• Les comptes à Genève accablent le flic Neyret

    Les comptes à Genève accablent le flic Neyret

    | La police des polices multiplie les découvertes qui donnent à l’ex-superflic lyonnais les traits d’un ripou

      Michel Neyret Ex-No 2 de la police judiciaireà Lyon
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    Olivier Bot | 10.11.2011 | 16:34

     

    L’image du «flic à l’ancienne» de Michel Neyret s’efface peu à peu pour faire place à celle du ripou. Le rapport de la police des polices, remis aux juges cette semaine, accable l’ex-No 2 de la police judiciaire à Lyon, écroué depuis le 3 octobre à la prison de la Santé. Ses rapports avec deux figures du milieu, Stéphane Alzraa et Gilles Bénichou, sont au cœur de cette enquête. Lors d’écoutes réalisées en juillet, Stéphane Alzraa demande d’ouvrir cinq comptes pour y déposer des sommes de 1 et 7 millions d’euros au bénéfice de Neyret. Un voyage de l’épouse du commissaire à Genève en septembre pour finaliser l’opération accréditerait cette piste qui fut, dans un premier temps, écartée.

    Lors d’une audition de Neyret par l’Inspection générale des services (IGS), dont fait état le quotidien Le Parisien, Michel Neyret lui-même confirme que «Gilles (ndlr: Bénichou) avait l’idée d’ouvrir un compte en Suisse au moment où j’aurais quitté mes fonctions». Des perquisitions avaient eu lieu fin septembre dans des banques de Genève à ce sujet.

    Michel Neyret n’aurait donc pas seulement franchi les limites de la légalité pour le bien des enquêtes. Les bœufs-carotte – le nom que l’on donne aux policiers de l’IGS – multiplient les découvertes troublantes. Il y a d’abord l’absence de mouvements sur ses comptes bancaires depuis le début de l’année (moins de 500 euros en cinq mois) que Neyret justifie par un héritage du côté de sa femme, que celle-ci dément. La montre Cartier offerte à son épouse, payée 28 000 euros, qui provenait en fait d’un cadeau de Gilles Bénichou. Et puis il y a les deux voyages à l’œil au Maroc au printemps dernier: le premier fut payé par un important trafiquant de cocaïne. Et enfin les séjours sans payer en Corse et près de Cannes dans une villa de Stéphane Alzraa. Sans parler des voitures de luxe prêtées par le même.

    Quand Nicole Neyret – l’épouse qui s’est éloignée de lui après trente ans de vie commune – parle de lui comme d’un «flic véreux corrompu par les frères Gilles et Albert Bénichou», cela n’aide pas sa défense. Les inspecteurs de l’IGS explorent encore d’autres pistes dans cette affaire, qui a déjà conduit à la mise en examen de huit personnes dont quatre collègues de Neyret. La première concerne des homicides. La seconde, une vaste opération de blanchiment d’argent dans une escroquerie au remboursement de TVA sur la Bourse des émissions carbone, commise au préjudice du fisc français.


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