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    La Tradition de Thanksgiving
     
    Photo du traditionnel repas de Thanksgiving.  (PRNewsFoto/Butterball Turkey Company)

    Photo du traditionnel repas de Thanksgiving. (PRNewsFoto/Butterball Turkey Company)

    Pour comprendre l’histoire de Thanksgiving, il faut remonter à  l’arrivée en Nouvelle Angleterre d’une centaine de pèlerins ayant fui la persécution religieuse britannique, pour les uns, ou la trop grande liberté des moeurs d’Amsterdam, pour les autres.

    Après une traversée difficile à bord du Mayflower, les Pèlerins débarquent à Plymouth le 11 décembre 1620. Le premier hiver est dévastateur ; sur les cent-dix pèlerins, seulement cinquante survivent au froid et au manque de nourriture.

    Une fois le printemps revenu, ces survivants doivent se constituer une réserve pour le prochain hiver. Or la terre, le climat, les plantes, tout leur semble hostile. Survient alors un événement déterminant de l’histoire américaine.

    Samoset et Squanto, deux Indiens Iroquois de la tribu des Patuxets, viennent à leur secours. Ils leur font découvrir les bienfaits de certaines plantes et le danger mortel d’autres. Ils leur enseignent la chasse et la pêche et, surtout, ils leur apprennent à récolter le maïs.

    En octobre 1621, la moisson est exceptionnelle, ils peuvent faire des réserves de maïs, de haricots et de potirons pour l’hiver à venir.

    Le gouverneur de la colonie, William Bradford, décide alors de proclamer un jour de remerciement et d’action de grâce que les pèlerins partagent avec leurs voisins Indiens (ces derniers apportent du gibier et des dindes à rôtir).

    Pour beaucoup, cette célébration est à l’origine de la fête de Thanksgiving. Pour d’autres, l’origine remonte à 1623 : en raison de la sécheresse qui a réduit les récoltes, le même gouverneur Bradford proclame une journée de jeûne et de prière.

    La pluie venant arroser les champs peu de jours après et sauvant ainsi la colonie d’un grand malheur, Bradford annonce, pour le 29 novembre, un jour de remerciement.

    La coutume d’une fête des récoltes se poursuit depuis cette période. Pendant la Guerre d’Indépendance, le Congrès recommande d’instaurer une journée d’action de grâce dans tout le pays. Le premier président des États-Unis, George Washington, suggère la date du 26 novembre.

    En 1863, le président Lincoln fait revivre la tradition et, depuis lors, chaque président désigne lui-même ce jour, le quatrième jeudi de novembre, comme une fête nationale. Aujourd’hui, Thanksgiving est considéré comme une fête traditionnelle, au même titre que Noël.

    Les traditions de Thanksgiving

    C'est pendant la période de Thanksgiving que les Américains voyagent le plus en avion et en voiture pour se réunir avec des membres de leur famille et avec des amis. Un grand nombre d'entre eux assistent à un défilé organisé pour l'occasion, notamment à celui du grand magasin Macy's qui est télévisé en direct de New York. D'autres suivent à la télévision des matchs de football américain. À l'étranger, les soldats américains ont droit à un repas traditionnel ce jour-là.

    Une dinde farcie accompagnée d'une purée de pommes de terre, de patates douces, d'une gelée de canneberge et une tarte à la citrouille sont les éléments de base d'un repas de Thanksgiving.

    Des milliers d'associations caritatives servent un repas chaud aux désavantagés et à tous ceux qui se présentent, et des millions de dindes surgelées sont offertes à des familles chaque année. 

    Parmi ces citoyens généreux figurent des membres de la tribu indienne Morongo de San Bernadino (Californie) qui apportent depuis vingt-trois ans une aide aux familles dans le besoin lors de la journée de Thanksgiving. En 2008, cette tribu a annoncé qu'elle avait offert 11.000 dindes, soit le nombre le plus élevé depuis le début de son aide.

    C'est là un bon rappel du rôle que les Amérindiens ont joué lors du premier Thanksgiving américain, une fête organisée par les premiers pèlerins pour remercier les Indiens de leur avoir transmis leurs connaissances et leur savoir-faire, sans lesquels ils n'auraient probablement pas survécu.

    Interprétation moderne

     

    Aujourd’hui encore, le repas de Thanksgiving fait une large place aux produits originaires d’Amérique du Nord. La dinde — qu’elle ait été plongée dans la saumure pendant toute la nuit, arrosée de beurre pendant sa cuisson au four ou frite en plein air — est le plat de résistance. D’ailleurs, les Américains qui mangent de la dinde sont si nombreux que cette journée est également appelée « le jour de la dinde » (Turkey Day). Les accompagnements sont généralement composés de farce à base de pain, de gelée de canneberges et de purée de pommes de terre. Au moment du dessert, on consomme normalement une part de tarte à la citrouille.

