• Languedoc-Roussillon Bourquin et Alary ne veulent pas être débordés par la vague rose

    ARNAUD BOUCOMONT
    22/06/2012, 06 h 00 | Mis à jour le 22/06/2012, 09 h 50
    Alary et Bourquin, mêmes combats ?
    Alary et Bourquin, mêmes combats ? (M.E.)

    Christian Bourquin et Damien Alary, respectivement président du conseil régional et du conseil général du Gard, avaient-ils en tête la chanson de Michel Berger, "Résiste..., Prouve que tu existes" ?

    Toujours est-il qu’ils viennent de se faire remarquer. L’un en répétant sur les ondes de France bleue ce qu’il avait déjà dit à Midi Libre : "Montpellier m’intéresse." L’autre en affichant clairement sa candidature à la mairie de Nîmes, en 2014.

    "Il en va de Bourquin comme d’Alary. Leur truc c’est “Comment j’existe dans une situation politique où d’autres sont mis en valeur, une nouvelle génération...?” Ce sont des postures, pour ne pas dire des impostures." C’est un nouveau député qui parle, sous couvert d’anonymat. On lui aurait presque gâché son plaisir, à l’heure de la consécration de cinq socialistes dans le Gard, huit dans l’Hérault.

    C’est probablement ce qu’a ressenti Fabrice Verdier, tout frais parlementaire gardois, quand Alary, lundi en pleine fête autour des nouveaux députés, a annoncé briguer la tête de liste municipale à Nîmes : "Si je peux comprendre sa décision, je suis dubitatif sur le timing, lâche Verdier. L’actualité, c’était les législatives."

    Un autre cadre du PS, sous le sceau de la discrétion, est plus radical : "C’est n’importe quoi ! On sent presque de la jalousie. Le conseil général est un bateau ivre. On devrait avoir une réflexion sur le FN, se demander comment y répondre avec tous les leviers qu’on a maintenant. Et au lieu de ça, sa réponse, c’est “moi je”". La “menace” de la relève - la députée Françoise Dumas pouvant prétendre à la tête de liste nîmoise - aurait "fait accélérer" Alary, diagnostique un élu.

    "Les féodaux marquent leur territoire"
    Le socialiste Paul Alliès

    Bourquin et Alary ne diraient donc rien d’autre que “Je ne suis pas mort politiquement”. "Chez Bourquin, c’est un désir existentiel maladif, compulsif", assure un conseiller régional. Si la jeune garde hésite encore à afficher ouvertement son agacement, les vieux briscards ont moins de pudeurs.

    "Bourquin prend son pied dans les campagnes, il est insatiable, résume François Delacroix, conseiller régional et ex-proche de Frêche, aujourd’hui placardisé par Bourquin. Il dit qu’il fait ça pour ennuyer les autres candidats, parce qu’il veut s’amuser. Mais est-ce que c’est intelligent ? Et est-ce que c’est ce que les gens attendent ?"

    Le Piscénois Paul Alliès, secrétaire national adjoint du PS, n’est pas tendre non plus : "Les féodaux marquent le territoire. Ils se disent que s’ils sont nombreux à le faire, la gauche et Hollande reculeront sur le calendrier et les règles du non-cumul des mandats." Car selon Alliès, c’est l’avenir de ce non-cumul qui se joue en coulisses. Et la pression mise par certains pour que la loi attende "après 2014".

    Face à "l’appel d’air, la féminisation, le rajeunissement, les barons veulent imposer leur vision, comme ils l’ont toujours fait", insiste Alliès. Peut-être Bourquin et Alary négocient-ils aussi autre chose. Poker menteur délicat...

    Les cartes viennent d’être redistribuées. "C’est leur façon d’assécher le dessous du baobab, c’est assez classique", explique Paul Alliès pour imager le fait que Bourquin et Alary cherchent à tuer dans l’œuf les velléités de certains. Que Bourquin le fasse en pleine campagne présidentielle était, observe Alliès, "assez surréaliste, exotique". Ça doit être à cause du baobab.

    Cette ville de Montpellier qui "intéresse" tant

    Christian Bourquin est-il oui ou non candidat à la mairie de Montpellier ? L’hypothèse paraît farfelue. D’autant plus que la loi sur le non-cumul sera passée par là. Bourquin devra déjà lâcher un mandat. Alors en briguer un autre... "En attendant, il apparaît comme le symbole du politique cumulard", note un élu. Pour un autre, "Bourquin dit qu’il est “intéressé”, il joue avec les mots, avec le temps, il gèle la situation, mais il ne trouve rien de mieux que la pourrir". Occupe-t-il le terrain pour mieux laisser le champ libre à un autre ? Certains l’imaginent œuvrer pour son directeur général des services à la Région, Claude Cougnenc. Mais plusieurs sondages confidentiels laisseraient à penser que ce dernier a un gros déficit de notoriété à combler.

    La suite dépendra de paramètres encore inconnus : la majorité émergeant du congrès national du PS, en octobre ; l’attitude du maire, Hélène Mandroux, celle des multiples prétendants et le jeu des alliances ; la perspective de primaires, façon présidentielle ; enfin, le rapport de forces interne au PS dans l’Hérault. Alors qu’un conseil fédéral aurait dû être mis en place en mars, le siège parisien du PS a demandé de "ne pas réinventer la machine à guerroyer" en période électorale, explique le nouveau député Christian Assaf... Qui exige de faire partie, avec les autres parlementaires, d’un collectif provisoire, si rien ne bougeait d’ici le congrès. Et qui appelle à ce que "les proches de l’ancienne équipe" Navarro y soient associés.


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