• La Ligue arabe propose des sanctions économiques contre la Syrie

    La Ligue arabe propose des sanctions économiques contre la Syrie

    Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi, le 24 novembre au Caire

    Photo: AFP/MAHMUD HAMS Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi

    Tandis que le climat de violence persiste en Syrie, les ministres de l'Économie et des Finances des pays de la Ligue arabe ont décidé de sanctions contre le régime de Bachar Al-Assad, qui devront être approuvées dimanche par le Conseil ministériel.

    Selon le texte distribué aux journalistes à l'issue d'une réunion au Caire, les sanctions comprennent un gel des transactions financières avec le régime syrien, sauf pour des produits de première nécessité. Les ministres arabes auraient, selon des sources citées par l'AFP, discuté des moyens d'acheminer l'aide humanitaire à la population syrienne, afin de minimiser l'impact des sanctions. La France avait déjà lancé un appel à la mise en place d'un « corridor humanitaire » en Syrie.

    Toujours selon ces sources, les ministres arabes craignent « une dégradation des conditions de vie, une hausse du prix de l'essence et des produits alimentaires et l'aggravation du chômage et de la pauvreté ». La moitié des exportations et le quart des importations de la Syrie se font avec les pays arabes.

    Si ces sanctions sont approuvées, les comptes bancaires de la Syrie dans les pays arabes seraient gelés. Les projets financés par ces États en territoire syrien seraient suspendus.

    « Des personnalités et responsables syriens », dont les noms seront dévoilés plus tard, ne pourraient voyager dans les pays de la Ligue arabe, en vertu de ces sanctions. Les liaisons aériennes des pays membres de la Ligue avec la Syrie seraient d'ailleurs suspendues.

    Ce geste de la Ligue arabe fait suite à deux ultimatums en une semaine au régime de Bachar Al-Assad de cesser la répression des manifestants syriens et d'accepter l'envoi d'observateurs arabes.

    Les ministres des Affaires étrangères des pays de la Ligue arabe se réuniront dimanche au Caire, en présence de leur homologue turc, Ahmet Davutoglu. Rappelons que le premier ministre de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a appelé Bachar Al-Assad à quitter le pouvoir en Syrie.

    Un appui des deux tiers des 22 pays membres de la Ligue est nécessaire pour l'adoption des sanctions. Alors que la Jordanie a exprimé des réserves, l'Irak et le Liban se sont déjà opposés à de telles mesures. Ces deux pays, ainsi que le Yémen et la Syrie, s'étaient opposés à l'adoption d'une résolution de la Ligue arabe menaçant le régime syrien de sanctions, le 12 novembre dernier.

    Dans une lettre à la Ligue arabe, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a estimé que l'organisation se contredisait en se prononçant, d'une part, contre une intervention étrangère en Syrie et en faisant appel à l'ONU, d'autre part, pour tenter de dénouer l'impasse sur un plan de sortie de crise.

    Au moins 24 morts

    L'Observatoire syrien des droits de l'homme a indiqué samedi que 16 civils et huit soldats avaient été tués dans le pays durant la journée.

    Les civils ont été tués lors d'opérations de l'armée syrienne à Homs, haut lieu de la contestation dans le centre du pays, où 15 personnes ont été tuées, et Deir Ezzor, dans le nord-est de la Syrie, où une autre personne a péri. Au moins deux enfants étaient au nombre des victimes.

    La répression menée par le régime syrien a fait plus de 3500 morts depuis la mi-mars, selon l'ONU.

    Les huit militaires ont été tués dans une attaque revendiquée par l'Armée syrienne libre, qui se présente comme un regroupement de milliers de déserteurs de l'armée régulière dont le chef, Riad Al-Assaad, se trouve en Turquie. Quarante autres soldats ont été blessés dans cette attaque près d'Idleb, au nord-ouest de Damas. Près de 50 soldats de l'armée régulière auraient été tués par des déserteurs depuis trois jours, selon l'Observatoire des droits de l'homme. Le régime syrien estime qu'au moins 1000 membres des forces de sécurité ont été tués dans les dernières semaines. Ces informations ne peuvent être confirmées de source indépendante, le pays étant fermé aux médias étrangers.

    Le chef du Conseil national syrien, un regroupement des forces d'opposition, Burhan Ghalioun, avait appelé l'Armée syrienne libre à ne pas lancer d'offensives contre l'armée régulière. Ce à quoi Riad Al-Assaad a rétorqué : « Nous sommes dans une situation de légitime défense. S'il n'est pas favorable [aux attaques], qu'il nous trouve un mécanisme de protection du peuple et fasse en sorte que les chars du régime soient retirés des rues ».

    Les affrontements rapportés entre déserteurs présumés et militaires syriens font craindre une escalade vers la guerre civile en Syrie. Le gouvernement a toujours affirmé qu'il faisait face à une insurrection armée, et non à un mouvement de protestation pacifique, même avant les attaques de déserteurs.

    En profondeur
    Monde arabe : les fondements du régime syrien

    Minorité alaouite, parti Baas, services de sécurité : explications sur les trois piliers du régime syrien


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :