• la réponse de la Syrie au plan de la Ligue arabe

    Ambiguïté au sujet de la réponse de la Syrie au plan de la Ligue arabe

    Le vice-secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Ben Helli.

    Photo: AFP/KARIM SAHIB

    Le vice-secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Ben Helli, a démenti l'information des médias syriens (archives).

    Il règne une certaine ambiguïté autour de l'acceptation par la Syrie du plan de sortie de crise proposé par la Ligue arabe. Les médias officiels syriens assurent que Damas a donné son accord à l'organisation panarabe. Celle-ci dément avoir reçu une réponse officielle.

    La télévision d'État syrienne affirmait mardi en fin d'après-midi que « la Syrie et la Ligue arabe [étaient] tombées d'accord sur un document final concernant la situation » au pays, où le régime autocratique de Bachar Al-Assad est contesté depuis sept mois. Dans la foulée, Sana, l'agence de presse du pouvoir, a confirmé qu'une annonce officielle sera prononcée mercredi au quartier général de la Ligue.

    Le vice-secrétaire général de l'organisation, Ahmed Ben Helli, a aussitôt précisé mardi soir, à l'antenne de la chaîne d'information continue Al-Arabiya, que « le secrétariat général de la Ligue arabe n'a pas encore reçu la réponse officielle des frères en Syrie au document soumis par le Comité ministériel ».

    Au regard des informations en sa possession, Ahmed Ben Helli a précisé que « la délégation syrienne rendra sa réponse officielle demain », lors de la réunion extraordinaire du Conseil de la Ligue arabe programmée au Caire.

    Depuis Washington, le porte-parole de Barack Obama, Jay Carney, a indiqué qu'il avait « vu les informations » en provenance de Damas concernant un accord. Mais il a précisé qu'il n'était pas « pas en mesure de les vérifier pour l'instant ».

    Jay Carney a également déclaré que les États-Unis saluaient les efforts de la Ligue pour convaincre le régime syrien de mettre fin aux violences, ajoutant que la Maison-Blanche pense toutefois que le président Bachar al-Assad « est illégitime et devrait quitter le pouvoir ».

    Un plan pour mettre fin aux violences

    Dimanche, une délégation ministérielle de la Ligue, présidée par le Qatar, avait rencontré à Doha le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem pour lui soumettre le plan en question. Celui-ci prévoit, entre autres, un « arrêt immédiat » de la violence et le « retrait des chars », préludes indispensables à l'amorce d'un « dialogue national ».

    Damas devait initialement donner sa réponse lundi, avant de la reporter, son chef de la diplomatie Walid Mouallem ayant demandé au Qatar des modifications au plan. Un responsable libanais, proche du régime, a confié que les autorités syriennes « veulent que l'opposition dépose les armes, que les pays arabes cessent de financer les armes et que l'opposition arrête sa campagne dans les médias contre la Syrie ».

    Ni la Ligue arabe ni la Syrie n'ont confirmé si ces requêtes figuraient, ou non, dans l'accord final.

    Nous avons déjà entendu de nombreuses promesses de réforme, et les seules actions du régime d'Assad ont été des actions violentes. Attendons de voir si nous avons vraiment un accord, et s'il sera appliqué.

    — un porte-parole du département d'État américain

    Dans les rangs de l'opposition syrienne, le scepticisme est de rigueur. Les termes précis de l'accord n'ont pas été communiqués aux opposants. « Nous craignons que l'accord soit une autre tentative pour donner au régime une nouvelle chance d'écraser la révolution et de tuer encore plus de Syriens », observe Omar Idlibi, un membre de la Commission de coordination locale qui tente de fédérer les contestataires.

    Sous le couvert de l'anonymat, quelques diplomates font également preuve d'incrédulité. « M. Assad espère encore s'en sortir avec la solution sécuritaire, en mettant en avant que la situation en Syrie est différente de la Libye et en insistant sur le fait que des secteurs importants de la société syrienne soutiennent toujours le système », ont affirmé à l'AFP ces représentants. « La réponse de la Syrie risque d'être "oui, mais... ", une des manoeuvres [de Damas] pour gagner du temps », ont-ils ajouté.

    Depuis la mi-mars et le début du mouvement de contestation du régime de Bachar Al-Assad, violemment réprimé par les autorités, plus de 3000 personnes ont été tuées en Syrie, estiment les Nations unies. Damas nie l'ampleur de la contestation et attribue les violences à des « gangs terroristes ».

    Radio-Canada.ca avecAgence France Presse, Associated Press et Reuters


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