• 11 septembre 2012 - 18H00  

     

    Roms: Valls campe sur sa ligne de "fermeté" malgré les critiques

    Manuel Valls, soumis à de nouvelles critiques de défenseurs des droits de l'Homme, a campé mardi sur sa ligne de "fermeté" face aux campements illégaux de Roms, à la veille d'une visite officielle en Roumanie, marquée par une nouvelle évacuation.

    Manuel Valls, soumis à de nouvelles critiques de défenseurs des droits de l'Homme, a campé mardi sur sa ligne de "fermeté" face aux campements illégaux de Roms, à la veille d'une visite officielle en Roumanie, marquée par une nouvelle évacuation.

    AFP - Manuel Valls, soumis à de nouvelles critiques de défenseurs des droits de l'Homme, a campé mardi sur sa ligne de "fermeté" face aux campements illégaux de Roms, à la veille d'une visite officielle en Roumanie, marquée par une nouvelle évacuation.

    La France "ne peut pas accueillir toute la misère du monde et de l'Europe", a affirmé le ministre de l'Intérieur sur BFMTV-RMC. "Nous ne pouvons pas nous permettre d'accueillir toutes ces populations qui sont souvent des damnés de la Terre, qui sont pourchassées dans leur pays, qui sont discriminées."

    La France "prend sa part en matière d'asile, en matière d'insertion mais le message est clair : c'est la fermeté", a-t-il ajouté, en réaffirmant sa volonté de "démanteler les campements quand il y a une décision de justice".

    Au moment où il donnait l'interview, des CRS encadraient l'évacuation a la mi-journée d'un camp d'une centaine de Roms à Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne).

    Le maire UMP de la ville, Didier Gonzales, s'est réjoui auprès de l'AFP de l'évacuation, en application d'une décision de justice datant du 30 mai 2012. Situé en zone Seveso II, le campement représentait "un trouble manifeste à l'ordre public", a dit l'élu.

    Mais pour le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti), la poursuite du démantèlement des camps roms est "brutale".

    "Le ministre de l'Intérieur va répétant vouloir ajouter de l'humanité à la fermeté : expulser, oui, mais humainement. La réalité des chiffres et des actes dément cet équilibre affiché : l'humanité n'est que poudre aux yeux", déclare le Gisti dans un communiqué.

    Selon l'association, spécialisée dans le droit des étrangers, de 2.000 à 3.000 Roms ont été évacués en juillet et août des terrains qu'ils occupaient, "un chiffre comparable à celui de l'été 2011 et nettement supérieur à celui de l'été 2010, à l'époque du sarkozysme."

    "Il y aura sans doute avant la fin du mois de septembre, 7.000 Roumains ou Bulgares qui ont été reconduits à travers le système d'aide au retour", a reconnu Manuel Valls, en admettant toutefois que d'autres étaient "arrivés".

    Pour discuter de leur "intégration" dans la population roumaine, le ministre se rendra mercredi à Bucarest avec le ministre délégué aux Affaires européennes Bernard Cazeneuve.

    "L'essentiel de la solution se trouve au niveau européen", a rappelé M. Valls qui doit notamment rencontrer le président roumain Traian Basescu.

    La population des Roms en France est estimée à environ 15.000 par les associations et à près de deux millions en Roumanie.


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    VIDEO. Roms: l'encombrant soutien de Serge Dassault à Manuel Valls

    Par , publié le <time datetime="2012-09-10 18:55:49" itemprop="startDate" pubdate="">10/09/2012 à 18:55</time>lien <time datetime="" itemprop="dateModified"></time>

    Au détour d'une foire locale à Corbeil-Essonnes, le sénateur UMP Serge Dassault a encensé l'action du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, l'assurant du soutien du Figaro, dont il est propriétaire.

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    C'est un soutien dont Manuel Valls se serait bien passé. Le 5 septembre, le ministre de l'Intérieur inaugurait la 64e foire de Corbeil-Essonnes au côté de Serge Dassault, sénateur, ex-maire de la ville et rival politique de longue date. Au détour d'un discours, celui qui est aussi propriétaire du Figaro se lance alors dans une tirade pour le moins embarrassante, filmée par le site local Corbeil infos et repérée par Le Lab

    "Je dois lui dire que nous sommes très heureux de l'action [du ministre] et c'est pour ça qu'il a, disons, l'appui du journal bien connu..."lance Serge Dassault (autour de 2'58), face à un Manuel Valls grimaçant. "S'il fait des bêtises, il l'aura pas, mais actuellement c'est très bien. Et pour les Roms, et pour les autres, c'est formidable, alors bravo Manuel, continue", applaudit le sénateur, avant que le ministre de l'Intérieur ne s'éponge le front. 

