• La mort de Maria

    15 novembre 2011

    La mort de Maria, transférée d’hôpital en hôpital, ravive le débat sur la santé en Catalogne

    Manifestation contre les coupes budgétaires à Barcelone, mardi 15 novembre. (AP Photo/Manu Fernandez)

    Depuis trois jours, l'histoire de María del Carmen Mesa fait la "une" de la presse espagnole. Cette femme de 65 ans, décédée en septembre des suites d'une rupture d'anévrisme cérébral, était passée par quatre hôpitaux et avait patienté 65 heures avant d'être finalement opérée.

    De l’hôpital de Blanes, dans la province de Gérone, en Catalogne, où on lui détecte le 7 septembre la rupture d'anévrisme, María est transférée à l'hôpital Trueta de Gérone, dont il dépend, qui l'oriente à son tour vers l'Hôpital du Vall d'Hebron à Barcelone.

    Là, une première tentative d'opération échoue car la salle qui permet de réaliser les examens préalables à l'intervention est en travaux et le matériel d'opération ne fonctionne pas, explique le journal El Pais.

    L'hôpital reprogramme une intervention le lendemain. Finalement annulée car les six blocs chirurgicaux d'urgence sont occupés.

    C'est alors que l'hôpital dévie la patiente vers l'hôpital Clinic qui l'opère six heures plus tard. Mais des complications provoqueront son décès le 16 septembre.

    La famille de María del Carmen sait que le taux de mortalité après une rupture d'anévrisme est élevé. Mais elle a décidé de porter plainte, convaincue que María a été victime de la politique de coupes budgétaires menée par le gouvernement catalan pour réduire son déficit.

    L’une de ses filles, Natalia, explique dans une interview à El Pais, "si ma mère avait été prise en charge à temps, on aurait pu essayer de lui sauver la vie, mais ses chances ont été gâchées parce qu'il n'y avait pas de bloc chirurgical. Je ne pense par que ce soit un cas isolé et c'est pourquoi nous l'avons porté devant la justice et l'avons rendu public."

    L'Hôpital du Vall d'Hebron se défend en soulignant qu'il a agi selon le protocole officiel qui lui donne 72 heures de marge pour opérer une patiente présentant une rupture d’anévrisme.

    Mais le périple de María est devenu l'exemple des failles du système de santé public catalan, de la saturation et des dysfonctionnements existant dans certains hôpitaux alors que le secteur de la santé publique a subi ces derniers mois des fermetures de lits, de services d'urgence de nuit ou de centres de santé.

    En pleine campagne électorale, le sujet des coupes dans la santé est l'un des plus sensibles. La semaine dernière, le Parti socialiste catalan (PSC) a dû retirer une vidéo qui liait les coupes budgétaires menée par la droite nationaliste (CiU) avec de possibles morts dans les hôpitaux publics par manque de personnel. Trop choquant.

    Une vidéo de campagne autocensurée

    Aujourd'hui et demain, 16 500 médecins sont appelés à une grève qui affecte 492 centres de la santé publique catalane.

    Sandrine Morel


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