• Les trois joutes sur lesquelles Tsipras ne veut pas lâcher

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    Les trois joutes sur lesquelles Tsipras

    ne veut pas lâcher

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    <time>Publié le 04-06-2015 à 15h34</time>

    Alexis Tsipras a rejeté l'offre des créanciers, mais les discussions se poursuivent. Et le nœud des négociations demeure : les retraites, la TVA et les privatisations.

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    L'ultimatum des créanciers n'a pas été accepté par Athènes. (CHINE NOUVELLE/SIPA)L'ultimatum des créanciers n'a pas été accepté par Athènes. (CHINE NOUVELLE/SIPA)
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    La Grèce d'un côté, le FMI, la Banque centrale européenne et la Commission européenne de l'autre ne trouvent toujours pas d'entente au terme d'une réunion de plusieurs heures qui s'est déroulée dans la nuit du 3 au 4 juin. Mais si les multiples "ultimatums" lancés à Alexis Tsipras depuis trois mois n'enrayent pas le blocage auquel se heurtent ses créanciers, tous sont d'accord pour dire que les discussions "avancent", et "se sont déroulées dans un bon climat".

    Il est prévu qu'ils se retrouvent à nouveau dans la semaine du 7 juin, afin de tenter de démêler les points sur lesquels aucune des deux parties ne souhaite faire de concession.

    Les points de crispation

    • Les retraites, épicentre de la discorde

    Au coeur des négociations, le système de retraites grec. Selon la Commission européenne, il n'est pas viable et pèse trop lourdement sur le déficit des dépenses publiques. Il est le plus élevé de la zone euro : 17% du PIB sont engloutis dans le financement des retraites et les aménagements avantageux de celles-ci.

    Les créanciers exigent donc une ponction dans les pensions de 0,25 à 0,5% du PIB en 2015, pour arriver à une coupe de 1% en 2016. Dans leur viseur en particulier : les préretraites et les primes comme l'Ekas, dont ils ordonnent la suppression totale. Au sujet de cette dernière, qui va de 30 à 270 euros par mois pour les retraites de moins de 700 euros, Tsipras refuse catégoriquement de flancher. Il martèle :

    Des propositions qui posent sur la table l'idée de supprimer l'Ekas aux petits retraités ne peuvent naturellement faire l'objet d'aucune discussion."

    Seul élément sur lequel le chef du gouvernement grec est prêt à lâcher du lest : les préretraites, qu'il projette à moyen terme de supprimer. Il écarte toute autre tentative d'entamer la part des pensions d'un revers de la main.

    • La réforme de la TVA fait aussi débat

    Si elles semblaient prêtes à discuter sur certains points, les deux parties bloquent toujours sur nombre d'autres éléments. La TVA pour commencer, à propos de laquelle le gouvernement grec avait accepté des réformes.

    Mais à son régime à trois taux , 6% pour les médicaments et livres, 11% pour les aliments, l'eau, l'énergie, et 23% pour le reste, la Commission européenne et le FMI opposent un système à seulement deux taux :11% pour les médicaments, les aliments, services d'hôtellerie, et 23% pour tout le reste.

    • Des freins à la privatisation

    Face à la vague de privatisations réclamée côté créanciers, Tsipras avait envisagé une concession sur certains aéroports et ports maritimes. Mais se refuse toujours à toucher à quoi que ce soit dans le secteur électrique.

    Concernant le montant de la dette publique, c'est lui qui à son tour demande un pas en avant avec l'établissement de propositions pour négocier l'allègement de celle-ci, qui s'élève à 177% du PIB. Idée dont l'Allemagne ne veut pour l'instant pas entendre parler, compte tenu des 240 milliards d'euros qu'elle a débloqués pour juguler la dette grecque. 

    Accepter serait une trahison

    La situation sociale du pays ne permet pas, toujours selon Alexis Tsipras, d'écraser davantage la population avec une austérité étouffante. Le taux de chômage énorme, 27,7% (60% chez les jeunes), la relance de l'activité économique et de l'emploi doivent être d'abord réglés avant qu'une réforme du système de retraites puisse être envisagée.

    Mais sa volonté de ne rien lâcher tient aussi à la question de sa légitimité politique. Porter un coup aux retraites dès la première année de gouvernance serait perçu comme un reniement de l'idéologie de gauche dont se réclame le parti au pouvoir Syriza. Impossible pour son chef d'aller à contre-courant sans perdre la face et être perçu comme un traître par ses partisans.

    Le dénouement d'ici fin juin

    Un accord doit être trouvé avant le 30 juin, date à laquelle le plan d'aide enclenché en 2012 expire, et qui prévoit le versement de 7,2 milliards d'euros à la Grèce. D'ici là, le pays doit s'acquitter d'un remboursement de 1,6 milliards d'euros au FMI. Dont 300 millions le 5 juin. Le gouvernement a durant la réunion du mercredi 3 juin assuré remplir cette première échéance. L'accalmie sera pourtant de courte durée, une somme d'environ 8 milliards devant être versée ensuite à la BCE d'ici la fin du mois d'août.

    Quentin Sedillo

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