    Partisan à gauche d'une ligne dure sur la sécurité et l'immigration, Manuel Valls défend notamment le démantèlement des camps de Roms. Un sondage publié en juillet en faisait la personnalité socialiste la plus appréciée à droite, avec plus de 40% d'opinion favorable auprès des sympathisants de droite.


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    Expulsions de Roms : le "jeu du mistigri" des élus locaux

    Le Monde.fr | <time datetime="2012-09-01T16:05:36+02:00" itemprop="datePublished">01.09.2012 à 16h05</time> • Mis à jour le <time datetime="2012-09-01T17:15:04+02:00" itemprop="dateModified">01.09.2012 à 17h15</time>lien

     
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    Mircea et Angelo devant ce qu'il reste de leur campement, lundi 27 août à Evry.

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    Depuis le 31 juillet et la formulation lapidaire du ministre de l'intérieur, Manuel Valls, annonçant que "quand il y a une décision de justice, il y aura démantèlement de campement", les expulsions de Roms se sont multipliées cet été un peu partout en France. Après quelques opérations d'envergure, comme les cent cinquante personnes déplacées le 6 août à Vaux-en-Velin, dans la banlieue de Lyon, ou le démantèlement du camp de Lille-Hellemmes trois jours plus tard, l'expulsion de près de six cents Roms le 29 août à Stains, dans la Seine-Saint-Denis, a souligné la nouvelle voie de fermeté prise par le gouvernement Ayrault concernant les bidonvilles occupés par les Roms, des populations migrantes venues principalement d'Europe centrale et orientale.

    Parmi les trois mille Roms qui, selon le site Rue89, ont été évacués de leurs campements depuis l'élection de François Hollande, cette opération de démantèlement organisée à Stains est devenue d'autant plus symbolique que Michel Beaumale, maire (PCF) de la ville depuis 1996, avait signé le 15 mars 2012, à l'instar de douze autres maires de la Seine-Saint-Denis, un arrêté anti-expulsion afin d'alerter l'opinion publique et le gouvernement sur la situation des Roms expulsés sans solution de relogement à moyen ou court termes. Une cérémonie plus symbolique qu'effective, qui n'a pas empêché la police de détruire les logements d'environ six cents personnes en une journée.

    Si le maire communiste reconnaît que les expulsions ne résolvent rien, il explique que "les conditions de vie déplorables", "l'exaspération des riverains" et les "nuisances engendrées par les fumées venant des fils de cuivre brûlés et la prolifération de rongeurs" rendaient la situation intenable. "L'expulsion entraîne un regain de précarité pour les Roms, on ne fait que déplacer le problème d'une ville à l'autre. Mais on ne peut pas se contenter d'accepter le statu quo dû à la présence de ces camps", argumente M. Beaumale, avant de renchérir : "On ne peut pas accepter les bidonvilles, c'est une question de sécurité." Un argument avancé dans la grande majorité des opérations de démantèlement de camp et qui respecte formellement les indications du premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui stipule que "ces opérations sont pleinement légitimes, dès lors qu'elles interviennent en application d'une décision de justice ou pour mettre fin à une situation de danger ou de risque sanitaire immédiat".

    LE VALET DE PIQUE

    Les expulsions de camps illégaux ne sont pas nouvelles dans la Seine-Saint-Denis, un département accueillant environ trois mille Roms, selon un rapport de l'Observatoire régional de santé d'Ile-de-France (ORS) établi en janvier 2012 sur la situation sanitaire et sociale des "Rroms migrants" en Ile-de-France, et qui recoupe des données fournies par le collectif Romeurope et des chiffres de la préfecture de la Seine-Saint-Denis. Selon ces mêmes sources, il s'agit de près de la moitié de la population rom d'Ile-de-France, et d'un cinquième de la population répartie sur le territoire national, qui accueille environ quinze mille Roms. Lors du démantèlement des camps de Stains, Grégoire Cousin, de l'association European Roma Rights Center, déclarait à l'AFP qu'"en Seine-Saint-Denis, les expulsions sont très régulières". Au moins une tous les dix jours, selon lui.

    Actuellement, sur le seul territoire de la commune de Stains, trois autres camps sont visés par des procédures, selon Michel Beaumale, dont l'un situé en face du lycée Utrillo, et qui "pose des problèmes plus graves encore d'hygiène et d'insécurité". Pour le maire, la lenteur de la justice, qui peut prendre plusieurs mois à rendre une décision, aggrave encore cette situation. Car, "entre temps, il y a encore plus de gens qui s'installent" et "un campement de dix personnes, on peut le gérer, mais un campement de trois cents personnes, c'est insupportable", souligne-t-il, tout en refusant d'y voir une contradiction avec sa virulente critique des expulsions à répétition qui ne mènent à rien.

    Ces propos illustrent bien la situation inextricable dans laquelle se trouvent certains élus locaux qui, selon l'expression de Patrick Braouezec, le président de l'agglomération Plaine commune – qui comprend notamment Stains et Saint-Denis, se retrouvent à devoir jouer au "jeu du mistigri", dont le principe est simple : les joueurs doivent réussir à se débarrasser de toutes leurs cartes. Celui qui finit avec le valet de pique dans les mains a perdu.

    A l'en croire, certaines communes s'en tirent mieux que d'autres à ce petit jeu : dans les Hauts-de-Seine, par exemple, la préfecture a procédé à l'évacuation de ses quatre uniques campements dès l'été 2010, au lendemain du discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy. On est loin des cinquante campements de la Seine-Saint-Denis. "Il y a une grande injustice vis-à-vis des communes qui essayent de jouer le jeu et de trouver des solutions d'hébergement pour les Roms, car quand ça se passe bien à un endroit, d'autres familles viennent se greffer et ça devient intenable", déplore Patrick Braouezec

    LA FIN DU CARAVENSÉRAIL

    La concentration de la population rom dans la Seine-Saint-Denis s'explique en partie par la présence de nombreuses friches industrielles, et par les habitudes de vie prises par les familles roms, qui se sont installées sur ce territoire dès les années 1960. Mais le facteur déterminant reste la tradition d'accueil et d'intégration des communes de la Seine-Saint-Denis, qui ont été les premières en France à construire, dès 2005, des "villages d'insertion", des zones d'accueil hautement sécurisées regroupant jusqu'à cent vingt personnes encadrées par des associations d'aide à l'intégration.

    Plus symbolique encore, la ville de Saint-Denis a été la première à signer, en 2003, une convention avec les habitants d'un terrain appelé "Hanul" (qui signifie "caravensérail" en langue romani), et qui mettait à disposition des familles un certain nombre de services municipaux, comme l'eau, l'électricité et la collecte des ordures. Cet accord est resté une exception, et ce camp, mythifié alors comme "le plus vieux camp rom de France" a été démantelé le 6 juillet 2010.

    Avant cette date, Pierre Chopinaud, responsable de l'association Voix des Roms, se souvient d'avoir croisé Patrick Braouezec, alors maire de Saint-Denis, et Didier Paillard, qui lui a succédé en 2008, lors d'anniversaires d'enfants du quartier ainsi créé au Hanul. S'il salue les initiatives prises par les maires successifs, et "la longue tradition d'accueil de Saint-Denis", il ne peut s'empêcher de souligner que, lorsque la justice a rendu sa décision d'expulser le quartier du Hanul, à la suite de la plainte posée par le propriétaire du terrain, "la mairie ne s'y est pas opposée".

    La plupart des familles ainsi chassées de leur bidonville se sont réinstallées un peu plus loin, sur un terrain appartenant à la commune. Depuis, la mairie a élaboré, en collaboration avec les associations locales et les familles roms, un programme d'habitat autoconstruit. Avec l'aide d'un architecte, les familles construisent elles-mêmes leur logement, des cabanes en bois mais aussi des maisons d'un ou deux étages. Là, une centaine de personnes ont pu trouver refuge, première étape d'une intégration voulue de longue date par les élus locaux.

    DES PRESSIONS MULTIPLES

    Malgré toutes ces initiatives, les élus locaux se retrouvent dans une impasse juridique qui mène presque systématiquement à l'expulsion. "On porte toujours plainte, car on est obligé de le faire, révèle Patrick Braouezec. C'est comme dans un squat non dénoncé à la police : si jamais il y a un incendie, la mairie est responsable devant les tribunaux." Après, la procédure suit son cours : décision du tribunal, puis avis de la préfecture. "Parfois, la préfecture demande leur avis aux maires, parfois non", tempère M. Braouezec. Quand le ministre de l'intérieur annonce que "trois cents campements ou installations illicites devront être évacués d'ici à trois mois", comme dans la circulaire du 5 août 2010, la préfecture sollicite moins l'avis des maires.

    A cette contrainte juridique s'ajoute la pression des habitants et riverains, qui acceptent souvent mal la présence de ces îlots de pauvreté près d'eux. M. Braouezec se souvient d'un conseil municipal chahuté en avril par des habitants exigeant l'expulsion du camp rom situé près du Stade de France, à Saint-Denis.

    Pour MM. Beaumale et Braouezec, la solution doit se trouver au niveau régional et non local. Depuis 2009, Patrick Braouezec sollicite auprès du préfet une table ronde portant sur la question des roms et de leur intégration. Après une première proposition de rencontre le 13 juillet à 18 heures, la réunion a été reportée mais jamais tenue. "S'il y avait une volonté politique pour trouver un habitat à toutes ces familles roms, il y aurait une solution, insiste le président de Plaine commune. Quarante villages d'insertion répartis dans toute l'Ile-de-France suffiraient. Et cela coûterait beaucoup moins cher que la situation actuelle, où les communes doivent mettre les services municipaux à la disposition des bidonvilles et l'Etat doit mobiliser des centaines de policiers pour les expulsions."

    Pour lui, la circulaire relative à l'anticipation et à l'accompagnement des opérations d'évacuation des campements illicites signée le 26 août par six ministres du nouveau gouvernement "peut être un début de réponse, mais il faut à présent des solutions concrètes". En attendant, les procédures suivent leur cours. Car en effet, comme lâche, un peu désabusé, Patrick Braouezec, "il y a toujours des expulsions".

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  • Que deviennent les Roms expulsés ?

    <time datetime="2012-08-31T16:17:43+02:00" itemprop="datePublished">31 août 2012 à 16:17</time> (Mis à jour: <time datetime="2012-08-31T16:53:03+02:00" itemprop="dateModified">16:53</time>) lien

    Des Roms dans un garage à Vaulx-en-Velin, le 27 juillet 2012.

    Des Roms dans un garage à Vaulx-en-Velin, le 27 juillet 2012. (Photo Bruno Ansellem. Signatures)

    RETOUR SUR L'évacuation de trois campements de Roms début août près de Lyon a lancé une polémique politique sur le sort de ces populations. Et a inauguré une longue série d'autres expulsions.

    Par MARLÈNE QUINTARD

    Que deviennent-ils ? Début août, trois campements de l'agglomération lyonnaise regroupant quelque 270 Roms sont évacués. L'un à Vaulx-en-Velin, lundi 6 août et deux à Villeurbanne, mardi 7 août. Quelques jours plus tard, face à un début de polémique, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls affiche sa fermeté et justifie ces évacuations dans une tribune publiée par Libération. Les évacuations n'ont cessé depuis, au rythme des décisions de justice.

    Pour les Roms de ces premières évacuations de l'été, la situation demeure incertaine. Aucune solution de relogement, même temporaire, n’a pu être trouvée que ce soit dans des hôtels ou dans des centres d’hébergement d’urgence. «Nous avions beau appeler le 115, ils n’avaient plus de place et nous répondaient d’attendre le mois d’octobre et le début du plan froid pour pouvoir espérer placer des familles», raconte Gilberte Renard, militante du collectif Classes (Collectif lyonnais pour l’accès à la scolarisation des enfants des squats).

    Installés sur d’autres terrains

    Faute de mieux, une grande partie de ces populations s’est donc installée sur d’autres terrains. C’est le cas des Roms évacués le 6 août du camp de La Rize à Vaulx-en-Velin. Selon le collectif Roms, sur les quelque 114 personnes qui vivaient sur cet emplacement, une majorité est aujourd’hui dispersée sur des terrains jusque là inoccupés dans le huitième arrondissement de Lyon, à Villeurbanne et à Saint-Fons (sud de Lyon).

