<figure data-src-format="photo" role="group">Lyon, le 2 septembre 2014. Les anciens verriers de Givors ont cité leur ancien employeur O.I.-Manufacturing devant les Prud'hommes de Lyon  pour obtenir l'indemnisation du préjudice d'anxiete pour l'exposition a l'amiante et aux produits cancerigenes.<figcaption>Lyon, le 2 septembre 2014. Les anciens verriers de Givors ont cité leur ancien employeur O.I.-Manufacturing devant les Prud'hommes de Lyon pour obtenir l'indemnisation du préjudice d'anxiete pour l'exposition a l'amiante et aux produits cancerigenes. - Elisa Riberry / 20 Minutes</figcaption></figure>

Elisa Riberry

    • Créé le <time datetime="2014-09-02" pubdate="">02.09.2014 à 22:05</time>
    • Mis à jour le <time datetime="2014-09-03">03.09.2014 à 00:10</time>
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Onze ans après la fermeture de l’usine, les anciens verriers de Givors ne baissent pas les bras. Une soixantaine d’entre eux a fait cité, ce mardi devant le Conseil des Prud’hommes de Lyon, leur ex-employeur O.I.-Manufacturing (repreneur de BSN-Glasspack) pour obtenir l’indemnisation du préjudice d’anxiété lié à leur exposition à l’amiante et aux cancérogènes.

Une première en France

Cette action collective était également destinée à obtenir la délivrance d’attestations d’expositions aux cancérogènes. Une dernière requête jusqu’alors jamais examinée en France, jugée essentielle par les verriers. «Cette attestation permettrait, pour tous ceux non malades, de bénéficier d’un suivi médical aujourd’hui refusé par la sécurité sociale. Pour les verriers malades, cela leur permettrait d’obtenir la reconnaissance comme maladie professionnelle et pour les veuves des verriers, une pension de 100 % à la mort de leur époux», explique le coordinateur de l’association Les verriers de Givors, Laurent Gonon, mobilisé pour faire valoir les droits des Givordins depuis des années.

Plus de 150 décès

Car ce nouveau combat judiciaire n’est qu’une action parmi bien d’autres entamées par d’anciens verriers ou leurs familles depuis la fermeture de l’usine en 2003 après l’apparition des premières maladies. Sur les 226 personnes suivies par l’association, 157 sont décédées et 58 ont déclaré des maladies. Des cancers pour beaucoup des poumons, des voies aérodigestives, de l’appareil digestif mais également de nombreux problèmes cardiaques. «« On ne compte plus les morts. Vous imaginez l’angoisse pour tous les anciens verriers qui ont vu partir de multiples camarades et ont presque la certitude de tomber un jour malade à cause de ces expositions», confie Marlène Cervantès, vice-présidente de l’association. C’est indispensable qu’ils aient des indemnités pour cette angoisse permanente, le bouleversement de leurs conditions de vie. Toutes nos familles ont été détruites».

Quelques premières victoires

En 2012, la jeune femme a perdu son père, Christian, un ancien verrier décédé après avoir déclaré deux cancers. Après des années de combat judiciaire, le tribunal des affaires de la sécurité sociale de Lyon a reconnu en avril dernier, en maladie professionnelle, les cancers de Christian Cervantes, pour son exposition à l’amiante, aux solvants et aux hydrocarbures. En mai 2013, la même juridiction avait également reconnu que la maladie professionnelle déclarée par un autre verrier Joseph d’Introno, également décédé, «était imputable à la faute inexcusable de l’employeur». Des décisions qui n’ont fait qu’encourager davantage les anciens verriers à poursuivre leur bataille. «On s’appuie sur ces décisions aujourd’hui pour l’action collective. C’est sûr qu’on est décidé à aller jusqu’au bout», ajoute Laurent Gonon. Le Conseil des prud’hommes devrait rendre sa décision d’ici un à deux mois.