• Le lobby pastoral fait feu de tout bois

    Le lobby pastoral fait feu de tout bois

    Le loup serait biodiverticide car consommateurs opportuniste de brebis ? Singulière biodiversité où l’état de « sauvage » du loup serait opposé à celui de « domestique » du mouton dans une échelle d’appréciation sur les retours attendus de l’explosion de biodiversité.

    Une réaction à l'article de Libération :"Rebonds- Plaidoyer pour des écosystèmes non désertés par les bergers" par un "groupe de scientifiques. (ici) 

    par Marc Laffont 


    Rebonds-plaidoyer-ecosystemes-bergersEmployés de l'INRA, anthropologues, sociologues, ethnologues, agronomes..., ne manque qu'un socio-linguiste ! 
Pour la quasi-totalité, aussi éminents soient certains dans leur branche,  ce ne sont pas là des scientifiques spécialistes des écosystèmes, mais des nostalgiques d'un Monde en voie de perdition (ou plutôt, déjà perdu). Mais si on peut embobiner le quidam, on relance la planche à subventions pour quelques temps. 
Il y a un côté "encore un instant, monsieur le bourreau..." dans ce type de démarche.
 Une partie a déjà signé un appel pour "sauver" les Cévennes cet été.

    Marc Laffont

    A propos de l'article "Le loup détruit la biodiversité dans nos contrées" du blog de Médiapart qui reprend l'information, sous la plume de François Degert(ici) 

    par Gérard Bozzolo
     
    Je suis saisi par le raccourci entre le titre et la liste des signataires. Le contenu n’est pas à piquer des vers non plus.
     
    La liste allongée des référents scientifiques est un peu consternante. Pour beaucoup, il s’agit de chercheurs ou « ex » chevronnés et reconnus dans leur branche d’expertise. Certains ne sont tout de même pas des perdreaux de l’année ! Comment peuvent-ils s’égarer dans de pareils raccourcis ?

    De deux choses l’une: soit ils n’ont pas lu ce texte ou bien même leur pseudo signature est un copié collé sans vergogne, pratique aussi sauvage que celle des loups, soit, en dehors de leur domaine de compétence, leur sens du discernement est altéré. Il n’est pas rare que des prix Nobel, ce qu’ils ne sont pas, se piquent d’apporter leurs lumières sur des sujets tous azimuts et dans des domaines qu’ils ne maitrisent pas. Alors leur réflexion ne dépasse pas celle du simple quidam à la tête bien faite, quand leurs recommandations ne sont pas simplement à côté de la plaque.
     
    Le titre provocateur est évidemment une inversion de la réalité en forme de fiction. Le loup serait biodiverticide car consommateurs opportuniste de brebis ? Singulière biodiversité où l’état de « sauvage » du loup serait opposé à celui de « domestique » du mouton dans une échelle d’appréciation sur les retours attendus de l’explosion de biodiversité.

    Tout semble construit autour des multiples bienfaits de l’agro-pastoralisme. Ce terme évocateur est-il utilisé à bon escient ou sert il d’image d’Epinal pour la com ? Pastoralisme sous-tend la présence de pasteurs ou plus spécifiquement de bergers pour les troupes d’ovins caprins. Or, trop souvent, il s’agit d’agro-ranching (sans berger) auquel on accole cette étiquette plus aguicheuse. Et puis, si ce système était la panacée vertueuse de l’élevage, pourquoi a-t-il disparu en même temps que la vaine pâture sur  le domaine de l’agriculture conventionnelle ?
     
    Opposer cette forme d’élevage aux autres plus intensives est un peu foireux et peu amène pour des zootechniciens avérés : chaque système de production est entouré d’avantages et d’inconvénients. La balance est orientée par l’évolution des attentes de la société et celles des goûts et demande des consommateurs. L’économie est souvent le moteur le plus puissant de leur sélection.
     
    Oui, les biotopes semi-ouverts peuvent être riches en biodiversité végétale et zoologique. L’élevage, à condition qu’il soit guidé, peut contribuer à maintenir cette dynamique sous réserve que la pression de pâturage soit faible ! Or, naturellement le mouton est plutôt enclin au surpâturage lorsqu’il n’est pas conduit et au refus des parties du domaine trop matures ou non comestibles et qui se transforment en landines lignifiées. A l’inverse, la pression de pâturage ponctuelle excessive est biodiverticide et aboutit à la simplification des compositions végétales.
     
    Proclamer que les moyens de protection et les méthodes d’effarouchement sont épuisés face à la perspicacité des loups me parait un peu court. Je ne sache pas non plus que l’INRA, par exemple, ait beaucoup expérimenté dans ce domaine et que des budgets y soient consacrés. Idem pour ce qui est des filières ovines qui ne bénéficient pas d’un intérêt démesuré.

    Les idées préconçues et l’âge sont des fossoyeurs de l’inventivité et de la créativité en matière de recherche dans bien des domaines.
     
    Effectivement, au sein des territoires de l’agriculture conventionnelle, là où l’agriculture – élevage se développe sur des sites de statut privé, où les animaux sont parqués et interdits légalement de divagation, la présence de loups n’est pas souhaitable. Leur traitement devrait rejoindre celui des chiens errants ou plutôt fugueurs chez nous. Dans les milieux multi-partagés, couverts par un pastoralisme de bon aloi, les loups peuvent trouver leur place et jouer le rôle de régulateurs de la faune sauvage d’ongulés (cervidés, sangliers, dont les dégâts ne sont pas moins économiquement importants que ceux des loups).

    Encore faudrait-ils trouver des procédés pour les empêcher d’attaquer des troupeaux gardés. Tirer aveuglément sur quelques spécimens anonymes à des fins létales n’apporte rien en termes d’apprentissage et donc dans leur évolution comportementale. En outre, cette volonté de régulation n’est pas opérationnelle car, naturellement, les populations locales de loups exportent leurs excédents vers les nouveaux eldorados de conquête. La maitrise de leur développement pourrait donc s’exercer dès lors qu’ils s’aventureraient dans les zones habitées de d’agriculture conventionnelle sédentarisée.
     
    Non tout n’a pas été essayé ! Dans les situations où les dégâts sont incontrôlables, réintroduisez donc des ours ! Les pertes seraient moindres. Dans les Pyrénées, là où les ours sont présents, il n’y a pas officiellement de loups, c.q.f.d.
     

    Gérard Bozzolo

    Depuis 2005, rien n'a changé...

    par Farid Benhammou

    Les grands prédateurs contre l’environnement ? Faux enjeux pastoraux et débat sur l’aménagement des territoires de montagne

    La mise en avant des grands prédateurs comme « objet anti-environnemental » et « lubie » exclusive des écologistes urbains est un paravent des difficultés de l’évolution de l’élevage ovin dans les montagnes françaises.

    Le discours des syndicats agricoles, dans lequel abondent certains chercheurs, présente la défense d’un pastoralisme rêvé (souvent mal décrit dans ses formes, ses tenants et aboutissants, ses effets socio-économiques et écologiques).

    L’élevage prétendument défendu contre le loup dans les Alpes du Sud s’inscrit depuis maintenant plusieurs années dans une logique nécessitant moins d’homme et plus de bêtes, et ce, bien avant le retour de grands prédateurs.

    Les généralisations sur les portées écologiques bénéfiques et indispensables du pastoralisme se font un peu rapidement dans les écrits et les prises de position sans que cela semble faire débat. La stigmatisation du loup procède d'une réaction anti-environnementale qui habille d'une rhétorique écologiste des intérêts qui font peu de cas de la préservation de l'environnement.


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