• Le flibustier Murdoch contre-attaque pour sauver son empire

    Le flibustier Murdoch contre-attaque pour sauver son empire

    Une édition dominicale du tabloïd britannique The Sun, baptisée The Sun on Sunday, sera lancée le 26 février, en remplacement du défunt News of The World. Le scandale des écoutes téléphoniques n'est pas près d'avoir raison de Rupert Murdoch. 

    20.02.2012 | Roy Greenslade | The Guardian

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    Rupert Murdoch lit The Sun en quittant son domicile de Londres, 17 février 2012.

    Rupert Murdoch lit The Sun en quittant son domicile de Londres, 17 février 2012.

    Quand Rupert Murdoch a lancé sa contre-attaque le 17 février, j'ai cité un vieux salarié du Sun, un homme sage, qui disait : "Il a remis ça !" Eh bien ! il a encore remis ça, au grand étonnement de tout le monde, en décidant de lancer le 26 février une édition dominicale du Sun. Le magnat des médias est un vieux roublard, jamais aussi bon que lorsqu'il est acculé.

    J'ai cru qu'il avait perdu la partie quand il est apparu devant la commission parlementaire d'enquête l'année dernière, en particulier après sa piteuse prestation dans la semaine qui a suivi la révélation de l'affaire Milly Dowler [News of the World
    était accusé d'avoir piraté la messagerie d'une adolescente enlevée et tuée en 2002].

    De toute évidence, j'avais tort : cette nouvelle ruse porte la marque de Rupert. Ses concurrents vont être pris de court, incapables de préparer leur riposte. Incontestablement, il nous réserve encore des surprises. Attendons-nous à un premier numéro du Sun on Sunday très peu cher. Attendons-nous à ce qu'il inonde le marché. Et surtout, attendons-nous à ce qu'il tienne le cap, car l'enjeu est de taille : Murdoch veut s'acheter une conduite.

    Il sait que l'arrestation des 10 journalistes du Sun [dans le cadre d'une enquête sur des versements de pots-de-vin] n'a pas terni la réputation du journal aux yeux de ses 2,7 millions d'acheteurs, pas plus qu'elle n'a fait fuir les annonceurs. La marque The Sun n'a donc rien perdu de son potentiel commercial. La version dominicale ne devrait donc pas ressembler du tout à News of the World. Elle s'inspirera directement du Sun, utilisant le même logo et le même design pour bien se démarquer du journal que Murdoch a été obligé de fermer.

    Cela étant, The Sun on Sunday va sans doute se faire appeler par ses initiales : SoS. Un sigle qui lui ira comme un gant. Murdoch croit qu'il peut réussir son coup, ce qui en dit long sur la puissance des flibustiers de la presse. Il va peut-être devoir rendre des comptes à ses actionnaires aux Etats-Unis, mais, pour eux, ce n'est qu'une préoccupation secondaire. Rupert a plus que jamais les mains libres.

    Cette initiative inattendue est celle d'un homme en colère, qui a essuyé un tel revers qu'on aurait pu croire qu'il allait finir par sacrifier ses intérêts dans les médias britanniques. Au lieu de cela, il contre-attaque pour sauver son empire.

    Murdoch en a fait une affaire personnelle. Il veut montrer à ses salariés, aux politiques, aux autres journaux britanniques, aux lecteurs, aux investisseurs de News Corp – autant dire au monde entier – qu'il ne se rendra pas sans combattre. Qu'on l'aime ou qu'on le déteste, on ne peut qu'admirer son culot. Quel gaillard !


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