    Sur ce dernier terrain, on trouve également les populations expulsées mardi 7 août de l’avenue Léon Blum à Villeurbanne. Sur les soixante personnes évacuées ce jour-là, une quarantaine aurait rejoint le terrain de Saint-Fons, selon les estimations de l’association. «Les terrains rejoints sont également le lieu d’une grande précarité», constate Aurélie Neveu, coordinatrice de Médecins du monde à Lyon. «Le fait de bouger sans cesse les fragilise. Beaucoup ont perdu leurs affaires lors du démantèlement du camp et, bien souvent, ils n’en sont pas à leur première évacuation», explique-t-elle. Maisons délabrées, terrains non occupés, les Roms se rendent alors où ils peuvent.

    Les nouvelles installations sont pourtant rendues difficiles. «Après les évacuations, ils errent mais la police les suit et les évacue de nouveau dès qu’ils tentent de s’installer», a pu observer Gilberte Renard. Car lorsqu’un terrain n’est squatté que depuis moins de 48 heures, son occupation est illicite.

    A la rue

    Du coup, «les Roms se cachent de plus en plus», remarque Aurélie Neveu, ce qui ne facilite pas la tâche des associations. Certains se réfugient ainsi dans des endroits isolés, comme ces trois familles retrouvées cachées dans les buissons par le collectif de Gilberte Renard. Il est difficile de chiffrer le nombre de Roms vivant à la rue mais la militante a déjà croisé plusieurs familles dont les visages lui étaient familiers : «le jour ils font la manche, la nuit, ils dorment dans les jardins publics avec presque rien», relate-t-elle.

    Parmi les trois camps de Roms évacués début août dans l’agglomération lyonnaise, la centaine d’occupants du terrain de la rue Roger Salengro, à Villeurbanne, n’a pas été retrouvée par les associations. «Le plus inquiétant, c’est que leur situation était des plus déplorables. Eux n’avaient même pas construit d’abri de fortune. Les enfants marchaient pieds nus», raconte Gilberte Renard.

    Dans des charters

    Le 9 août, le collectif Roms estime que 240 personnes ont quitté le territoire français pour la Roumanie dans un vol charter. Ces Roms roumains avaient été pris en charge dans quatre bus, trois à Lyon et un à Saint-Etienne. Un retour qualifié alors d'«expulsions déguisée» par les associations.

    Difficile de savoir précisément si une partie des Roms des trois camps évacués les 6 et 7 août étaient dans cet avion. Toujours est-il qu’en six mois au moins dix personnes du site de Vaulx-en-Velin ont reçu une OQTF (Obligation de quitter le territoire français), selon Gilberte Renard du collectif de soutien aux Roms.

    Une population qui revient ensuite rapidement sur le territoire français. Gilberte Renard le constate : «nous retrouvons sur l’agglomération des personnes parties quelques jours plus tôt pour la Roumanie ou la Bulgarie. Cela concerne surtout les femmes avec enfants».

    Mercredi, des experts des Nations unies ont mis en garde le gouvernement français, rappelant que les évacuation collectives sont interdites dans le droit international et appelant à la mise en place d’alternatives en matière de relogement.


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  • Le Point.fr - Publié le 22/08/2012 à 15:59 - Modifié le 22/08/2012 à 19:13

    Cécile Duflot annonce l'élargissement de la liste des métiers pouvant être exercés par les Roms, mais Jean-Marc Ayrault rappelle que les campements illégaux continueront à être démantelés.

    Un campement de Roms dans la région lyonnaise, en 2010.

    Un campement de Roms dans la région lyonnaise, en 2010. © Jeff Pachoud / AFP

     

    Cécile Duflot a annoncé mercredi que le gouvernement avait décidé d'"assouplir les contraintes" pesant sur l'accès au travail des Roms, "en supprimant la taxe" due par leurs employeurs et "en élargissant" les métiers auxquels ils peuvent avoir accès".

    La décision, prise lors d'une réunion interministérielle, a été "de faciliter l'insertion par le travail, en élargissant et assouplissant très largement les contraintes qui pèsent aujourd'hui sur les populations roms qui souhaitent travailler, en supprimant la taxe qui était due par les employeurs de ces personnes" à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) et "en élargissant de manière très importante les métiers auxquels ils peuvent avoir accès", a déclaré la ministre du Logement à la presse.

    Dans le même temps, Matignon a toutefois affirmé que les campements de Roms illégaux continueraient à être démantelés dès lors qu'il y a "une décision de justice". "Ces opérations sont pleinement légitimes, dès lors qu'elles interviennent en application d'une décision de justice ou pour mettre fin à une situation de danger ou de risque sanitaire immédiat", ont précisé les services du Premier ministre.


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