     

    Variantes régionales

     

    Si la dinde et les canneberges figurent toujours au menu d’un repas traditionnel de Thanksgiving, la sauce à laquelle elles sont servies, et les autres plats préparés, dépendent souvent de la personne qui fait la cuisine. Les traditions familiales, les origines ethniques et les saveurs régionales font que chaque repas de Thanksgiving est unique.

    Dans le nord-est des États-Unis, par exemple, on pourrait servir une dinde enrobée de sirop d’érable du Vermont et une farce de pain rehaussée de châtaignes, de romarin et de thym. À Baltimore, il n’est pas question de faire l’impasse sur la choucroute : héritage allemand oblige.

    Dans le sud-est des États-Unis, les maîtres-queux ont créé des variantes qui sont devenues populaires bien au-delà de leur région. Des mets originaires du sud-est, dont le pain de maïs aux huîtres et les patates douces confites avec des guimauves grillées, sont au menu un partout aux États-Unis. Le dessert non plus n’échappe pas aux variations régionales. Les habitants de la Floride ont un faible pour la tarte à la lime des Keys (Key lime pie), ceux de Géorgie préfèrent la tarte à la noix de pécan, tandis que ceux de Caroline du Nord ne pourraient se passer de la tarte à la patate douce.

     

    Dans le Midwest, grande région agricole, le menu prouve bien que les convives ont un bon coup de fourchette : on dévore de la farce au riz sauvage dans le Minnesota, un ragoût de haricots verts dans l’Illinois et de la gelée de canneberges et de cerises dans le Michigan. Dans l’Indiana, le repas pourrait se terminer par un dessert au kaki, un pudding cuit à la vapeur similaire au plum-pudding anglais, mais confectionné avec le kaki du terroir.

     

    Influencé par les traditions culinaires amérindiennes, mexicaines et espagnoles, un repas de Thanksgiving dans le sud-ouest des États-Unis comprend des mets riches en épices et herbes aromatiques. La dinde peut être badigeonnée d’une pâte faite de piment ancho et de cumin, la farce au pain de maïs contenir des piments verts, et les patates douces être imprégnées de piment chipotle. Le flan à la citrouille supplante la tarte à la citrouille comme dessert préféré.

     

    Dans l’ouest des États-Unis, où les fruits et légumes poussent en abondance, le repas de Thanksgiving a des accents de fraîcheur. En Californie, les cuisiniers assaisonnent la dinde à l’ail, à la sauge et au thym et ils incorporent des champignons sauvages dans leur farce à base de levain. Dans l’État de Washington, on remplace volontiers les pommes de terre par une purée de patates douces et on ajoute des morceaux de noisettes du terroir à la farce.

     

    Du sirop d’érable et des châtaignes, à l’ail et aux noisettes, les variantes régionales du repas moderne de Thanksgiving reflètent non seulement l’histoire unique de chaque cuisinier, mais aussi la grande diversité de l’Amérique. La manière de servir les restes fait elle aussi l’objet d’un grand débat – et de nombreuses variations.

     

    Recette

    Recette de la tarte au potiron de la grand-mère Sander (Extrait de "Les Américains à table, un patrimoine culinaire aux ingrédients variés", E-Journal Août 2004)
    (Quantité : deux tartes de 20 cm de diamètre)

    Pâte

    3 tasses de farine
    1 cuillerée à café de sel
    1 tasse de saindoux (ou de graisse végétale ou de
    beurre ou un mélange)
    1 oeuf battu
    1 cuillerée à café de vinaigre
    5 cuillerées à soupe d’eau

    Travailler la farine, le sel et le saindoux à la main jusqu’à l’obtention d’un mélange léger ayant la consistance de miettes de pain. Ajouter l’oeuf, le vinaigre et l’eau. Mélanger. Diviser la pâte en deux et en faire deux boules. Envelopper chaque boule dans un film étirable saupoudré de farine. Une fois que la pâte a durci (30 minutes environ), placer la boule sur une surface saupoudrée de farine et étaler la pâte au rouleau. Si la
    pâte est trop collante, ajouter de la farine. Placer la pâte étalée dans un plat à tarte de 20 cm. Relever le bord de la pâte et pincer. Procéder de même pour la deuxième boule de pâte.

    Garniture

    3 tasses de potiron cuit à la vapeur, en purée (800 g environ)
    1 tasse 1/2 de sucre roux (400 g environ)
    2 cuillerées à café de cannelle
    1 cuillerée à café de gingembre (frais ou en poudre)
    1 cuillerée à café de sel
    4 oeufs
    3 tasses de lait (3/4 litre environ)
    1 tasse de crème fleurette (1/4 litre environ)

    Incorporer le sucre, les épices et le sel au potiron.
    Battre les oeufs légèrement et les mélanger au lait et à la crème. Bien mélanger le tout et verser dans les deux croûtes crues préparées (voir recette ci-dessus). Faire cuire à four très chaud (200 ºC) jusqu’à ce que la garniture au potiron soit ferme (environ 45 minutes). Laisser refroidir les tartes avant de servir. Décorer à la crème fouettée.


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