• Le parti Russie Unie de Vladimir Poutine arrive en tête des législatives

    Le parti Russie Unie de Vladimir Poutine arrive en tête des législatives

    LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 04.12.11 | 07h33   •  Mis à jour le 04.12.11 | 21h02

    Le premier ministre russe Vladimir Poutine a voté au scrutin législatif de dimanche 4 décembre à Moscou.

    Le premier ministre russe Vladimir Poutine a voté au scrutin législatif de dimanche 4 décembre à Moscou.AFP/ALEXEI NIKOLSKY

    Le parti Russie unie du premier ministre Vladimir Poutine a remporté les élections législatives de dimanche 4 décembre avec 47,34 % des voix, selon des résultats provisoires portant sur 26,4 % des bureaux de vote, a annoncé la Commission électorale centrale. "Autant que je sache, il n'y a pas eu d'infractions", a affirmé son chef, Vladimir Tchourov, estimant que la participation avait été d'"au moins 60 %".

    Le Parti communiste, principal mouvement d'opposition à la Douma, la chambre basse du Parlement russe, obtient 20,2 % des voix, le parti libéral-démocrate, de tendance nationaliste, 13,36 % et le parti de centre-gauche, Russie juste, 13,34 % des voix, selon ces résultats préliminaires. Le parti d'opposition Iabloko n'a pas franchi le seuil minimum de 7 %. Le parti d'opposition libérale Parnass, écarté du scrutin, avait lui appelé, comme l'opposition radicale, à boycotter le scrutin ou à voter nul en maculant son bulletin en signe de protestation.

    "C'est la démocratie en action", a commenté le président russe Dmitri Medvedev, tête de liste de Russie unie. Il a estimé que "la répartition [des sièges] que nous allons avoir à la Douma reflète la réalité de la répartition des forces politiques dans le pays". "C'est un résultat optimal qui reflète la situation réelle dans le pays. En nous appuyant sur ce résultat nous pourrons assurer le développement stable du pays", a pour sa part déclaré M. Poutine.

    Quelque 110 millions d'électeurs étaient appelés à voter dimanche pour désigner les 450 députés de la Douma lors d'un scrutin-test pour le premier ministre russe qui s'apprête à revenir en 2012 au Kremlin, après deux mandats de président (2000-2008), sur fond de baisse de popularité. La victoire de son parti était toutefois attendue, dans un paysage politique verrouillé, à l'issue d'une campagne marquée par des irrégularités et des pressions sans précédent.

     

    UN NET DÉCLIN DE RUSSIE UNIE

     

    Quelque 110 millions d'électeurs sont appelés à désigner les 450 députés de la chambre basse du Parlement (Douma).

    Quelque 110 millions d'électeurs sont appelés à désigner les 450 députés de la chambre basse du Parlement (Douma).REUTERS/YURI MALTSEV

    Ces résultats concordent avec ceux donnés plus tôt par un sondage réalisé à la sortie des bureaux de vote par l'institut de sondage Vtsiom et cité par la télévision publique Rossia 1 à la clôture du scrutin. Selon ce sondage, avec 48,5 % des voix contre 64,3 % aux législatives de 2007, Russie unie pourrait perdre la majorité absolue dont elle disposait jusqu'alors, obtenant 220 sièges de députés contre 315 dans la Douma sortante.

    Les sondages avaient révélé une baisse de popularité ces derniers mois de la formation présidée par Vladimir Poutine et dont Dmitri Medvedev était la tête de liste. Face à cette situation, les autorités ont cherché à mobiliser les électeurs par tous les moyens en exerçant des pressions sans précédent sur les administrations et les salariés, selon l'opposition et plusieurs ONG russes.

    >> Lire : En Russie, le parti pro-Poutine se raidit

    Toutefois, s'il est en baisse de près de 20 points par rapport à son résultat de 2007, le parti au pouvoir pourrait parvenir à garder sa majorité absolue en sièges grâce à un système complexe de répartition des voix lié au mode de scrutin proportionnel. L'un des chefs de Russie unie, Boris Gryzlov, s'est d'ailleurs félicité de la "victoire", estimant que son parti conserverait "la majorité à la Douma".

    Principal parti d'opposition à la Douma, le Parti communiste a de son côté dénoncé des fraudes "massives". "Nous avons reçu des milliers de plaintes des états-majors régionaux, confirmant le caractère massif des infractions et des falsifications", a déclaré, dans un communiqué, Ivan Melnikov, membre du comité central du PC. Il s'est joint ainsi aux accusations lancées par l'opposition libérale, les défenseurs des droits de l'homme, des médias indépendants et des ONG qui ont dénoncé une campagne de pressions commencée bien avant le scrutin.

    CINQ SITES INDÉPENDANTS INACCESSIBLES

     

    Des officiers de la marine russes votent aux élections législatives du 4 décembre dans leur base militaire située à Sevastopol en Ukraine.

    Des officiers de la marine russes votent aux élections législatives du 4 décembre dans leur base militaire située à Sevastopol en Ukraine.AP/Andrew Lubimov

    Au moins cinq sites internet indépendants russes étaient inaccessibles dimanche matin : celui de la radio Echo de Moscou, qui a dénoncé une cyber-attaque, ainsi que les sites du quotidien Kommersant, de l'hebdomadaire New Times, de l'ONG Golos ainsi que son site interactif La carte des fraudes.

    "L'attaque sur le site le jour des élections est clairement une tentative de gêner la publication d'informations sur les fraudes", a estimé Alexeï Venediktov, rédacteur en chef de la radio Echo de Moscou, contrôlée par le géant gazier Gazprom mais restée jusqu'à présent la principale station russe à offrir des informations indépendantes. Il a indiqué à l'agence Interfax que la radio allait adresser une plainte au Parquet et à la Commission électorale centrale.

    Des blogueurs russes s'étaient déjà dits samedi victimes d'une cyber-attaque contre la plate-forme LiveJournal, un des principaux sites hébergeant des blogs.

    "CAMPAGNE DE HARCÈLEMENT PAR LE POUVOIR"

    Golos, une association financée par des fonds occidentaux qui signale les fraudes électorales dont la plupart sont imputées à Russie unie, a dénoncé samedi une "campagne de harcèlement par le pouvoir" après que sa dirigeante a été retenue à la douane d'un aéroport de Moscou pendant douze heures et vu son ordinateur confisqué.

    Cette ONG fait l'objet d'une enquête du parquet de Moscou qui la soupçonne de propager des "rumeurs" et a été condamnée vendredi à une amende de 30 000 roubles (700 euros) pour violation de la loi électorale.

    >> Lire : L'ONG Golos, chargée de surveiller les élections russes, harcelée par Moscou

    DES MANIFESTANTS ARRÊTÉS

     

    Des officiers de police russes interpellent un opposant venu manifester place Triumfalpava, à Moscou, contre les législatives de dimanche 4 décembre.

    Des officiers de police russes interpellent un opposant venu manifester place Triumfalpava, à Moscou, contre les législatives de dimanche 4 décembre.AFP/KIRILL KUDRYAVTSEV

    Pour parer à tout éventuel rassemblement contestataire, le mouvement de jeunesse pro-Kremlin Nachi a annoncé qu'il réunirait jusqu'à 15 000 militants dans le centre de Moscou au moment des législatives pour "neutraliser" toute action visant à contester le scrutin.

    Plus de 170 opposantss, dont l'écrivain Edouard Limonov, ont été interpellés dimanche alors qu'ils tentaient de prendre part à des manifestations non autorisées à Moscou et à Saint-Pétersbourg pour protester contre le déroulement des législatives, a annoncé la police dans ces deux villes. L'écrivain controversé Edouard Limonov, qui a annoncé son intention d'être candidat à la présidentielle de 2012, a été interpellé lorsqu'il s'approchait de la place Trioumfalnaïa, lieu de rassemblement traditionnel de l'opposition radicale à Moscou.

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