ou la valorisation des biens publics ».

    « Cette volonté de nos interlocuteurs de nous faire passer pour des incompétents alors que nous ne sommes tout simplement pas d'accord sur le fond devient très irritante », regrettait une source gouvernementale.

    Lire Pourquoi les négociations avec la Grèce traînent en longueur

    Egalement présent à Washington, le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis a répété en public les thèmes du gouvernement de gauche radicale Syriza, arrivé au pouvoir en janvier et qui est revenu sur les engagements du programme précédent qui visait à remettre la Grèce sur les rails de l'orthodoxie budgétaire souhaitée par ses partenaires.

    Evoquant ses conversations avec Yanis Varoufakis, Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, a rappelé, en termes polis mais fermes, que la tâche d'un ministre des Finances était « d'aller loin dans l'analyse » et ensuite « d'agir »

    La réforme du FMI dans l'attente

    La tension autour de la Grèce a fait quelque peu passer au second plan les autres thèmes des assemblées semi-annuelles des deux institutions financières internationales. Les pays touchés par Ebola ont toutefois présenté une demande de « plan Marshall » de 8 milliards de dollars (7,4 milliards d'euros) pour faire face aux conséquences de l'épidémie.

    Tant les responsables du FMI que les pays émergents réunis au sein du G24 ont aussi renouvelé leurs appels au Congrès américain pour qu'il ratifie au plus vite la réforme du Fonds, adoptée en 2010, et qui vise précisément à donner plus de poids à ces émergents et à assurer au FMI les ressources dont il a besoin.
     

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